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23 févr. 2022
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A Milan, les femmes fatales de N°21, Calcaterra et AC9

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23 févr. 2022

Les couturiers milanais l’ont décrété dès l’ouverture de la Fashion Week, mercredi. L’hiver prochain sera léger et enivrant, à vivre à fond, en toute liberté et séduction. C’est donc un vestiaire recherché et élégant, où chaque femme peut affirmer sa personnalité, qu’ont conçu les designers. A l’instar de N°21, Calcaterra et AC9.


N°21,automne-hiver 2022/23 - PixelFormula


​Alessandro Dell’Acqua manie comme d’habitude les ciseaux avec dextérité. L’idée, cette saison, est de remodeler la silhouette en jouant sur le contraste masculin/féminin. Le styliste-fondateur de N°21 découpe dans des laines écossaises vestes, cabans et manteaux-redingotes à larges revers qu’il resserre à la taille en les structurant comme des corsets. 

Ailleurs, il couple un body-bustier en tweed à un pantalon qu’il fend verticalement de haut en bas pour un effet trompe l’œil jupe-pantalon. De même, de maxi robes à gros plis sont fendues sur les côtés tout du long. Le Harris tweed anglais, encore, ou un épais drap de laine kaki militaire sont utilisés pour confectionner des dessous, culottes-brassières qui s’entrevoient sous un corsage noir transparent en dentelle ou sous des mailles en mohair étirées à l’extrême jusqu’à se transformer en un lâche filet, froncé par endroits via des coulisses.

Le créateur napolitain confectionne des harnais de cristaux à glisser sous des pulls-nuages vaporeux. Ici, il recouvre une fourrure d’une doublure en tulle noir. Là, il réalise des robes et mini-jupes dorées à grosses paillettes, qu’il enfile sous d’amples vestes d’homme. Enfin, il s’amuse avec le motif hawaïen -palmiers blancs sur plages nocturnes-, qui s’invite dans des chemisettes ou pull-overs jacquards décorés de micro-pierres et perles.
 

Calcaterra, automne-hiver 2022/23 - DR


La nuit et le jeu masculin/féminin inspirent également Daniele Calcaterra. Plus précisément, l’éclipse, avec ses ombres et lumières mouvantes aux contours incertains, qui donne naissance à une très belle collection. Le designer a choisi ce fascinant phénomène pour célébrer le 10e défilé physique de sa maison Calcaterra, travaillant sur formes et proportions pour créer une silhouette changeante, définie par des accessoires importantes, tels des maxi pochettes effet croco ou de longues boucles d’oreilles en laiton doré.
 
L'espace totalement blanc, éclairé par la lumière du jour qui filtre par la verrière, et par une série de globes d’un blanc opaque, accueille les mannequins, élégantissimes dans leurs longues tenues total look ultra douces: manteau peluche en mohair pur, ensembles joggings et robe fourreau en jersey de laine double, costumes au design minimaliste en drap de laine crue, costumes over en cuir léger.
 
Tantôt, les femmes, mais aussi quelques hommes portant leurs mêmes costumes, sont enveloppées dans des manteaux volumineux et vestes démesurées aux épaules arrondies over-sized, tandis que de longues franges ou les manches d’un pull-over pendent des poignets accentuant cette impression de longueur infinie, transformant les mannequins en oiseaux de nuit. Tantôt, vestes et robes sont cintrées à la taille, et pantalons fuseaux sont fuselés, rendant plus féminine cette garde-robe à l’attitude masculine.
 
La palette clair-obscur, du blanc au noir, laisse deviner dans une robe sombre en tissu technique un iris appliqué, prolongé par des franges. Ailleurs, des matières luisantes accrochent la lumière dans certains blousons, tandis que des ouvertures cerclées laisse voir la peau, comme autant de petites lunes pleines, éparpillées dans un costume noir.


AC9, automne-hiver 2022/23 - DR

 
On retrouve le même leitmotiv des franges dans les silhouettes mouvantes d’AC9, habillant des femmes tout aussi fascinantes et mystérieuses. De fines franges métalliques pendent d’un bracelet. Plus longues et étincelantes, elles se transforment en tuniques à enfiler sur un tricot noir moulant.

Présent pour la première fois dans le calendrier officiel de Milan, Alfredo Cortese passe l’examen haut la main avec un show d’impact. Ses silhouettes apparaissent dans des halos de lumières sortant de la pénombre brumeuse d’un grand hangar, réincarnation des multiples émotions vécues par le jeune homme lorsqu’il quitta sa Sicile natale en mars 2010, passant de la petite ville d’Adrano près de Catane, à la capitale lombarde, pour venir y étudier la photographie.
 
Juchées sur de fines sandales fourrées ou se dressant dans d’imposantes cuissardes en vinyle, coiffées de caquettes ébouriffées de plumes simulant une folle coiffure, chaque modèle a de l’allure. Qu'elle soit en blouson de cuir démesuré, en longue robe en nylon et lunettes noires à la Matrix, en robe boule à plumes d’autruche ou juste vêtue d’un top fourré épaules nues d’un vert délavé.
 
Le styliste, qui a travaillé à la communication pendant sept ans chez Alessandro Dell’Acqua, puis chez Neil Barrett avant de se lancer dans le grand bain en septembre 2019, a séduit en cinq saisons une vingtaine de revendeurs dont Saks et Antonia. Il mélange le tulle à la dentelle ou drape les corps avec du tulle vintage, qui fait penser aux bas d’autrefois. Il crée aussi avec cette matière des accessoires à enfiler comme des bas sur les jambes ou comme des manches sur les bras. La collection est truffée d’autres jolies trouvailles comme ces hauts en tartan qui se prolongent en étole jusqu’aux pieds.
 

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