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30 août 2021
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A Roubaix, un "Atelier Agile" pour répondre aux demandes de production Made in France

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30 août 2021

Forte de ses expérimentations menées depuis 2015, l'association Fashion Green Hub entend faire évoluer son atelier de confection installé au Plateau Fertile de Roubaix, dans le Nord. Devenant une SAS et rebaptisé "Atelier Agile", ce dernier compte devenir la première étape d'un futur réseau national dédié aux productions à la demande de proximité.


L'actuel atelier installé au Plateau Fertile de Roubaix - Atelier Agile


Le dispositif sera opérationnel en janvier, avec le soutien de la région et d'une aide de 600.000 euros apportée par le programme d'investissements d'avenir (PIA). La Métropole lilloise (MEL), la ville de Roubaix, l'Ademe (agence de la transition écologique) et le Défi (organisme de soutien à la filière mode) prennent également part à son développement. Sans oublier quatre grandes structures locales qui en seront les premiers clients: les industriels Lemahieu et Les Tissages de Charlieu, ainsi que les enseignes BlanchePorte et ID Group (IdKids).

L'Atelier Agile sera pensé comme un démonstrateur, posant les fondations pour de futurs autres ateliers destinés à voir le jour sur son modèle à travers la France. Labellisé par Euramaterials, le dispositif entend à terme permettre aux marques et créateurs de “passer de l'idée au projet en sept jours".

Aujourd’hui fort d’une dizaine de personnes sur une surface de 250 mètres carrés, l’atelier devrait à terme employer et former une trentaine de personnes sur une surface portée à 600 mètres carrés, dotée d’équipements 4.0 de préproduction, de dispositifs d’impression et de découpe automatique, de systèmes automatisés d’emballage et bien sûr de machines à coudre. 

“Notre idée est d’avoir un certain nombre de partenaires de confection, de préparer les kits de production chez nous, puis d’en assembler une partie chez nous, et une partie à l’extérieur”, nous explique le directeur général de l’Atelier Agile, Guillaume Aélion, qui évoque une dizaine d’ateliers partenaires déjà identifiés, et dont les compétences spécifiques permettront d’élargir les gammes de produits proposés.

L’Atelier Agile espère surtout prouver la viabilité du modèle pour le voir se décliner sur l’ensemble du territoire, via Atelier Agile ou d’autres acteurs industriels. “Ce que l’on veut surtout, c’est poser les bases d’un écosystème. Pour être agile et proche des clients, il faut plein d’ateliers pour mailler le territoire”, souligne son responsable. 

La production à la demande, une tendance de fond



Le projet s'inscrit à la croisée de nombreux enjeux se posant aujourd'hui à la filière, comme l'avait précédemment pointé FashionNetwork. A commencer par le Made in France, à l'heure où la crise sanitaire a ramené les velléités de souveraineté industrielle dans la parole gouvernementale, et où la production en urgence de masques a permis de renouer des liens qui s'étaient étiolés entre filateurs, tisseurs et façonniers tricolores.


Le Plateau Fertile de Roubaix - Atelier Agile


Mais le projet d'Atelier Agile s'inscrit surtout dans une tendance générale à la rationalisation des productions. Afin de limiter leurs pertes et de réduire les quantités d'invendus leurs restant en fin de saison, les donneurs d'ordres ont progressivement entrepris de miser sur des productions raisonnées, et dans des délais rapides permis par la proximité des sites. Une approche qui permet au passage de réduire l'impact carbone de la filière, qui générerait 2% des émissions mondiales de CO², selon l'Ademe.

“Je pense que l’on va vers une hybridation des solutions: les marques ont besoin de solutions lointaines, de solutions intermédiaires (Afrique du Nord, Europe de l’Est…) et d’une production de proximité qui apporte de la flexibilité”, explique Guillaume Aélion. “En cas de problèmes de réassort, nos ateliers peuvent prendre le relais, tout en permettant d’adapter rapidement les produits aux tendances, ce qui prend des mois avec le grand import. Aujourd’hui, les marques ont envie d’aller vers cela, mais ne savent pas forcément à qui s’adresser.”

Reste la question du prix, souvent décrit comme le premier frein aux productions comme aux achats de produits Made in France. Pour Guillaume Aélion, cet écart de coûts avec les productions lointaines s’appuie en partie sur une évaluation tronquée: “Un donneur d’ordres retient le prix négocié, mais derrière il faut aussi calculer le coût des invendus et des promotions à consentir, sans parler des coûts induits par le stockage et le transport… Tous ces coûts peuvent suffire à payer du Made in France”. Le directeur pointe qu’il faut par ailleurs chasser de l’esprit des consommateurs l’idée que l’habillement ne se consomme qu’au travers des soldes et promotions. 

L’Atelier Agile porte le rêve ambitieux d’initier un maillage d’une centaine de déclinaisons sur le territoire. Des pistes pour deux ou trois autres "Ateliers Agiles" sont déjà évoquées dans l’est du pays, en Île-de-France ainsi que dans la région lyonnaise. 

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