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23 nov. 2022
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​Vestiaire Collective annonce vouloir faire le tri dans son offre de fast-fashion

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23 nov. 2022

Le portail de vente dédié à la seconde main haut de gamme a annoncé qu'il entame à compter du 22 novembre un bannissement des marques de fast-fashion. Une initiative que l'entreprise entend porter sur le long terme, et dont de nombreuses modalités restent à fixer. Pour l'heure, sur la liste initiale des marques ciblées manquent des noms essentiels, à l'apparition même de la mode de fast-fashion, dont ceux du suédois H&M ou de l'espagnol Inditex (Zara).


Décharge dédiée aux vêtements usagés au Ghana - Vestiaire Collective


Sont pour l'heure ciblés nommément par Vestiaire Collective des acteurs comme Asos, Atmosphere, Boohoo (Nasty Gal et Pretty Little Thing inclus), Burton, Cider, Coast, Dorothy Perkins, Fashion Nova, Karen Millen, Miss Selfridge et Missguided. Mais également Oasis, Shein, Tezenis, Topman, Topshop (collaborations incluses) et Warehouse.

"La fast-fashion n’a aucune valeur à l’achat et encore moins à la revente", indique dans un communiqué la directrice du développement durable Dounia Wone. "Nous faisons ce pas en avant parce que nous ne voulons en aucun cas être complices d’une industrie qui a un tel impact négatif, tant environnemental que social. Le système actuel encourage la surproduction et la surconsommation de produits de mauvaise qualité et la mode génère une quantité impressionnante de déchets".

Faire la chasse à la fast-fashion s'inscrit en cohérence avec le positionnement de Vestiaire Collective, dont l'activité s'axe sur les produits mode luxe, haut de gamme et premium. Un axe qui a notamment amené Kering à entrer à son capital l'an passé à l'occasion de l'une des deux levées de fonds massives menées par l'entreprise française, et qui amenait logiquement au rachat en mars dernier par Vestiaire Collective du spécialiste américain de la seconde main luxe et haut de gamme Tradesy.

Si la volonté de ne pas vouloir mélanger une offre premium à la très décriée fast-fashion paraît logique, se pose néanmoins la question des modalités de tri. A titre d'exemple, le portail devra définir comment départager les quelque 5.400 pièces H&M et 62.730 articles Zara qui y sont à ce jour proposés à partir de 9 euros. Se pose surtout la question de savoir quelle place le site compte réserver à des marques faisant coexister en leur sein productions lointaines et massives avec lignes et capsules responsables.

Créer une charte "fast-fashion"



Sur ce point, le communiqué de l'entreprise indique qu'elle se tournera vers l'expertise d'une agence indépendante, dont le rôle sera dans les trois ans de constituer une charte "fast-fashion".

Dans les faits, celle-ci a vocation à séparer le bon grain de l'ivraie sur la base de la bonne ou mauvaise qualité des produits. Mais aussi en se penchant sur les conditions de travail dans la chaîne d'approvisionnement et sur son impact carbone.

Présentation de la démarche #SayNotoFastFashion de Vestiaire Collective


Pour être bannie par Vestiaire Collective, une marque devrait échouer simultanément dans les trois domaines. Et, sur ces trois points, les outils et critères sont donc encore pour l'heure à déterminer. L'agence que choisira Vestiaire Collective pourra dans tous les cas s'appuyer sur un grand nombre d'ONG qui, depuis dix ans, se sont multipliées pour mesurer et surveiller de plus en plus finement les réalités de terrain de la filière.

La période de cette prise de position de Vestiaire Collective vis-à-vis de la fast-fashion n'est quant à elle pas anodine. Dans une vidéo présentant son initiative, le portail cite nommément le Black Friday. Une période de rabais débutant officiellement ce vendredi 25 novembre et qui, à l'instar de la fast-fashion, a concentré autour de son simple nom les critiques ciblant la surconsommation.

Initiative avec la fondation The Or



Pour illustrer cette vidéo, Vestiaire Collective a choisi des images de Kantamanto au Ghana, "où se trouve la plus importante économie d’upcycling et de seconde main au monde". Ce sont quelque 15 millions de pièces d'habillement qui arriveraient de façon hebdomadaire sur les marchés de la ville. Des pièces en grande partie issues de la fast-fashion et dont 40% seraient au final jetées.


Vestiaire Collective


Pour y remédier, Vestiaire Collective annonce s'associer à la fondation guano-américaine The Or, avec laquelle le portail s'engage à trouver et déployer des solutions pratiques pour les pièces de fast-fashion possédées par ses cyberclients. Que ce soit par la réutilisation, le recyclage, l'upcycling (ou surcyclage, transformation d'une ou plusieurs pièces pour en constituer une nouvelle), ou la possibilité de faire des dons.

"En novembre 2022, Vestiaire Collective accueillera, à Paris, une délégation de revendeurs, de militants et d’innovateurs de la Fondation The Or", indique par ailleurs Vestiaire Collective. La licorne française souligne au passage sa volonté de soutenir de prochaines législations sur la responsabilité élargie du producteur, plus communément désignée par un "devoir de vigilance" sur lequel la France avait ouvert la voie.

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