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Affaire Navalny: rejet de la demande d'actes dans l'enquête visant la société Yves Rocher

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22 juin 2021

© 2021 AFP - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a rejeté une demande d'actes déposée par les avocats de l'opposant russe Alexeï Navalny dans l'enquête pour "dénonciation calomnieuse" visant la société bretonne de cosmétiques Yves Rocher, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Vannes.


Alexander Nemenov/AFP



La procédure "arrive à son terme et fera prochainement l'objet d'un réquisitoire définitif de la part du parquet avant ordonnance de règlement", a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Vannes François Touron.

"Je suis très satisfait de cette décision qui reconnait que Yves Rocher n'avait rien à se reprocher et avait eu un comportement parfaitement normal au regard du sujet à l'époque", a réagi Patrick Ouart, avocat d'Yves Rocher.

Les avocats des frères Alexeï et Oleg Navalny, William Bourdon et Amélie Lefebvre, regrettent dans un communiqué la décision rendue mais considèrent qu'elle "ne met pas un terme définitif pour autant à l'enquête". Selon eux le parquet de Vannes peut encore "prendre position" et "soutenir les demandes d'investigations complémentaires".

Ennemi juré du Kremlin, M. Navalny, 44 ans, a été condamné en Russie en décembre 2014 à trois ans et demi de prison avec sursis pour le détournement de 26 millions de roubles au détriment de la filiale russe d'Yves Rocher. Son frère Oleg s'est vu infliger la même peine, mais ferme.

Une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Vannes en février 2019 à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par les frères Navalny visant le groupe Yves Rocher, basé à La Gacilly (Morbihan).

Le juge d'instruction avait annoncé son intention de mettre fin à l'instruction dès novembre 2019 puis à nouveau en décembre 2020, en rejetant les demandes d'actes des parties civiles.

La défense des frères Navalny avait saisi la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes pour réclamer une expertise de traduction d'un courrier de "dénonciation" du 4 décembre 2012 visant la société Glavpodpiska des frères Navalny et rédigé par un dirigeant d'Yves Rocher-Vostok, filiale russe du groupe Yves Rocher.

Le groupe affirme avoir été convoqué par les autorités russes en 2012 dans le cadre d'une enquête visant Glavpodpiska. C'est pendant les interrogatoires qu'Yves Rocher dit avoir "découvert plusieurs indices concordants et importants rendant vraisemblable l'existence d'une escroquerie".

Yves Rocher-Vostok dit avoir alors déposé une plainte contre X pour avoir accès au dossier. Le groupe a par la suite reconnu n'avoir pas subi de préjudice.

En février dernier, le sursis de M. Navalny, arrêté le 17 janvier à son retour en Russie après une convalescence en Allemagne à la suite d'une tentative d'empoisonnement, a été transformé en prison ferme.Rennes, 22 juin 2021 (AFP)

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