A Milan, les nouveaux créateurs font entendre leur voix

A l’ombre de Gucci, ténor du premier jour de la Semaine de la mode milanaise mercredi aux côtés des habituels autres noms comme Alberta Ferretti, N°21, Jil Sander ou encore Moncler, la relève du made in Italy a dévoilé toute sa force créative, de Calcaterra à Arthur Arbesser, en passant par la Chinoise Anna Yang d'Annakiki.


Les habits enveloppent le corps avec douceur chez Calcaterra - DR

C’est Calcaterra qui a donné le la avec une collection pour l’automne-hiver 2019-20 très inspirée avec ses silhouettes féminines et masculines à la fois fluides et consistantes. Calme et volupté. Tels sont les deux mots qui la résument le mieux.

Les manteaux kimono ou les amples capes en drap de laine se portent ton sur ton avec des tops aux volumes drapés ou des tricots moulants sur des pantalons qui glissent à l'infini sur les jambes. Ces total looks élégants et confortables, déclinés dans une palette allant du blanc aux couleurs de la terre (chocolat, bronze, vert, gris), ont quelque chose d’extrêmement rassurant.

« Pour moi, la beauté se trouve dans le quotidien et dans le bien-être. Une femme peut être chic dans la simplicité avec un tee-shirt blanc et un blazer. Cette saison, j'ai justement joué sur la veste masculine, qui se transforme tour à tour chez la femme en robe, manteau ou accessoire », explique Daniele Calcaterra en coulisses.

Inspiré par la célèbre aviatrice américaine Amelia Earhart, qui a traversé l’Atlantique en solitaire au siècle dernier, le créateur nous embarque pour un vol à longue distance entre le ciel, avec les volumes aériens de robes multi-strates et de longues tuniques aux tissus impalpables, et la terre, où ces héroïnes de l’air, coiffées de bonnets d’aviateur à rabats, atterrissent dans leurs combinaisons sophistiquées en cuir satiné ou en tweed, ou encore dans des robes-parachute.


Asymétries et volumes caractérisent la collection de Calcaterra - DR

Arthur Arbesser célèbre lui aussi la beauté au quotidien. Pour son show, organisé dans une immense salle d’escalade, il a invité quelques-unes de ses amies à défiler, « des amies qui portent mes créations dans leur vie de tous les jours ». Sa femme oscille entre la bourgeoise milanaise et l’artiste d'Europe orientale, entre rigueur géométrique et fantaisie colorée, dans une explosion de tonalités saturées. Turquoise, lilas, marron, rouge, or.

Les filles chaussent des cuissardes vernies aux tonalités vibrantes. A leurs oreilles pendent de fines sculptures métalliques, œuvres de la créatrice de bijoux Nathalie Jean. Les mises chics et parfois austères, avec de longues jupes plissées associées à de classiques chemisiers, alternent avec des silhouettes plus délurées, où les carreaux multicolores d’une tunique en soie s’entrechoquent avec les losanges noir et blanc d’un petit chandail, tandis qu’une robe mandarine fluo dépasse d’un manteau noir dans un éclat inattendu.

Pour concevoir cette collection, le designer s’est recentré sur son univers, aussi bien à travers son parcours de Viennois transplanté à Milan, en partant de ses premières collections, qu’à travers l’intimité de son atelier de Sant’Ambrogio, situé dans le centre historique de la capitale lombarde, où il crée ses vêtements avec trois collaborateurs.

Le vieux boulier en bois posé sur le bureau se retrouve ainsi en micromotifs imprimés sur un corsage en soie. Un carré de loden autrichien se transforme en jupe asymétrique, les grenades rouges d’une ancienne collection s’invitent sur une robe.


Arthur Arbesser joue sur les géométries - DR

C’est encore une autre beauté que célèbre Annakiki dans une collection qui se veut un hymne à l’imperfection. "You are beautiful" clame en lettres blanches sur des sweaters noirs à deux cols la créatrice chinoise Anna Yang, qui se partage entre Shenzhen et Milan, où elle vient d’ouvrir un studio employant une dizaine de personnes.

« La fille Annakiki n’est certainement pas la plus belle de la classe, mais elle a une vraie personnalité. Quand tu la rencontres, tu veux savoir qui elle est. Ses imperfections forgent son style, puissant et authentique », explique la styliste en backstage.

Les volumes sont over-sized, les couleurs pétantes, les matières ultra-brillantes ou translucides. Les silhouettes mélangent allègrement les imprimés fauves dans des robes guépard sinueuses, des manteaux et body zébrés ou des pantalons, cuissardes et mini-jupes effet python. Les manches se gonflent sur une mini-robe du soir ou sur un chemisier blanc, les épaules enflent dans des manteaux, les manches d’un tailleur à carreaux en laine mohair se déforment dans d’étranges arrondis.

Un look signé Annakiki - ph Dominique Muret

Ailleurs, les coutures ondulent en relief comme des boursouflures sur un grand manteau rose ou un blouson rouge, tandis qu’une multitude de cocons en velours vermeil se hérissent sur un manteau pour un effet corail. Une garde-robe éclectique pour toucher le plus grand nombre.

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