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18 mai 2014
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"Saint Laurent", une odyssée dans la tête d'un créateur par Bertrand Bonello

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AFP
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18 mai 2014

Cannes, 17 mai 2014 (AFP) - Premier film français présenté samedi en compétition au 67e Festival de Cannes, "Saint Laurent" de Bertrand Bonello est une odyssée sombre dans la tête d'un artiste torturé, créateur de génie, porté par un Gaspard Ulliel en permanence sur le fil.

De gauche à droite, Amira Casar, Lea Seydoux, Thomas Bidegain, Gaspard Ulliel présentent "Saint-Laurent" à Cannes, le 17 mai 2014. Photo : AFP.


C'est la deuxième fois en quelques mois que la vie d'Yves Saint Laurent, né en 1936 à Oran et mort à Paris en 2008, est portée à l'écran.

Le tout premier est sorti en janvier dernier et réunit quelque 1,6 million de spectateurs en France.

"Yves Saint Laurent", de Jalil Lespert avec Pierre Niney dans le rôle titre, était soutenu par le compagnon et partenaire historique de Yves Saint Laurent, Pierre Bergé qui lui avait ouvert les archives de l'ancienne maison de couture (croquis et robes), contrairement au projet de Bonello.

"Nous n'avons eu accès à rien du tout même pas une chemise!" s'est exclamé devant la presse Eric Altmayer, un des producteurs du film (Mandarin) en rappelant l'opposition exprimée publiquement Pierre Bergé au second projet.

"Donc tout ce que vous avez vu dans le film a été recréé", a-t-il dit ou "loué à un collectionneur comme les robes de la collection "Libération"". De même le long métrage reconstitue l'appartement de la rue de Babylone avec une précision étonnante.

"C'est vrai qu'on a tout refait comme un créateur de mode", poursuit Bertrand Bonello, venu à Cannes la dernière fois avec "L'Apollonide" en 2011.

"On a monté un atelier de couture pour refaire les deux défilés du film. La difficulté a été de trouver les croquis et surtout les tissus notamment pour la collection russe qu'on est allés rechercher en Italie et dans le sud de la France, afin d'avoir cette texture tellement reconnaissable et unique", explique Bertrand Bonello.

Le réalisateur a concentré son scénario sur une dizaine d'années (1967-1976) la "décennie la plus riche, la plus intéressante en terme de mode, de vie". "Saint Laurent est presque un jeune homme au début, alors qu'après, la fin est déjà dite", a dit Bertrand Bonello à la presse.

Entre temps en effet, la drogue, l'alcool, les nuits à chasser dans les lieux de drague homo souvent glauques sont devenus les compagnons de tourment du couturier qui se détournera de Pierre Bergé (Jérémie Rénier) pour Jacques de Bascher (Louis Garrel, troublant), à l'époque amant de Karl Lagerfeld.

Bertrand Bonello construit son film sur deux palettes: celle de la lumière, de la couleur, côté création, défilé et fêtes délirantes d'une époque révolue, et puis celle de l'obscurité, de la noirceur pour l'enfoncement dans la dépression et la dépendance.

Une fragilité qui rend fou

Gaspard Ulliel, métamorphosé en Saint Laurent, s'est beaucoup documenté sur le couturier pour connaître "le plus possible sa vie, son travail, l'époque, son entourage".

Ensuite il fallait "oublier tout cela, s'en éloigner le plus possible et retrouver une vraie liberté. L'idée n'était pas de devenir Yves Saint Laurent mais de le rendre vrai, juste", a ajouté l'acteur.

"Ce qui m'a séduit dans le film c'est que c'est tout sauf un biopic mais plutôt une odyssée dans la tête d'un créateur, un vrai film sur le processus créatif", a-t-il relevé.

Les personnages féminins, amies et muses du couturier Betty Catroux (Aymeline Valade), Loulou de la Falaise (Léa Seydoux) et Anne-Marie Munoz (Amira Casar) peuplent sa vie comme des papillons amis ou des ombrelles sous lesquels il trouve refuge. Tout comme auprès de sa mère (Dominique Sanda).

Yves Saint Laurent (incarné plus âgé par Helmut Berger) écrira avoir mené "un combat de l'élégance et de la beauté qui passe par bien des angoisses et des enfers".

"Il est d'une immense fragilité qui le rend fou" résume Pierre Bergé/Jérémie Rénier, dans un film sous tension.

Par Dominique AGEORGES

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