×
6 244
Fashion Jobs
Publicités

A 130 ans, Lalique fait converger cristal, grands vins, gastronomie et hôtellerie

Par
AFP-Relaxnews
Publié le
today 28 nov. 2018
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

(AFP) - Associer son cristal aux grands vins, à la gastronomie et même à l'hôtellerie: c'est le bain de jouvence que s'offre Lalique, vénérable maison de 130 ans qui veut s'imposer comme une marque « globale » d'art de vivre grâce à ses activités diversifiées.


Jean-Georges Klein, le chef, et Silvio Denz, actionnaire majoritaire de Lalique, photo AFP


« Ce qui est produit à la cristallerie c'est très joli, mais c'est aussi vivant: on peut mettre des fleurs dans les vases, et du vin dans les verres », explique Romain Iltis, chef sommelier de la Villa Lalique, restaurant deux étoiles au Michelin doublé d'un hôtel cinq étoiles, qui a ouvert en 2015 à Wingen-sur-Moder. Dans ce petit village des Vosges du Nord, la manufacture érigée en 1921 a longtemps concentré à elle seule l'univers du cristallier. Jusqu'à l'arrivée en 2011 d'un musée construit face à la forêt, puis en 2015 et 2016 de deux hôtels-restaurants haut de gamme estampillés Lalique.

« La clientèle vient ici pour la trilogie cristal, vin, gastronomie. Boire du vin dans du cristal, ça représente un plus indéniablement, ce n'est pas juste un agrément », souligne celui qui a été sacré meilleur sommelier de France 2012 et meilleur ouvrier de France en 2015. « On a cherché à intégrer le sens du toucher, qui manquait dans le cérémonial de dégustation du vin : les verres Lalique de la collection 100 Points ont le pied gravé et strié, on a envie de les faire tourner entre ses doigts pour entretenir ce contact particulier », explique-t-il dans sa cave ultra-moderne où sommeillent quelque 20 000 bouteilles.

Une partie de ces vins proviennent de la collection personnelle de Silvio Denz, homme d'affaires suisse qui a racheté Lalique en 2008, et également propriétaire de vignobles prestigieux : c'est sur son domaine bordelais de Lafaurie-Peyraguey - un premier grand cru classé de Sauternes - qu'il ouvert en juin dernier le troisième hôtel-restaurant labellisé Lalique.

« La diversification était une évidence, car cela a toujours fait partie de l'ADN de notre maison », résume à l'AFP Silvio  Denz, actionnaire majoritaire de Lalique Group, coté en Suisse, et qui outre le cristallier français, regroupe plusieurs marques de parfums et cosmétiques.

Marier savoir-vivre et savoir-faire

Si Silvio Denz a décidé d'investir dans Lalique, en difficultés financières, c'était avec l'objectif de développer « un positionnement lifestyle autour de six piliers: objets décoratifs, architecture d'intérieur, bijoux, parfums, art et hôtellerie-restauration », dans le but de « créer des synergies entre le cristal, le vin, la gastronomie et l'hospitalité », souligne-t-il.

Au fil des années, au-delà de ses traditionnels verres, carafes, vases et flacons de parfum, Lalique a ainsi essaimé son cristal sur des accoudoirs de fauteuils, des appliques de lampes, au coin de miroirs, dans des boucles d'oreilles ou des flacons de spiritueux.

En cuisine, on s'est aussi « ajusté » aussi à cette convergence des univers « et c'est juste captivant", estime le chef Jean-Georges Klein, qui compte décrocher pour la Villa Lalique une troisième étoile. Au menu, il propose un foie gras d'oie délicatement gravé d'hirondelles, symbole cher au cristallier et choisi pour célébrer ses 130 ans, ou un dessert au chocolat frappé d'un masque de femme, autre motif classique chez Lalique.

L'échange est continu entre fourneaux de la cristallerie et fourneaux du restaurant : le chef Klein utilise « la même technique de la cire perdue qu'à la manufacture » pour remplir ses moules en silicone alimentaire, conçus spécifiquement par les ouvriers pour façonner par exemple des glaçons en forme de grappes de raisin. Et à l'atelier, où le cristal est en perpétuelle fusion, on cherche aussi de plus en plus « à allier le savoir-vivre au savoir-faire », en s'ouvrant notamment à l'univers du vin, renchérit Frédéric Bour, responsable production.

Aux côtés de classiques vases « Bacchantes » figurant une ronde de nus féminins (le plus petit modèle est vendu 850 euros) en attente d'être expédiés, une des 240 employées de la manufacture dore à l'or fin une petite gravure « Femme et raisin » en cristal opaque, qui orne une bouteille de Sauternes destinée à une édition limitée du Château Lafaurie-Peyraguey.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2019 AFP-Relaxnews.