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27 févr. 2022
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A Milan, le show envoûtant de Marni, l’élégance signée Jil Sander

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27 févr. 2022

La Semaine de la mode milanaise dédiée au prêt-à-porter automne-hiver 2022/23 continue de réserver de belles surprises. Parmi elles, sans aucun doute, les shows de Marni et Jil Sander, deux maisons issues de la galaxie OTB de Renzo Rosso, qui se sont particulièrement illustrées samedi.

Marni, automne-hiver 2022/23 - DR

 
L’expérience était immersive chez Marni. Comme en septembre dernier, le directeur artistique de la griffe milanaise, Francesco Risso, a voulu célébrer cette reprise post-pandémie à travers une performance spéciale, bien loin du traditionnel défilé. Le décor? Un énorme hangar délabré, au sol terreux jonché de feuilles, envahi par la végétation. Le public pénètre dans les lieux plongés dans la pénombre sans d’autres indications, attendant un signal.
 
Il arrive par le biais d’un gong répétitif, qui accompagne la musique, ainsi que par la lueur d’une torche, empoignée par un guide-compagnon bienveillant, qui suit, en l'éclairant par derrière, le mannequin se fendant un passage dans la foule. Les modèles de tous les âges et morphologies traversent ainsi, d’un pas lent, l’obscurité, qui s’illumine au gré de leur avancée.

Ils déambulent dans des vêtements déchirés et usés, tels des âmes errantes, survivants d’un monde disparu ou deniers souverains d’un royaume englouti. Impossible de ne pas penser à l’Ukraine. Avec sa sensibilité, Francesco Risso capte, comme souvent, le moment, et nous invite à réfléchir. Nous sommes au bord du gouffre, le pire est à venir ou y-a-t-il une issue ?
 
Femmes et hommes, chaussés de bottes à caoutchouc coloré hérissées de pointes, semblent revêtus de haillons. Des tops effrangés en lambeaux couvrent à peine le torse, les longues bandelettes traînant dans la poussière. Des manteaux patchworks ont l’air rapiécés. Des pantalons sont entièrement lacérés. Les tricots et cardigans aux torsades épaisses sont troués et défaits par endroits, leurs longues manches dépassent souvent des vestes, dégoulinant jusqu’au sol.
 

Le banquet final de Marni - ph Dominique Muret


Pourtant, ces hommes et ces femmes ont quelque chose de princier. Ce port altier avec, pour la plupart, des coiffes sculpture importantes ou de fines chaînes dorées posées en couronne sur la tête. Certains endossent des costumes à carreaux, d’autres portent des tenues taillées dans des étoffes précieuses, comme ce tissu brocart noué en jupe. Finalement, c’est la valeur de la réparation qui est célébrée dans cette collection. Raccommoder, panser les plaies, repriser les vieux vêtements pour aller de l’avant, repartir.
 
Prenant les distances avec la réalité, Francesco Risso se veut optimiste et opte résolument pour un happy end. A la fin du show, mannequins et public sortent au grand jour dans une cour ensoleillée, où les attend un banquet pantagruélique. Les masques tombent et tout le monde se rassemble autour de la grande tablée posée au centre, sur une île de sable bleu, chargée de victuailles, pour échanger et se ripailler dans la bonne humeur.
 
Dans un tout autre registre, Jil Sander célèbre la beauté tout en délicatesse, dans un subtil équilibre entre féminin et masculin. Un grand espace ouaté blanc, où se dressent statues et marbres antiques appelant à la réflexion entre passé et présent, accueille le show. La collection se décline dans une palette neutre (noir, gris, blanc crème) et une esthétique minimale.

Jil Sander, automne-hiver 2022/23 - DR

 
Les mannequins affichent une élégance naturelle dans des robes, manteaux et tailleurs au design épuré, rehaussés de broches et bijoux géométriques en métal doré ou argenté. Des souliers plats à pointe dorée, portés avec des chaussettes courtes noires, et la martingale appliquée au dos de longues robes soulignent le côté masculin, tandis que de longs gants en cuir blanc, des bonnets perlés et des nœuds démesurés accentuent la féminité, dans des cols ou à la taille.
 
"Nous nous sommes centrés sur le thème de l’élégance avec une idée de couture à porter au quotidien", indique en backstage Lucie Meier, à la tête du style avec son mari Luke. Les tailleurs jupes aux vestes cintrées et robes à bretelles sont courtes, taillées dans des laines pastel. D’autres, tricotées dans des laines bouclées, s’évasent en volants ondulants.
 
Tout respire l’harmonie et la simplicité. Les manteaux privés de manches se substituent parfois aux robes. De profonds décolletés en V fendent de sinueuses tenues noires. Des dessins naïfs s’esquissent sur des ensembles en soie. Les manches se gonflent dans un caban chic ou dans des robes fluctuantes en maille. De maxi robes en guipure se portent avec des vestes masculines.

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