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20 avr. 2005
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Alain Duménil, l'homme d'affaires qui construit un groupe de luxe "intermédiaire"

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20 avr. 2005

Alain Duménil
Alain Duménil, Pdg d'Alliance Designers (Scherrer, Francesco Smalto, Stéphane Kelian, etc), bâtit depuis quatre ans un groupe de luxe dans le but non pas de concurrencer les géants du secteur mais d'en faire un groupe de taille "intermédiaire". Deux mois après le rachat de Féraud à un groupe allemand, M. Duménil a été désigné lundi repreneur du joailler parisien Poiray, en dépôt de bilan depuis juin 2004, par le tribunal de commerce de Paris. "L'état du marché français du luxe, ce sont trois géants qui vont bien comme LVMH, PPR ou Hermès et de l'autre des petites sociétés", explique dans un entretien à l'AFP M. Duménil, également président de la société foncière Acanthe Développement.
"Dans le luxe, il y a des très grands et des tout petits. Il n'y a pas de groupes de taille intermédiaire, comme dans les autres industries", souligne-t-il. "L'idée avec Alliance Designers est de réunir des petites sociétés chargées d'histoire, qui ont connu des problèmes et de leur assurer un avenir", assure M. Duménil. "Je ne veux pas concurrencer les très grands, au contraire. Je me démarque d'eux sinon, je vais droit dans le mur. Il faut trouver d'autres créneaux. Pour moi, ce sont les licences -- je n'ai pas les moyens d'ouvrir des boutiques partout dans le monde --, ainsi qu'une création et un positionnement différents", affirme-t-il. Ancien banquier reconverti dans l'immobilier, candidat malheureux à la reprise d'Air Littoral en 2004, la mode n'était vraiment pas le métier d'Alain Duménil, 55 ans. Il s'est lancé il y a quatre ans "par opportunisme" en rachetant la griffe masculine Francesco Smalto. "Acheter un immeuble est un acte financier, la mode est un plaisir quotidien", assure le Pdg. Le groupe AD compte environ 500 salariés et a réalisé en 2004 un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros. Côté mode, il cherche une solution intermédiaire: "dire qu'il y a d'un côté Dior et de l'autre Zara pour s'habiller n'est pas juste. Il peut y avoir un moyen terme, qui correspond à la réalité du marché", poursuit-il.
Groupe Alliance Designers
Sa stratégie est l'attaque d'un marché où il y a moins de concurrence, celui de la femme de 40-50 ans, délaissé par les grands groupes comme Dior, qui vise les jeunes". Contre les diktats actuels et l'uniformisation, il oppose la "vraie femme élégante qui crée son propre style. Vous pouvez être distinguée et ne pas être une fashion victim". L'une de ses pièces maîtresses est Jean-Louis Scherrer, "un très beau nom haute couture", mais c'est surtout avec Féraud, qu'AD vient de racheter et pour lequel il va engager un créateur, qu'il veut conquérir ce marché. Le marché américain l'intéresse mais le japonais reste son préféré: "le Japon dépense autant en luxe que les Etats-Unis avec moins d'habitants". Si Scherrer et Smalto sont les deux fleurons actuels d'AD, le groupe compte aussi des griffes en sommeil comme Jacques Fath et Emmanuelle Khanh: officiellement, ces griffes ne sont pas en vente, mais si des acheteurs se présentent, il "étudiera leur offre". Un de ses objectifs est l'entrée en bourse d'Alliance Designers, à l'instar d'Acanthe Développement, mais "quand le périmètre sera achevé". Lundi, Poiray est tombé dans l'escarcelle d'AD, car il s'agit d'une "marque complémentaire" des autres. On lui a prêté l'intention de racheter Carven, Mugler ou Pierre Cardin, autant de dossiers qu'il a étudiés avant de les refermer. Par Dominique AGEORGES A lire : Le joailler Poiray repris par le groupe de luxe d'Alain Duménil

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