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Agnès b. ouvre un espace d'exposition à Paris pour ses collections éclectiques

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AFP
Publié le
28 janv. 2020
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3 minutes
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Paris, 28 jan 2020 (AFP) - La créatrice de mode Agnès b. investit ce weekend le quartier branché de la BNF à Paris avec sa "fabrique culturelle et solidaire" ou "Fab" qui accueillera sa collection d'art éclectique mêlant nouveaux créateurs et artistes confirmés.


Agnès Troublé à la Fab, le 27 janvier 2020 - Joël Saget/AFP


L'envie est venue à l'infatigable styliste et collectionneuse, aujourd'hui âgée de 78 ans, d'un lieu situé dans un "nouveau Paris jeune et populaire" où exposer plus de 5 000 oeuvres qu'elle a entreposées depuis 1984, en majorité dans sa maison de Louveciennes, en partie à Paris, dans la Galerie du jour aujourd'hui fermée pour faire place à ce nouveau projet.

La Fab, 1 400 mètres carrés, ouvre sur une première exposition, "Hardiesse". Des photos à 50%, mais aussi des dessins, peintures, sculptures, installations, sonores, vidéos et films, au total 250 oeuvres.

La créatrice a jeté son dévolu sur les deux étages inférieurs d'un immeuble moderne de l'architecte Augustin Rosenstiehl près de la Bibliothèque nationale de France/François Mitterrand. Un quartier où des terrains en friche ont été lotis par des architectes audacieux et qui s'est transformé en quartier d'artistes et de galeries.

Au dessus de la Fab, une crèche et des logements sociaux. En dessous, les rails qui relient la gare d'Austerlitz au sud-ouest de la France. Des boîtes à ressorts, à divers angles de l'espace, remplacent les fondations inexistantes. Sur la place Jean-Michel Basquiat, c'est la "guinguette numérique et gourmande" EP7, et à côté, "la Station F", installée dans la Halle Freyssinet, plus grand campus de start-up de France.

"Oser sans être sûr"



Aux côtés de William Massey, responsable de la collection, Agnès b., participe pleinement à l'accrochage et est sa propre commissaire. Elle "réfute l'idée du coup de coeur qui serait éphémère, insolite. Hardiesse signifie pour elle: oser sans être tout à fait sûr. Sa démarche est d'oser et d'être dans le doute", explique-t-il.

Sur deux étages consacrés aux collections (800 mètres carrés), le rez-de-chaussée est plus pop et coloré, tandis que le premier étage est plus sobre. A côté, la "galerie du jour" (190 mètres carrés) a pris ses quartiers, conçue comme "une maison où tout est à vendre : peintures, sculptures, photos, quelques meubles". Et puis une "librairie du jour" complète la Fab : les éditeurs y sont invités à y présenter les ouvrages dans une scénographie originale. A côté de produits dérivés -gourdes, sacs, tee-shirts- à vendre.

Dans ce vaste espace d'un blanc immaculé, des Basquiat, Warhol, Nan Goldin, Pierre Klossowski, Martin Parr, Richard Prince, Gilbert et George, côtoient des photos, peintures ou installations de jeunes artistes "amis". "Je n'ai jamais acheté un Jeff Koons, des oeuvres très très chères. Le premier Basquiat, un autoportrait acquis de son vivant en 1983, je ne l'ai pas acheté cher du tout. J'ai aimé découvrir", confie-t-elle à l'AFP.

"Je ne m'ennuie jamais. Jamais de problèmes de création, je fais ça comme sur un tapis roulant. J'aime bien attraper les idées au vol. Je fais un collage dans ma tête" entre des oeuvres très différentes.

Dans la Fab, elle va "mettre quelques personnages mythiques". Elle cite pêle-mêLe Mandela, Mendès-France, Angela Davis. "Dans un coin il y aura le rock and roll". Un coin pour les photos de matchs de boxe aussi.

Même l'escalier reliant les étages est un clin d'oeil à Agnès b. avec des clous anti-dérapants qui rappellent les boutons du célèbre cardigan-pression qui a fêté l'an dernier ses 40 ans.

La Fab servira à mettre à l'honneur les actions solidaires soutenues par le fonds de dotation qu'elle a créé en 2009 et ceux de la Fondation Tara Océan, qui étudie l'impact des changements climatiques sur les océans.

Aujourd'hui Agnès b., marque de vêtements, d'accessoires et de cosmétiques, est vendue dans près de 300 boutiques. Agnès Troublé a par ailleurs publié "Je crois à l'âme" (Bayard) et un livre d'entretiens "Je chemine avec Agnès b." (Seuil).


Par Jean-Louis DE LA VAISSIERE

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