AMI : le mantra "less is more" à son apogée

Peu de créateurs français sont capables de rivaliser d’énergie avec Alexandre Mattiussi de nos jours : son défilé AMI mardi soir à Paris était une brillante démonstration de ce que peut faire du mantra « less is more » un de ses adeptes les plus talentueux.


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AMI - Alexandre Mattiussi -Printemps-été 2020 - Prêt-à-porter masculin - Paris - © PixelFormula

Il présentait cette collection mixte printemps 2020 au Grand Palais : le plus bel espace d’exposition du monde pour beaucoup et, dans la mémoire mode, un espace désormais éternellement lié aux décors massifs de feu Karl Lagerfeld, pour Chanel.

Mais le défilé AMI ne présentait que deux cercles de chaises pliantes françaises vintage en bois, très simples. Au milieu, un casting choisi avec un goût impeccable s’est avancé, des mannequins inconnus tout comme la petite Française branchée connue des initiés Agathe Mougin.
 

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AMI - Alexandre Mattiussi - Printemps-été 2020 - Prêt-à-porter masculin - Paris - © PixelFormula

La modestie de ce décor mettait justement en lumière l’immensité des lieux et donnait au défilé et à la collection une atmosphère poétique. Même l’extrême inconfort ajoutait un air de gravité cool.

De façon peu courante pour sa profession, Alexandre Mattiussi est quelqu'un de simple, mais avec néanmoins une grande confiance en lui. Il a commencé sa carrière en créant un prêt-à-porter masculin subtilement commercial, mais a progressivement injecté dans son œuvre une dose puissante de coupes sophistiquées, de silhouettes aguicheuses et de raffinement général.

Pour les hommes, il a taillé des pantalons à pli aux jambes évasées, des redingotes sans manches et des manteaux d’espion pour icônes de séances en matinée. Alexandre est le maître de ce nouveau costume un peu avachi qui est soudain devenu de mise dans la mode masculine.


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AMI - Alexandre Mattiussi - printemps-été 2020 - Menswear - Paris - © PixelFormula

C’est aussi un coloriste doué et ses rouges crémeux et violets oniriques tombaient tous juste. Il vise toujours dans le mille avec les détails : des chaînes de poche BCBG aux colliers de cuir tissé avec pendentifs. L’ensemble proclame toujours le mot mode, mais pas en gros caractères.

Pour la femme - catégorie désormais installée pour la marque -, des pantalons parfaitement biens vus, des vestes précises portées sur des jupes tout en dentelle et de nombreuses versions plus petites des tenues de leur petit copain.

« Dans un endroit comme celui-ci, c’était l’occasion de donner à la collection une touche plus parisienne, couture, quelque chose de plus dessiné, un tantinet plus chic… de la poésie et du romantisme, après un long temps de méditation », expliquait Alexandre.

Traduit par Marguerite Capelle

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