×
Publicités
Publié le
5 mars 2022
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

A Paris, Marine Serre s'offre un show et une exposition autour de sa mode régénérée

Publié le
5 mars 2022

Marine Serre poursuit inlassablement son travail de vulgarisation. Montrer, expliquer, donner à voir comment procéder pour revaloriser un vêtement, sont devenus son leitmotiv. Une fois de plus, la styliste nous plonge au cœur du processus de création et de fabrication de sa mode écologique, organisant cette fois un double événement via un show et une exposition, intitulés "hard drive".

Marine Serre, automne-hiver 2022/23 - DR

 
Vendredi soir, la créatrice a ouvert les portes de son atelier, transposé pour l’occasion à l’espace Lafayette Anticipations. Le public est accueilli par les petites mains de la maison en blouse blanche ou des collaborateurs en imper avec le typique imprimé demi-lune de la maison, décliné cette saison dans un monogramme noir et grège. La scène se déploie sur trois étages tournant autour d’une cour intérieure, où sont installées machines à coudre, tables de découpe ou de repassage pour les finitions. Ce même espace et ces installations sont au cœur de l’exposition, qui s'est ouverte au public ce week-end.
 
L’événement, comme d’habitude, n’a pas manqué d’attirer les nombreux fans de Marine Serre, qui obstruaient l’entrée au défilé. Une fois dépassée la foule compacte, les invités n’avaient plus qu’à se débrouiller pour se trouver une place sur les quelques meubles de fortune posés ici et là. Un vieux lit en fer forgé, quelques bancs et tables de chevets servant en fait de base d’inspiration ou de matières à recycler pour les créations de la marque upcyclée.

Dans ce décor improvisé, où règne une ambiance décontractée et bon enfant, se fait soudain entendre la voix de Sevdaliza, qui a déjà collaboré avec la styliste les saisons passées. La chanteuse d’origine néerlandaise-iranienne invite le public à observer une minute de silence pour "les victimes de l'injustice". Comme d’autres designers cette semaine, Marine Serre lance un clair appel à la paix, qui se traduit aussi par les rameaux d’olivier plantés dans le décor, tenus dans la main ou accrochés aux colliers et pendentifs des mannequins.
 
L’idée est de montrer concrètement le processus de régénération et création circulaire mis en place par la designer au fil des ans, du tri des tissus issus des stocks morts ou vêtements usés, qu’elle récupère pour les dépecer et les rassembler par types de matières et couleurs, à leur renaissance à travers ses créations patchwork.

Marine Serre, automne-hiver 2022/23 - DR


A l’arrivée, une collection pour l’automne-hiver variée et colorée, fortement inspirée des figures féminines les plus fortes de l’histoire de l’art (Diane chasseresse, la jeune fille à la perle, la guerrière Picte du nord de l’Ecosse, etc.), en particulier celles des peintres primitifs flamand, dont la créatrice, passée par l’école bruxelloise La Cambre, détourne les tableaux présentés au dernier étage de son exposition.
 
Les sobres looks monogrammés (costumes et manteaux), qui ouvrent le défilé, laissent vite place à une explosion de tartans, via des vestes et kilts composés à partir d’écharpes écossaises en laine, ou à des patchworks jacquards colorés, agencés avec un certain sens de l’effet graphique. Aux mailles succède le même type de travail à partir de bouts de t-shirts et sweaters, dans un esprit plus dark et punk avec blouson en moire et pantalons de cuir. A noter, un superbe maxi-manteau composé d’échantillons de cuir bleus, beiges et marrons comme un puzzle. Dans d’autres silhouettes se télescopent les tissus d’ameublement bourgeois damassés aux toiles camouflage militaires. La créatrice reprend aussi ses combinaisons seconde peau en jersey tatoué dans une veine plus mystique.
 
Ne manquent pas à la garde-robe pour l’hiver prochain les accessoires, en particulier les bijoux, dont on peut découvrir, là encore, le processus à travers les objets, exposés dans les vitrines de l'exposition, glanés ici et là pour les fabriquer : vieilles fourchettes et cuillères, bouts de bois, coquillages, éclats d’agate, etc.
 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com