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Agnès b. : "il faut faire un effort d'accueil" pour les migrants

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18 oct. 2016

La styliste Agnès b., dont une partie de la collection d'art est exposée depuis mardi au Musée de l'histoire de l'immigration à Paris, appelle la France et le Royaume-Uni à « un effort » dans l'accueil des migrants, dénonçant un « déchaînement de haine » à leur encontre.


La créatrice de mode Agnès B. sur le tapis rouge de Deauville le 6 septembre 2012 - C.TRIBALLEAU / AFP


A l'approche d'un démantèlement de la « Jungle » de Calais, la créatrice de mode connue pour ses engagements à gauche, dit avoir récemment « écrit à l'ambassadeur de Grande-Bretagne » à propos de la question des mineurs isolés à Calais ayant des attaches familiales outre-Manche.

« Il faut réunir les familles ! Il faut que le gouvernement britannique fasse quelque chose », lance la styliste de 74 ans, qui avait signé en février une tribune contre le démantèlement de ce campement, où ont récemment été recensés quelque 1.300 mineurs isolés.

« Et nous, les Français, il faut faire un effort d'accueil », plaide Agnès b., qui dénonce le « déchaînement de haine que se permettent de lancer les politiciens ». « Il y a des discours qui ont ouvert des portes à la haine », juge-t-elle, citant celui de Nicolas Sarkozy à Grenoble en 2010 sur l'immigration et la sécurité. « Il faut lutter contre cela, on peut vivre ensemble. On vit ensemble depuis toujours », poursuit la styliste.

« Ce n'est pas parce qu'il y a 30.000 migrants (nombre de réfugiés que la France s'est engagée à accueillir jusqu'en 2017, ndlr) alors qu'il y en a un million en Allemagne, qu'on ne va pas continuer à vivre en France notre culture, nos religions comme on veut ». « Moi je suis chrétienne, si j'étais née à Marrakech je serais musulmane, c'est ce que je dis toujours », poursuit-elle.

« Et les autres ? »

Grande collectionneuse d'art contemporain et galeriste, Agnès b. présente 70 de ses quelque 3.000 oeuvres au Musée de l'histoire de l'immigration jusqu'au 8 janvier, dans une exposition baptisée « Vivre !! », qu'elle veut être « un manifeste pour la tolérance ».

Elle a confié le soin à Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d'Arles et commissaire de l'exposition, de sélectionner dans cette collection photos, tableaux et installations.

Parmi ces artistes, venus de tous horizons, de l'Afrique aux Balkans, de grandes signatures comme Henri Cartier-Bresson, Brassaï ou Andy Warhol côtoient des noms moins connus.

L'exposition comprend aussi quelques oeuvres du musée, comme celle de Mona Hatoum, artiste née au Liban de parents palestiniens et installée à Londres, du Congolais Chéri Samba, ou du Français d'origine algérienne Kader Attia.

La collection d'Agnès b. est ici présentée suivant 11 thématiques, dont « la jeunesse », « habiter », « la mort », « la guerre », « l'amour ». Dans la section « qui est-on ? », l'exposition aborde le thème central de l'identité, notamment avec une saisissante installation d'Annette Messager, « Deux clans, deux familles ».

Une oeuvre achetée par Agnès b. il y a une vingtaine d'année, composée de totems en bois surmontés de peluches avec des photos d'enfants grimaçants, chargés de sacs plastique. La styliste y voit des « bag people » (sans-abris, ndlr), mais aussi « la place de la République, la mixité ».

Non loin, un autoportrait de Basquiat de 1983. « Je l'ai acheté quand il n'était pas encore vraiment connu. Il est resté longtemps chez moi sans être encadré, accroché avec deux punaises », raconte-t-elle.

Le thème de la guerre, notamment des Balkans, est évoqué par la question au néon « Who started the war ? », de Damir Radovic, artiste originaire de Sarajevo. La créatrice est marraine du festival du film de cette ville, avec laquelle elle a « un lien très fort ».

Dans la partie « révolte », une photo de Willy Ronis prise lors d'une grève à l'usine Citroën en 1938, mais aussi un petit mot de l'abbé Pierre, qui interroge simplement : « Et les autres ? ».

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