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Publié le
31 mars 2007
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2007 signe la valse des créateurs de mode

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AFP
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31 mars 2007

PARIS, 31 mars 2007 (AFP) - Le départ du styliste Hedi Slimane de chez Dior Homme, qui intervient après d'autres transferts ou non-renouvellement de contrat dans le prêt-à-porter ces derniers mois, illustre la mobilité, choisie ou contrainte, des créateurs de mode.


Hedi Slimane en 2001 pour un défilé Dior Homme
Photo : Pierre Verdy/AFP

Après sept ans chez Dior Homme, Hedi Slimane cède la place à son ancien bras droit, le Belge Kris Van Assche, qui conserve sa propre ligne.

Il est le troisième designer depuis le début de l'année à quitter ses fonctions de directeur artistique d'une grande maison.

En janvier, Franck Boclet avait annoncé son départ de Smalto dont il était le directeur artistique depuis 2002, pour Emanuel Ungaro. Le Britannique Ozwald Boateng, directeur artistique de Givenchy Homme, n'est plus que consultant pour la griffe dont la collection de janvier a été dessinée par le studio maison.

La valse des designers touche aussi le prêt-à-porter féminin. Le Belge Olivier Theyskens est passé de Rochas, qui a cessé son activité prêt-à-porter, à Nina Ricci, le Norvégien Peter Dundas a remplacé Vincent Darré chez Emanuel Ungaro, le Suédois Paulo Melim Andersson a succédé à la Britannique Phoebe Philoe chez Chloé, après une vacance de dix mois assurée par le studio maison...

"Jadis, les créateurs fondaient leur propre maison et ils y restaient toute leur vie. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas", souligne Donald Potard, ancien PDG du groupe Jean Paul Gaultier devenu agent artistique pour créateurs de mode. "Aujourd'hui, les créateurs passent d'une maison à l'autre, comme les comédiens passent d'un film à l'autre", ajoute-t-il en jugeant cette valse "tout à fait normale".

Pour Dominique Cuvillier, directeur du site ladidom.com, spécialisé dans le marketing et les tendances de mode, "c'est un peu comme dans le football". "On recherche une rapidité de l'investissement, on ne veut pas se donner le temps". Les marques "veulent que ça marche tout de suite. Si ça ne marche pas à la deuxième ou troisième collection, on change de tête".

Il est en outre "compliqué de trouver quelqu'un qui corresponde à votre marque", souligne-t-il.

"Autrefois, le directeur artistique des maisons était le fondateur, aujourd'hui on est dans des des phénomènes de succession", souligne Floriane de Saint Pierre, directrice d'un cabinet de recrutement spécialisé dans la mode.

Selon Isabelle Lavielle, responsable du département mode et luxe au cabinet de recrutement Chantal Baudron, les maisons de couture ont par ailleurs tourné la page des années Tom Ford, médiatique directeur artistique qui avait quitté avec fracas le groupe Gucci en 2004, et choisissent davantage des designers moins connus.

"L'épisode Tom Ford a donné un coup d'arrêt aux stars", souligne-t-elle. "Les marques mettaient en avant le créateur plutôt que la marque elle-même" et "beaucoup de maisons ont perdu leur âme". Maintenant, elles recrutent plutôt "de vrais professionnels, des gens un peu plus dans l'ombre".

Pour Mme de Saint Pierre également, "on a pu avoir l'impression à un certain moment que ce qui était important, c'est que la personne ait un buzz médiatique autour d'elle". Maintenant, "il y a vrai choix pour le talent qui se dégage d'un choix médiatique".

Selon M. Potard, l'un des principaux acteurs du secteur, le groupe LVMH (Dior, Vuitton, Kenzo, Fendi ou Givenchy) "applique à peu près toujours la même politique: ils vont chercher des talents qui sont déjà éclos et dont on commence à parler mais qui ne sont pas encore des superstars. C'est eux qui en font des stars".

Par Dominique SCHROEDER

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