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8 oct. 2020
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Alain Claudot (ReFashion) : “Face à l’abondance de textiles collectés, les prix s’effondrent”

Publié le
8 oct. 2020

L’organisme Eco-TLC, récemment rebaptisé ReFashion, est financé par 4.200 marques pour prendre en charge la fin de vie des produits d’habillement. Quelque 63 centres trient chaque année 248.000 tonnes de produits, qui seront pour 57,8 % utilisés, et pour 33,5 % transformés en chiffons ou transformés en fils. Une activité qu’est venu challenger le confinement, durant lequel les Français ont massivement trié dans leurs armoires, tandis que les centres de tri tournaient au ralenti. Une situation qui crée aujourd’hui une pression sur les prix, nous explique Alain Claudot, directeur général de ReFashion, pour qui la mode circulaire a toute sa place dans le plan de relance. 


Alain Claudot - ReFashion



FashionNetwork : Comment se porte l’activité de collecte, tri et revente depuis le déconfinement ?

Alain Claudot : L’activité a repris depuis un peu plus de trois mois, concernant la collecte des textiles usagés, avec des niveaux quasi-normaux. Le seul bémol est parfois un manque d’effectif dans certaines entreprises, notamment quand il y a du personnel en insertion. Ce qui implique de ré-embaucher et former. L’activité a également repris dans le commerce de seconde main, de même que les exportations de tissus à recycler : nous avons retrouvé en juillet dernier des niveaux similaires à ceux de juillet 2019. Et nous espérons que cette tendance va se confirmer sur août et septembre. On ne rattrapera pas le retard pris, à l’instar du commerce de première main. Mais ce retour à la normale est déjà appréciable car pas évident. Notamment car il y a un engorgement des matières collectées. 

FNW : Comment se sont déroulés confinement et déconfinement, pour les organismes de collecte ?

AC : Il y a eu trois grands cas de figure. Il y a d’abord une grosse majorité d’organismes qui ont stoppé la collecte pendant le confinement. Les bennes se sont remplies, voire ont débordé par terre. Et quand les opérateurs ont repris, ils ont eu un travail doublé, voire triplé, pour vider ces bornes, qui se remplissaient tout aussi rapidement derrière. Il y a par ailleurs un volume assez important d’autres acteurs de la collecte qui n’ont quasiment pas arrêté. Ces associations ont donc continué à recevoir des vêtements et à les traiter. Et, enfin, il y a des cas intermédiaires, avec des structures qui voulaient continuer mais ont dû arrêter faute de personnel et pour se conformer aux mesures sanitaires. Ces structures ont tourné au ralenti, ont géré les lieux de collecte les plus utilisés. Tout cela fait que l’on s’est retrouvé au mois de juin avec énormément de stock, sans que derrière le tri n'ait pu être effectué.


ReFashion



FNW : Avec un impact sur le prix de ces matériaux ?

AC : Face à l’abondance de textiles collectés, les prix s’effondrent. L’offre de tissus à réutiliser ou recycler dépasse la demande, ce qui crée une tension sur les prix. Ce n’est pas simple à gérer pour la filière. Et quand le prix à la vente en première main est lui-même tendu, le prix à la reprise des matières collectées est logiquement lui aussi réduit. Or on voit que le prix du neuf est tombé tellement bas que le prix de l’occasion doit reculer en conséquence. Tout cela ne va pas dans le sens d’une augmentation de valeur. Ce qui fait que ceux qui peuvent stocker le font, en attendant que les prix remontent. En juin-juillet, le marché à l’export était plus ou moins fermé, selon les destinations. (nombre de pièces réutilisables sont exportées, de même que les tissus destinés à l’effilochage pour recréer des fils, ndlr) Ce qui s’est progressivement débloqué en juin puis juillet, mais donc avec des prix naturellement assez bas. 

FNW : Dans quelles proportions ces prix ont-ils baissé ?

