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12 avr. 2021
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A Paris, le nombre de boutiques de mode a chuté de 13% en trois ans

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12 avr. 2021

Tous les trois ans depuis deux décennies, l’Apur (Atelier Parisien d’Urbanisme), la ville de Paris et la CCI Paris dressent un état des lieux du commerce de la capitale en réalisant un recensement permettant de mettre au jour les évolutions liées à ce secteur crucial pour l’économie de la métropole. En 2020, l’enquête terrain a eu lieu en octobre, avant le second confinement. À cette date, Paris affiche 61.541 points de vente et services commerciaux, soit une légère baisse de 1,9% depuis 2017 (ce chiffre était resté stable entre 2014 et 2017).


Rue du Trésor à Paris - Apur - JC Bonijol


Le premier enseignement est que les tendances observées ces dernières années s’accentuent. En particulier, l'un des revers le plus marquant est celui de l’équipement de la personne (prêt-à-porter, chaussure, bijoux…): en trois ans, 1.097 boutiques de mode et d’accessoires ont disparu à Paris (-13%, atteignant 7.325 unités). En regard, les établissements en progression sont les cafés et restaurants (+660 établissements depuis 2017), le secteur de la santé-beauté (+44 établissements) et les magasins bio (+200 unités).


Différentes évolutions du nombre de commerces à Paris selon les secteurs d'activité (entre 2017 et 2020) - Apur


Ce repli assez net s’expliquerait en partie par la montée du "e-commerce, couplé à l’essor de la seconde main sous l’effet de la montée des préoccupations environnementales", note le rapport. En détail, il faut noter que le prêt-à-porter enfant a subi un sérieux revers (-25% de magasins en trois ans), l’habillement homme et femme connaissent eux le même déclin (-15%), le segment haute couture/créateurs recule aussi (-13%), tout comme la lingerie (-8%). En revanche, les friperies/dépôt-vente sont en légère croissance (+4%), tandis que la niche des tailleurs sur-mesure s’est développée (+14%).

Ensuite, si on se focalise sur une période plus longue, à savoir les dix dernières années (entre 2010 à 2020), le nombre de magasins d’habillement a chuté de 18% dans la capitale (4.862 unités), la chaussure a plongé de 27% (756 magasins) et les bijoux fantaisie et accessoires de mode de 13% (634 boutiques).


En rouge, es créations de commerces d'habillement, en bleu les disparitions, et en vert ceux qui se sont maintenus. - Apur

 
D'autre part, le commerce de gros dans la capitale, en très grande majorité lié au secteur textile, tend à disparaître. L’étude recense 583 espaces de vente B2B en moins en trois ans. Et, en dix ans, le nombre de ces unités a diminué de deux-tiers. "C’est une tendance qui s’est accélérée ces dernières années en lien avec une nouvelle organisation de la logistique en ville". Hauts-lieux historiques des grossistes textiles, les quartiers du Sentier et de Sedaine-Popincourt "sont ceux qui, actuellement, se transforment le plus à Paris, avec l’arrivée de nouveaux commerces plus en phase avec les besoins de la population résidente et présente la journée", poursuit l’étude.

La vacance progresse


 
Tous secteurs confondus, les instigateurs de cette enquête soulignent que le nombre de locaux vides en rez-de-chaussée progresse, soit 911 unités supplémentaires par rapport à 2017. Le taux de vacance s’accroît donc à Paris, passant de 9,3 à 10,5% (soit 8.764 locaux vides), touchant en particulier les quartiers centraux (17,1% dans le 1er arrondissement par exemple).


Les taux de vacance ont augmenté plus fortement dans le centre de Paris - Apur

 
"Le mouvement des 'gilets jaunes', les grèves de fin 2019, puis la crise sanitaire ont fortement impacté l’appareil commercial dans ces arrondissements, probablement plus fortement que dans le reste de Paris", précise l’étude, qui ajoute que dans Paris-Centre (Du Ier au VIe arrondissement, excepté le Ve), la vacance a augmenté de 3,4 points rien qu’entre mars et octobre 2020 (7 mois). Démontrant donc qu'elle "s’est fortement accélérée entre les deux périodes de confinement".
 
Agilité ou turn-over incessant? En trois ans, environ 16.700 mouvements ont été observés à Paris (création, disparition, transformation et changements d’activité), ce qui signifie que 27% des commerces ont subi une mutation (contre 24% en 2017), incluant même 39% des magasins de prêt-à-porter.
 
Si 3 commerces sur 4 sont gérés dans la capitale par des indépendants, les réseaux d’enseignes (23% des points de vente, contre 24,5% en 2017) représentent 38% des surfaces de vente. Dans l’équipement de la personne, 42% des boutiques sont pilotées par des chaînes. D’ailleurs, la baisse du nombre de commerces de prêt-à-porter touche plus les enseignes que les magasins indépendants. L’étude constate par exemple la disparition de 11 magasins Camaïeu, 10 magasins Du Pareil Au Même ou 8 magasins Célio, sur les trois dernières années.

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