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Publié le
1 mars 2022
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4 minutes
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A Paris, la couture caribéenne de Botter, la mode scintillante de Victoria/Tomas

Publié le
1 mars 2022

Mardi, avec entre autres le show de Christian Dior, la Fashion Week de Paris est entrée dans le vif du sujet. De nombreux défilés physiques se sont succédé, dont ceux inventifs de Botter et Victoria/Tomas. Après l’appel de Ralph Toledano, la veille au soir, invitant les participants à la manifestation "à vivre les défilés des jours à venir avec la gravité qui s’impose en ces heures sombres", les deux marques ont chacune souligné à leur manière leur soutien à l’Ukraine.
 

Botter, automne-hiver 2022/23 - DR


Dans sa note d’intention, Botter constate que les adversités, de la guerre en Ukraine à la pandémie et l’urgence climatique, constituent désormais "la nouvelle normalité". Se refusant de voir dans la mode un simple exercice futile, le couple formé par Lisa Herrebrugh et Rushemy Botter cherche à donner un sens à son travail. Puisant une fois de plus dans ses racines caribéennes, le duo s’inspire des perles, dont les Caribéennes ornent leurs cheveux, et des coiffures africaines, devenues au fil du temps et au-delà de l’Atlantique "un instrument inaliénable pour exprimer culture, fierté et conscience de soi".
 
Les perles colorées se retrouvent dans des boucles d’oreilles et des colliers. Elles sont également enfilées en franges pour confectionner des bonnets perlés, qui couvrent les yeux à la manière des dreadlocks, dans de longs rubans formant des tuniques virevoltantes ou ornant le les manches ou le dos d’une veste-chemise en cuir formant le slogan: "No war". Elles sont aussi tissées dans un polo à losanges.

Comme à chaque fois, les créateurs, qui viennent de quitter la direction artistique de Nina Ricci, procèdent avec délicatesse. La collection très masculine, revisite avec subtilité le costume, porté aussi bien par femmes et hommes. Impeccablement coupé, dans de justes proportions entre confort et et élégance, il est modernisé via des accessoires, des détails innovants et une palette vibrante de turquoises, roses, jaune-vert, tandis qu'un pantalon bleu électrique est associé à une veste multicolore comme peinte au spray.
 
Une veste se démultiplie, avec son double accroché entre les omoplates, une autre est portée à l’envers, boutonnée dans le dos. Ailleurs, elle se transforme en top à enfiler par la tête avec son grand décolleté en V privé de revers ou en blouson drapé. Le tout est dynamisé par des accessoires ludiques, telles les casquettes, dont la visière rabattue sur le nez s’ouvre en un grand cœur, les sacs ballons ou bouées, la cagoule-masque de plongée ou encore ces gilets de sauvetage jaunes transformés en écharpes-châles. Mention spéciale aux chaussures, composées de modèles pour foot à crampons écrasant des derbys géants, le tout peint à la bombe en blanc, bleu et jaune métallisé.
 

Victoria/Tomas, automne-hiver 2022/23 - DR


Changement de décor chez Victoria Feldman et Tomas Berzins, autre couple de créateurs parisiens. Elle est d’origine russe et lui provient de Lettonie. Tous deux sont bouleversés pas la situation en Ukraine. "J’ai de la famille aussi  là-bas. Ce qui arrive est grave et nous touche beaucoup. Aujourd’hui, on essaie d’utiliser notre visibilité à travers le défilé pour mobiliser les gens et les inviter à faire des dons pour aider l’Ukraine via trois QR code, que nous avons distribués aux spectateurs", nous explique la designer, qui doit accoucher dans deux semaines de son premier bébé.
 
Certainement, cette nouvelle étape dans l’histoire de Victoria et Tomas, qui se connaissent depuis l’école et ont scellé leur amour à travers le nom de leur maison, marque une évolution dans leur travail. La silhouette se fait plus adulte et, pour la toute première fois, Victoria/Tomas fait une incursion dans l’enfant à travers quelques modèles dévoilés durant le défilé, qui était organisé dans la cour de la poste du Louvre, au milieu des sculptures pop en formes d’étoiles gonflables géantes de Cyril Lancelin.
 
Grossesse oblige, les stylistes ont imaginé de maxi capotes enveloppantes tombant jusqu’aux pieds, beiges à rayures fauve, noires ou à damier, en laine, cuir ou gabardine imperméable, mais aussi en nylon et taffetas aux manches et bords corolles. Tous les modèles sont réversibles permettant de choisir selon l’humeur l'une ou l’autre couleur-matière-motif. Même logique entre la doublure lisse ou fourrée d'une petite veste boléro ou pour ces modèles de robes bicolores à longues franges. Les accessoires aussi se dédoublent, comme ces petits sacs portés par deux en bandoulière dans deux couleurs.

"Nous avons introduit de nouvelles matières comme les paillettes, l’organza, le tulle, proposant une élégance retravaillée et des tenues à porter le soir comme au quotidien", indique Tomas Berzins. Des strass brillent dans le col et la jupe d’un ensemble noir. Du tulle s’échappe sous une minijupe ou en traîne sous une veste. Ailleurs, il se superpose comme une tunique transparente sur les vêtements.

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