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6 mars 2022
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A Paris, Ester Manas sublime les corps, Atlein recycle à tout va

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6 mars 2022

A côté des grands noms, d’Hermès à Balenciaga, il y a la place aussi pour les jeunes marques sur les podiums parisiens de l’automne-hiver 2022/23. Beaucoup ont fait entendre leur voix ce week-end, s’inscrivant dans une démarche responsable, comme l’ont démontré, entre autres, à travers d’intéressantes collections Ester Manas avec sa mode inclusive et Atlein avec une garde-robe totalement upcyclée.


Ester Manas, automne-hiver 2023/23 - DR


Ester Manas sublime les corps dans une collection fraîche et sexy. Chez la styliste, spécialisée dans les vêtements taille unique accessibles à tous les gabarits, inclusivité et diversité ne sont pas de vains mots. Encore moins une question de communication, comme c’est le cas dans la plupart des maisons aux castings « politiquement corrects ». Sur son podium déambulent de jolies filles en chair, aux courbes avantageuses, et pas seulement, issues de tous les horizons, qui reflètent la vraie vie.
 
Elles sont bien dans leur peau portant avec naturel les tenues légères et affriolantes de la créatrice, qui s’aventure pour la première fois de plain-pied dans l’univers de la lingerie. Et ça lui réussit. « C’est l’hiver à Rio », résume-t-elle pour décrire sa collection, faisant la part belle au tulle, au jersey de coton, à la dentelle stretch et autres matières techniques utilisées pour les maillots de bain, près de 80% des matières provenant de stocks morts.

Ester Manas utilise notamment la technique des fronces quadrillées permettant aux vêtements de mieux épouser toutes les morphologies. Robes, jupes, longs gants et tops embrassent la silhouette s’ouvrant sur les flancs, le nombril et une partie des bras. Les brassières ou soutien-gorge froncés sont portés avec des boléros volantés à manches longues, les robes-cache-cœur se nouent sur un ventre dénudé, les jupes asymétriques se prolongent en traîne froufrou, tout comme les sacs cylindre en tulle. Les mini-jupes sont comme gaufrées, les ensembles en maille douce, fendus sur le devant, affichent des décolletés généreux. Le tout dans une palette vitaminée de tonalités joyeuses (rouge, rose, pourpre, orange, kaki)
 
Le label défilait pour la première fois dans le calendrier de la Fashion Week, samedi. Un format qui lui a permis « d’exprimer une nouvelle voix créative. Un terrain super excitant et plus glamour que par tempérament nous n’aurions pas forcément exploré, avec de la lingerie chic pensée pour être portée le jour », nous confie le partenaire d’Ester, Balthazar Delepierre. « Nous avons beaucoup travaillé avec le casting, ce qui nous a permis de nous projeter davantage dans la construction des pièces. Les filles ont toutes une énergie incroyable et incarnent la marque au-delà du vêtement », souligne-t-il.


Atlein, automne-hiver 2023/23 - DR

 
Chez Atlein, spécialiste du jersey et des drapés, les mannequins défilent le visage entièrement masqué par du tissu, en référence au Martin Margiela des années 1990, qui optait pour ce symbole en contre-point de l’époque des super-modèles, tentant de ramener l’attention sur les vêtements. Un geste, qui résonne aujourd’hui avec la toute puissance des réseaux sociaux et des influenceuses.
 
Après deux ans de pandémie et la réflexion enclenchée autour de l’industrie de la mode et son modèle de business pollueur poussant à la surconsommation, Antonin Tron opte pour un autre geste radical. Réaliser sa collection entièrement à partir des matières et ressources disponibles dans son atelier. « On a transféré le bric-à-brac de l’atelier sur le podium », plaisante-t-il. « On a toujours fait du recyclage, en développant par exemple de nouvelles matières à partir de fibres plastiques, mais ça ne se voyait pas. Là, on a cherché dans tout ce qui se trouvait dans l’atelier ».
 
Avec inventivité, le styliste confectionne bombers aux manches froncées et de superbes robes drapées dans des chutes de tissus aux couleurs toniques et luisantes (rose, vert pomme, bleu roi, argent), ou encore cette maxi jupe dans un grand carré de cuir enroulé à la taille, qui s’ouvre sur le côté. Il repêche d’anciens imprimés, qu’il décolore et reteint pour fabriquer pantalons et robes patchworks, dont un très beau modèle fourreau noir à l’imprimé python se dévoilant comme dans une brèche.
 
Plein de ressources, ce passionné de rock pioche dans ses archives et sa vieille collection de t-shirts de concert (Bauhaus, The Sisters of Mercy, Tones on Tail, etc.) pour fabriquer vestes et tops, tandis que des amis adeptes de kit surfing, lui fournissent des voiles en nylon pour imaginer vestes et robes légères et imperméables. Même les bijoux sculptés sont fabriqués à partir de déchets fossilisés dans de la résine pour planche de surf, tandis qu’une robe de soirée en sequins clinquants est entièrement réalisée à partir de capsules pour machine à café expresso.

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