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Publié le
26 juin 2022
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4 minutes
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A Paris, Kolor fait exploser les vêtements, Casablanca les sublime

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26 juin 2022

La Semaine de la mode masculine parisienne s’est emballée ce week-end. Au cinquième jour des défilés, les couturiers ont rivalisé de créativité avec des collections pour le printemps-été 2023 particulièrement riches. Elles sont sophistiquées dans leur construction, notamment chez Kolor, ou encore ennoblies par traitements et décorations chez Casablanca.
 

Kolor, printemps-été 2023 - © PixelFormula


Junichi Abe, qui a fondé Kolor en 2004, manie les ciseaux avec dextérité. Il l’a prouvé, une fois de plus, samedi sur les podiums parisiens, s’illustrant comme jamais dans l’art de la coupe et la construction. Il taille, découpe, entaille, détoure, déconstruit, insère, ajuste, recompose ou remodèle dans un infini de possibles et de propositions.
 
Enlever, rajouter. Tel est le jeu d’équilibriste auquel s’adonne le créateur japonais avec une mode hybride et inventive, qui n’est pas sans rappeler celle de sa femme, Chitose Abe, adepte de cette discipline depuis toujours dans sa propre marque Sacai. Pour l’été prochain, en particulier, il multiplie les détails et fait fuser les idées, qui partent dans tous les sens, comme cette improvisation jazz qui accompagne le défilé.

Avec ses silhouettes street et cool en tennis, pantalons, polo et imper, où s'invitent soudain des couleurs vives comme peintes à furieux coups de pinceaux sur une toile en nylon, Kolor cache bien son jeu. Un trench est privé de ses manches et de son dos. Un carré de coton est découpé au bas d’une chemise noire, laissant voir un autre tissu. Un nylon orange flotte comme une jupette au bas d’un tricot. Le col d’un polo se dédouble. Un morceau de pull-over s’incruste sur l’épaule d’un pardessus. Un manteau se transforme en robe d'avocat. D’autres modèles sont proposés deux en un. Les matières s’entrechoquent dans un mix and match audacieux.
 

Casablanca, printemps-été 2023 - © PixelFormula


Changement de décor chez Casablanca, qui reçoit au palais Brongniart dans une hacienda-ranch mexicaine avec, en son centre, un manège où se cabrent de magnifiques étalons andalous. L’énorme salle centrale est tapissée d’un sol damier à gros carreaux jaunes et orange et entourée d'une enfilade d’arches mauresques dans les tons ocre et bleu. Pour sa nouvelle collection estivale, le designer Charaf Tajer s’est fortement inspiré du fastueux hôtel Cuixmala, refuge de la jetset sur la côte Pacifique du Mexique, ainsi que du style des vaqueros, ces éleveurs de bovins, qui ont importé la culture cow-boy en Amérique.

Rouge vif, jaune or… La palette de terre ensoleillée et teintes chaudes s’empare de toute la garde-robe avec aussi du bleu électrique et un vert tropical pétant. Les arches du Cuixmala, sont repris en motifs récurrents dans de nombreux modèles, se transforment parfois en vagues, comme dans ces vestes et pantalons arc-en-ciel tricotés au crochet. Sans oublier les carreaux bleu foncé et turquoise de la piscine, qui se retrouvent dans des pantalons et manteaux chatoyants.
 
La panoplie du cow-boy est également réinterprétée au complet dans un style flamboyant, avec grands chapeaux, bottes, chemises aux coutures brodées, manteaux poncho jacquards, surpantalons sexy dévoilant les culottes et, bien sûr, le denim indigo brodé de marguerites, dans lequel tailler des salopettes à enfiler torse nu.


Casablanca, printemps-été 2023 - © PixelFormula

 
Pour le soir, cheveux gominés, fine moustache et rose rouge à la main, l’homme sort ses habits de lumière. Veste boléro richement brodée, pantalon de toréro en satin, et chemise à jabot froncée ou costume blanc immaculé. La femme opte pour des brassières assorties à de longues jupes sinueuses frangées ou des robes en macramé entièrement tissée de perles. Et pour la première fois, le créateur dessine une robe de mariée, mini et sexy, entourant le visage du mannequin d’une collerette-auréole de dentelles.
 
"J’essaie de trouver l’équilibre entre classique et moderne. Ce qui m’intéresse, c’est de véhiculer un message d’optimisme", nous explique Charal Tajer, rencontré à la veille de son défilé dans son showroom parisien. Réputé pour ses imprimés sur soie pétulants mixant sportswear et pièces glamour ultra chic, le styliste a vu sa maison exploser depuis son lancement en 2018, doublant ses effectifs cette dernière année, passés de 30 à 60 personnes. Le franco-marocain s'est d'abord fait un nom dans le milieu des nuits parisiennes - il a notamment été le directeur artistique des soirées du Pompon -, puis pour avoir été le cofondateur du label Pigalle aux côtés du designer Stéphane Ashpool.
 
Sa marque est basée à Londres, financée par des investisseurs britanniques, qui "ont cru en lui dès le début et sont bien contents", comme nous le confie styliste, dont le label est aujourd’hui distribuée à travers un réseau de 350 revendeurs comptant des boutiques top dans le monde entier. Les Etats-Unis sont devenus cette année son premier débouché, juste devant l’Europe. Et il espère ouvrir ses premières boutiques en propre l'an prochain à Paris et Los Angeles, puis New York, Londres et Tokyo.
 

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