AC : Tout cela est très variable. Les très beaux produits de réutilisation restent rares, et donc très chers. A l’inverse, quand c’est du tout-venant réutilisable de marques moins recherchées, comme des tee-shirts de gros volumes qui valent déjà peu chers neufs, les prix sont facilement divisés par deux en raison des stocks massifs qui nous sont arrivés. Et un produit qui ne peut pas être réutilisé, car il est taché ou abîmé, cela ne vaut de toute manière rien. Il nécessite même des dépenses pour être traité, transformé en nouvelle matière ou en énergie. 

FNW : Face à ces tris occasionnés par le confinement, avez-vous constaté un changement dans la nature des pièces données ?

AC : Non, je pense que c’est identique. Sur le premier semestre, le découpage des pièces collectées affiche des proportions similaires à ce que l’on connait d’habitude.


FNW : Quel impact laissera cette période sur la conscience “circulaire” des consommateurs, selon vous ?

AC : Je ne sais pas si la période a eu des vertus pédagogiques sur les consommateurs. On a bien vu que les ventes sur Internet ont explosé durant cette période. Et pas uniquement dans le secteur de l’habillement. Les pure-players ont très bien fonctionné, que ce soit sur la première et seconde main.


FNW : Etes-vous inquiet, comme certains organismes de collecte, de voir des pure-players capter une part croissante des produits réutilisables ?

AC : Nous n’avons pas d’inquiétude particulière. Notre finalité est que 100 % des produits dont les gens n’ont plus besoin soient récupérés et traités. Il y a forcément une part de réutilisables qui est facile à exploiter, et une part d’inutilisables qui ne l’est pas. Que la masse du réutilisable progresse, c’est une très bonne chose. Par contre, cela n’apporte pas de réponse sur la façon dont on peut utiliser ces produits réutilisables non pas via la seconde main mais via le recyclage.

FNW : Estimez-vous que le plan de relance industriel prend suffisamment la circularité des chaînes de production ?

AC  : Ce qui nous paraît important, c’est que l’on investisse dans l’industrie de recyclage. Nous avons un ministère de l’Économie et de l’Industrie qui est à la barre, et un appel à projet qui vient d’être lancé par les services de l’Ademe. Avec une enveloppe de 20 millions d’euros pour tout projet qui participera au recyclage du textile et au développement de l’éco-conception des produits. Donc nous estimons que le plan de relance inclut des choses intéressantes. Y compris le fait que la transition énergétique devrait se faire par une meilleure isolation des bâtiments. Ce qui est un débouché pour les feutres, qui ont d’importantes vertus d’isolation thermique et acoustique. Ces marchés-là ne vont donc pas faiblir, bien au contraire, et il faut s’organiser pour permettre à ces marchés d’accueillir des éco-matériaux, dont ceux issus des tissus usagés, qui sont parfaitement adaptés à cela.


ReFashion



FNW : Vous lancez une nouvelle campagne de sensibilisation. Au-delà des clients, les marques de mode ont-elles beaucoup évolué sur le terrain de la circularité ?
    
AC : Les marques se rendent bien compte que leur modèle est remis en cause. Indépendamment du Covid-19, nombre de marques ont piqué du nez, car elles n’allaient déjà pas bien avant la crise. Cette année n’a fait qu’accentuer ou accélérer des difficultés déjà existantes. Et on voit bien que les engagements en termes de RSE et de qualité environnementale des produits deviennent de plus en plus écoresponsables. Par ailleurs, la loi sur l’économie circulaire encadre désormais tout cela de façon très directe. Les prises de conscience sont là. De même qu’un certain nombre de passages à l’acte, avec une multiplication d’initiatives de petits et grands acteurs. Quand Okaidi met un tee-shirt intégrant 60 % de TLC usagés, c’est une bonne chose. Quand La Redoute annonce que toutes ses marques seront responsables en 2025, c’est un engagement important. Quand Go for Good met en avant des actions de mode responsables aux Galeries Lafayette, c’est parlant...Tout cela matérialise le fait que les marques agissent. Mais aussi qu’il y a une sensibilité du consommateur qui est de plus en plus grande. Y compris sur l’origine des produits, avec des marques surfant avec succès sur le made in France. Montrant qu’il est possible de produire un certain nombre de choses en local. 

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