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A l'approche de Noël, les commerçants craignent que la grève perdure

Publié le
today 9 déc. 2019
Temps de lecture
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Si de nombreuses inconnues demeurent quant à la pérennisation dans le temps de la grève contre le projet de réforme des retraites débutée le 5 décembre, l'impact sur le commerce serait déjà palpable : "Deux journées de mobilisation, c'est-à-dire de blocages dans beaucoup de villes, bientôt une semaine de grève, il est clair que ça commence à se ressentir, notamment en Île-de-France, qui est la région la plus touchée", a réagi ce lundi matin au micro de France Info le président de la Fédération du commerce et de la distribution, Jacques Creyssel.


Comment se dérouleront les prochains week-ends de shopping des fêtes dans l'Hexagone ? - Pixabay


“Les conséquences ont été surtout mauvaises dans les centres commerciaux en Île-de-France (-6 %), quand cela est resté stable en région, renchérit Gontran Thüring, le délégué général du Conseil national des centres commerciaux : "C’est dommage car il commençait à s’enclencher un mouvement positif dans le sillon du Black Friday". Même constat pour la secrétaire d'État à l'économie Agnès Pannier-Runacher, qui a décrit aujourd'hui sur CNews un état des lieux contrasté : "En province, vous avez des bons chiffres à Marseille, à Bordeaux, à Toulouse. [...] Nous avons de bonnes nouvelles dans certains secteurs, mais plutôt une diminution globale du chiffre d'affaires".

Pour Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce, il y a de grandes disparités selon les types d'emplacements : "les centres-villes ont davantage été touchés, là où l'activité se maintient dans les magasins de périphérie". Quelques patrons d'enseignes, (ils ne sont pas nombreux à s'exprimer), ont dressé un tout premier bilan. Le président de JouéClub Jacques Baudoz a affirmé sur Europe 1 avoir vu son chiffre d'affaires chuter de 20 % dans les grandes villes et de 7 % en province ce week-end, tandis que le patron d'Intermarché Thierry Cotillard annonce sans plus de précision "des chiffres négatifs".

Côté indépendants et mode, Patrick Aboukrat, gérant du réseau multimarque parisien Abou d'Abi Bazar, a lui enregistré des ventes en chute de 14 % en moyenne de jeudi à dimanche, sachant que l'an passé, il avait dû baisser le rideau le samedi. Chez Mademoiselle Jeanne - deux multimarques milieu de gamme à Paris dans les quartiers Bastille et Marais - on relève une fréquentation et, de fait, un chiffre d'affaires en net recul, de l'ordre de -30%.

Côté grande distribution, chez Decathlon, si on a relevé de nombreuses demandes concernant l'offre de trottinettes et de vélo, la fréquentation s'est révélée stable par rapport à l'an passé, à une époque où le commerce était malmené par le mouvement des "Gilets jaunes".

Justement, les risques économiques sont soulevés par l'Alliance du commerce qui "s’alarme des conséquences de la reconduction de la grève nationale pour les acteurs du commerce dont l’activité est déjà durement mise en péril par la permanence, depuis plus d’un an, du mouvement des Gilets jaunes". L'organisation avance une baisse d'activité jusqu'à -30 % pour la journée du 5. "Décembre est un mois crucial pour la réussite de l’activité des commerçants. Il représente entre 10 % et 20 % de leur chiffre d’affaires annuel, voire au-delà pour les activités saisonnières", contextualise Yohann Petiot. Les marques et distributeurs jouent donc gros en cette fin d'année.

Interpellé sur la question, Bruno Le Maire a annoncé dimanche sur France3 qu'il recevrait les représentants du commerce français au cours de cette semaine. Des mesures d'aide ou d'assouplissement pourraient leur être annoncées : le ministre de l'Économie et des Finances a affirmé qu'il ne "les laissera pas tomber, et certainement pas à la veille des fêtes de Noël".

Impact sur la logistique et les équipes de vente ?



La livraison des marchandises en magasin est aussi une question prégnante. Thierry Cotillard (Intermarché) témoigne à Europe1 que son "inquiétude porte sur notre capacité à approvisionner des points de vente sur du moyen-long terme, Donc c'est une situation délicate". Certains se sont organisés en amont de la grève pour garantir de hauts niveaux de stocks. Mais encore faut-il que les consommateurs se rendent en point de vente.

"Les deux week-end à venir sont très importants : c’est le moment où des commerces de mode, bijouterie, chaussure et autres secteurs font jusqu’à 20 % de leur chiffre d'affaires annuel. Ils sont chargés en terme de stock et de personnel, et doivent jouer avec des problèmes de livraison, décrit William Koeberlé, président du Conseil du commerce de France. Il redoute chez les clients "un état d’esprit qui est en train de se mettre en place : sachant qu’il y a des manifestations les samedi, beaucoup de gens renoncent par avance à se rendre dans les boutiques".

Le tourisme, lié également au commerce, peut en outre perdre beaucoup. Agnès Pannier-Runacher a évoqué sur CNews l'importance de la venue des voyageurs et acheteurs étrangers : "Le sujet le plus sensible aujourd'hui, c'est de rassurer les touristes sur le fait qu'ils peuvent venir, notamment à Paris". Et pour cause : "les touristes que nous avons eu la chance d’avoir, car leur voyage était prévu depuis longtemps, sont désenchantés de leur visite à Paris. On les avait perdu après les attentats et les actions des gilets jaunes, il va être difficile de maintenir l’attrait de notre pays, de Paris et de nos vitrines", déplore Patrick Aboukrat.

D'autre part, les salariés des marques et enseignes pâtissent également de la situation. "Il y a un risque d'épuisement des équipes de magasins, mobilisées pour continuer à accueillir les clients, mais qui voient leurs trajets vers leur lieu de travail s’allonger grandement", pointe Yohann Petiot. Dans les boutiques Abou D'Abi Bazar de la capitale, un échange de jours ou d’heures a été organisé entre les salariés pouvant ou non se déplacer. "Il va y avoir des pertes de salaire étant donné les absences", regrette leur dirigeant. 

Interrogé sur le basculement des achats physiques vers le e-commerce en cette période de fêtes de Noël, Jacques Creyssel espère "qu'après les annonces de mercredi (Matignon doit exposer son projet de réforme, ndlr), la situation va se calmer parce que si cela continue, il est clair qu'il y aura un report et ce report a toujours des conséquences en matière d'emploi. Il faut savoir que ce qui est en jeu, c'est la trésorerie de nombreux petits magasins". Même si, l'an dernier à la même époque, où le mouvement des gilets jaunes avait contribué à paralyser de nombreux magasins, les ventes sur le web n'avaient pas pour autant connu de hausse sensible. 

Eric Mertz, président de la Fédération Nationale de l'habillement, tient quant à lui à ne pas "rentrer dans une surenchère, car aboyer ne servirait à rien. Je considère que si le mouvement commencé jeudi se poursuit jusqu’à mardi, c’est gérable. En revanche, s'il venait à durer au-delà, nous rentrerons alors dans une situation extrêmement compliquée pour le commerce dans son ensemble”. C'est donc véritablement la persistance des grèves qui dessinera, ou non, les contours d'un Noël noir pour les commerçants.

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