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Publié le
23 sept. 2020
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5 minutes
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A Milan, les créateurs misent sur un été chaud très italien

Publié le
23 sept. 2020

Simona Marziali a ouvert le bal, mercredi matin, avec le tout premier défilé physique d’une Semaine de la mode milanaise vraiment pas comme les autres. Mesures de sécurité sanitaire obligent, les invités se doivent de remettre une auto-certification avant chaque défilé, ce qui les contraint à arriver en avance. D’autant que les shows démarrent à l’heure en raison des diffusions en directes sur le Web. Du jamais vu sur une Fashion Week !


Simona Marziali et ses explorations sur la maille - MRZ

 
Dans la pénombre de la salle, où les sièges sont dûment éloignés les uns des autres, un musicien entonne une complainte sur un ancien instrument à cordes. Les mannequins traversent le podium avec émotion dévoilant une collection à l’élégance nonchalante, réalisée à 90% autour de la maille -le point fort de la créatrice- dans une palette claire, principalement blanche et beige.
 
"J’ai utilisé les fils que j’avais chez moi en fabriquant tout à l’atelier. Même les tailleurs sont complètement en maille, ce qui leur donne une nouvelle portabilité", nous explique la jeune femme, qui s’appuie pour la production de son label féminin MRZ sur l’entreprise familiale Tomas de ses parents, façonniers dans la maille, avec qui elle travaille.

Des tuniques, de longues chemises ou robes se superposent sur des pantalons veinurés ou ajourés, qui dégoulinent le long des jambes. Robes et jupes plissées ondulent sinueuses sur le corps ou l’enserrent dans des modèles plus moulants.

Des tricots à mailles larges font penser aux filets de pêcheurs. D’autres troués, au relief rugueux et d’une couleur dorée, semblent usés par le vent et le soleil. Des brassières noires s’ouvrent dans le dos. Les chandails sont nombreux aussi en version bouclée ou en laine bouillie, tandis que les vestes d’homme sans manches se portent sur d’amples pantalons ou des shorts.
 
Les célèbres "Sacchi", peintures créées à partir de toiles de jute, d’Alberto Burri ont inspiré la designer pour cette collection du printemps-été 2021 à la fois simple et sophistiquée. "Ces œuvres montrent comment la simplicité de la matière donne la vitalité avec une très forte harmonie. J’ai ainsi joué avec le contraste entre les coupes très minimalistes et masculines des tailleurs et les pièces en maille 3D avec une grande recherche dans les points", souligne-t-elle.


Une silhouette tout confort du label - Calcaterra


On retrouve le même esprit minimal dans la vidéo de Daniele Calcaterra, qui privilégie lui aussi le blanc, décliné dans toutes ses nuances. Dans la candeur et la légèreté vaporeuse de leurs vêtements, les mannequins traversent les pièces d’un atelier abandonné à travers une fine brume comme des fantômes ou des silhouettes impalpables perdues dans les limbes.
 
Elles sont vêtues de robes en coton, qui les enveloppent jusqu’aux pieds, de longs manteaux fluides portés sur d’amples pantalons ou encore de maxi ponchos-plaids frangés. Les volumes sont retravaillés pour assurer un confort total. La légèreté de l’ensemble est accentuée par de grandes plumes qui décorent ici un chapeau, ou flottent là sur une robe, suspendues au bout d’un long cordon collier.
 
Chez Fendi, qui a débuté avec un bon quart d’heure de retard, l'espace à été totalement transformé afin de créer des petits salons, où le public ainsi clairsemé pouvait s’installer sur des divans recouverts de draps blancs. Le long du mur flottent de longs rideaux blancs, laissant voir l’ombre des grands arbres d’un jardin que l'on devine méditerranéen.
 
Le reflet des carreaux des hautes fenêtres se retrouve projeté, comme à peine esquissé, sur les tuniques et robes-chemises flottantes des premières silhouettes de cette collection mixte. Les ombres se fondent dans un camouflage abstrait sur les vêtements.


Dentelles et fluo s'entrechoquent chez la maison - Fendi

 
Légèreté, élégance et simplicité dominent cette garde-robe Fendi très estivale et raffinée à la palette claire, où les silhouettes se déclinent souvent par blocs de couleurs. Là encore, le blanc joue les vedettes avec juste quelques modèles bleu ciel et des flashs de rouge, dans des total looks importants endossés aussi bien par ces dames que ces messieurs.
 
Les accessoires aux teintes pop fluo (jaune, rose, orange, etc.) viennent fouetter l'ensemble pour une allure résolument moderne. En particulier, les chaussures en macramé, bottines rétro pour femme et claquettes pour homme.
 
L'homme s'affiche en savates et chaussettes hautes ajourées, tout comme son bob et ses tricots, les trous reproduisant le logo du double F. Il privilégie les chemisette et les bermudas confortables. La femme, ultra chic avec ses gants blancs ou colorés d'antan, alterne robes classiques brodées de fleurs ton sur ton, ensembles en dentelle et costumes aux pantalons amples.
 

Chic et quotidien se fondent dans la collecrion d'Alessandro dell'Acqua - N°21


Comme chez Fendi, N°21 imagine un certain nombre de mêmes pièces pour l'homme et pour la femme, mais portées de manière différente. Chez lui aussi, Madame est plutôt glamour et Monsieur cool rebelle. Dans un amusant jeu de correspondances, tissus, formes et volumes migrent subtilement d'un vestiaire à l’autre. 
 
Elle porte de grandes chemises tartan à carreaux jaunes couverts d'un fin voile noir. On retrouve le même motif écossais chez lui dans une paire de shorts, mais sans voile. De longues plumes d’autruche bordent robes et manches d'un fin cardigan gris chez elle. Ces mêmes plument flottent dans le dos d'un chandail chez lui. Quant aux imperméables en vinyle couleur chair ou vieux rose, ils sont sont interchangeables.
 
Pour son défilé post-confinement, Alessandro dell'Acqua accueille le public dans son espace milanais, ex garage immense, les portes grandes ouvertes, tandis qu'un podium surélevé fait tout le tour de la salle. "Cette période m'a porté à  me rencontrer sur ce qui me plaît vraiment. Je suis ainsi parti d'un matériel de base, sur lequel j'ai travaillé dans un esprit couture", glisse-t-il en backstage.

La toile de coton canvas sert à tailler des vestes à bord franc. La popeline est assemblée en trois strates afin de confectionner des robes bustiers, les pull-overs à grosse maille tricotés à la main s'enfilent sur des jupes crayon.

D'autres tricots moulants en laine noire sont décorés de boutons-pression, mini chaînettes, épingles et autres perles recyclés, créant des cascades argentées pour un effet punk chez lui glamour chez elle.

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