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2 mars 2022
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A Paris, les styles éclectiques de Dries Van Noten, Acne et Balmain

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2 mars 2022

La Fashion Week de Paris a mis en avant, mercredi, des propositions pour l'automne-hiver 2022/23 particulièrement intéressantes. Sur les podiums, on a pu voir, en effet, des collections innovantes et très travaillées, avec une profonde recherche sur les matières et la construction du vêtement. Dans un style baroque chez Dries Van Noten, futuriste-martial chez Balmain, tandis qu’Acné Studios a revisité le patchwork.


Dries Van Noten, automne-hiver 2022/23 - ph Casper Sejersen


Pour présenter sa collection, Dries Van Noten a choisi de revenir dans le fascinant hôtel particulier, où il avait tourné le film de sa collection masculine en janvier. Totalement laissé à l’abandon au cœur de l’un des quartiers les plus chics de Paris, ce lieu se prête idéalement pour accueillir cette garde-robe précieuse aux accents baroques s’inspirant "de la passion italienne" avec une palette dominée par le rouge et le noir.

Du hall d’entrée, à l’escalier, accoudées à la rambarde, en passant par une enfilade de salons et petites pièces secrètes, les mannequins semblent surgir d’un passé fastueux, venues hanter les lieux le temps d’une journée, ornées de colliers et bijoux brillants, qui accentuent l’opulence de leurs tenues, tel ce long fourreau noir aux manches richement décorées de broderies dorées, cette maxi-robe kimono à manches amples imprimée d’hibiscus géants ou encore ces tenues entièrement couvertes de sequins argentés, comme ce trench hologramme brodé de paillettes associé à un jean délavé.

Sur la banquette du vieil ascenseur ont été oubliés une paire d’escarpins et de gants glamour reprenant les typiques motifs bleus des faïences de Delft, déclinés aussi dans des bottes, jupe, manteau en velours, sac et doudoune matelassée. Les imprimés ont la part belle dans ce vestiaire flamboyant, qui explore à fond le thème animalier. Les rayures du zèbre et du tigre s’entrechoquent avec les pois du dalmatien, la fourrure tachetée du léopard ou les tâches plus larges et difformes de la peau de vache, s’emparant de grands blousons, jupes fendues, bottes ou manteaux, dans des total looks effet fauves.

"On a pris vraiment le temps pour créer des pièces plus travaillées avec chacune une histoire derrière, tout comme le parfum qui vient d’être lancé. Le produit est devenu plus important. Ces deux ans de pandémie ont fait évoluer mon approche. Je me concentre désormais sur des collections plus petites, leur taille ayant été réduite de 40%", nous confie le créateur flamand, qui a choisi aussi ce format dans cet édifice chargé d’histoire pour mieux présenter son univers, complété par les accessoires disposés dans les étagères vitrées de la maison tels des objets d’art, ainsi que par les parfums et les rouges à lèvres.


Acne Studios, automne-hiver 2022/23 - DR


Changement de décor radical chez Acne Studios, qui opte pour un énorme espace blanc, où ont été aménagés une série de petits salons aux banquettes douillettes et fourrées, enfoncés dans le sol. C’est donc vue d’en bas, à hauteur des pieds, que l’on découvre la collection. Les élégantes raffinées de Dries Van Noten ont laissé place à des Cendrillons des temps modernes, en bas de laine troués, recouvrant les chaussures et remontant jusqu’en haut des cuisses.

Elles se confectionnent de superbes robes de bal à crinoline en maille usée et raccommodée ou à partir de vieux bouts de toile et denim délavés ou se fabriquent des jupes fourreaux d'une longueur infinie avec des rectangles de toute sortes de tissus (cuir, flanelle, denim, matière argentée) parfois sommairement cousus entre eux, qu’elles enroulent autour d’elles les nouant très haut à la taille d’un ruban enfilé dans une grosse boucle métallique, façon ceinturon.

Parfois, la robe est juste réalisée dans un carré de soie accrochée à une épaule par un ruban. Les jupes s’enfilent sur de simples débardeurs ou tricots lâches décousus par endroits ou reprisés. Même les longs gants sont composés d’échantillons d’étoffes comme un puzzle. Tout est fluctuant. Rubans et pans de tissus ondulent le long du corps, prolongeant en mouvement la silhouette longiligne. En particulier, dans ces habits drapés réalisés à partir de châles ou rideaux frangés, tandis que d’épaisses courtepointes servent à réaliser des maxi manteaux.
 
Dans sa note d’intention, la griffe suédoise, pilotée par le directeur artistique Jonny Johansson, se déclare solidaire des citoyens ukrainiens et annonce avoir suspendu toutes ses activités en Russie. La marque a fait par ailleurs une donation de 100.000 euros, participant à l’aide humanitaire organisée sur place par l’UNHCR et l’Unicef, comme plusieurs autres maisons, dont aussi Balmain.

Balmain, automne-hiver 2022/23 - DR


Celle-ci signe sans doute la collection entrant le plus en résonance avec la situation tragique que vit l’Ukraine depuis l’invasion sur son territoire, le 24 février, de l’armée russe. Le directeur artistique de la maison parisienne, Olivier Rousteing, a construit tous ses looks comme des uniformes de protection et de combat futuriste dégageant une grande force. Il fait déferler sur le podium son armée de combattantes intergalactiques, se dressant dans des bottes à plateformes démesurées, allant jusqu’à chausser la réplique de chaussures de ski, enveloppées parfois dans des fourrures over.

Leur uniforme, plaqué au corps et souvent zippé, est essentiellement blanc, composé de leggings ou cuissardes en cuir équipés de genouillères et moulés sur les jambes, et de tenues courtes -mini robes et vestes- pour la plupart en cuir ou néoprène, renforcées par des corsets-cuirasses ou des gilets de protection argentés amovibles. Des empiècements en métal doré sont parfois ajoutés au tissu embrassant torses et bras, conférant à la silhouette une allure de robot humanoïde.

Le styliste emprunte beaucoup au registre automobile aussi, s’inspirant notamment pour l’homme de l’équipement pour motard avec gants, bottes, pantalons et blousons (en cuir ou denim) dotés de multiples protections aux genoux, bras, dos et épaules. On retrouve ces mêmes empiècements protecteurs en cuir dans des ensembles en maille portées par les femmes. Quelques modèles de robes noires ultra courtes, bombées aux épaules, sont quant à eux taillés dans de robustes pneus.

Pour peaufiner leur look, les mannequins ont recours à des bijoux dorés épais, appliqués en piercing sur la lèvre, couvrant les poignets et même les cinq doigts des mains, là encore pour un effet robot. L’ensemble est adouci par moment par des incursions de tulle, de plumes et de dentelles.

 

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