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16 oct. 2015
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Alberto Scaccioni (Ente Moda Italia) : "Le ralentissement de la Chine donne aux marques une chance de percer"

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16 oct. 2015

Alors que le salon de l'habillement Chic à Shanghai tient sa première édition d'automne, l'offre italienne y affiche un visage inédit. Le nouvel espace « La Moda Italiana », développé par l'organisme Ente Moda Italia (EMI) et l'Institut du commerce extérieur (ICE) y regroupe 46 sociétés issues des fédérations de l'habillement et de la chaussure. Une étape aussi importante que l'enjeu auquel elle entend répondre, pour le président de l'EMI, Alberto Scaccioni.

Alberto Scaccioni - FashionMag/Matthieu Guinebault


FashionMag : Qu'est-ce qui a motivé ce changement de stratégie visant la Chine ?

Alberto Scaccioni : L'Italie est un trop petit pays. Nous devons donc joindre nos forces pour venir sur un marché aussi important que la Chine. Le concept de multimarque demeure assez nouveau sur ce marché. Mais le choc financier de l'été, et le ralentissement de la hausse du PIB donne aux marques une chance supplémentaire de percer ici. Les clients ne recherchent plus seulement des marques mondialement célèbres et très haut de gamme. Ils sont désormais aussi dans le besoin d'une mode sophistiquée, de qualité, mais aussi accessible en termes de prix. Les marques ont donc une chance, spécialement dans un contexte comme celui-ci. Notamment parce que là où des sociétés se revendiquent du Made in Italy mais sous-traitent ailleurs, celles qui nous ont suivi à Shanghai sont honnêtes dans leur démarche.

FM : Comment avez-vous accueilli le déménagement du Chic de Pékin à Shanghai ?

AS : Changer de ville était une très bonne idée. Dans ce pays, rien ne se fait sans qu'il y ai une stratégie bien établie derrière. Quand nous avons vu ce changement de lieu arriver, nous avons donc vite compris que c'était un choix délibéré du gouvernement de placer ses pions à Shanghai. C'est un signal très important pour nous. Et c'est une des raisons pour laquelle nous n'avions jamais exposé de la sorte lorsque Chic était à Pékin. Et après l'édition de mars dernier, l'EMI et l'ITA ont décidé de reprendre en main l'organisation de la présence italienne. Ce qui a donné l'espace que nous avons présenté pour ce premier Chic à se tenir en automne. Et nous souhaitons doubler le nombre de marques présentées sur le Chic en mars prochain.

FM : Que retirez-vous pour l'heure de cette première édition d'automne ?

AS : Il y a moins de clients sur cette édition du Chic que nous avons pu en voir durant l'édition de mars. Mais je dois dire que, aux Etats-Unis, en Corée du Sud, au Japon comme en Europe, les éditions d'automne sont toujours les plus faibles, avec moins de produits présentés sur les stands. Donc oui, cette édition est plus faible. Mais il était avant tout important pour moi que le Chic arrive à s'adapter au calendrier international. Avoir la chance de venir deux fois par an, pour une marque, et de se faire remarquer de saison en saison par les acheteurs, c'est une chance supplémentaire de percer sur le marché chinois. En attendant de pouvoir vendre sur le marché chinois, il faut savoir y dégager une bonne image. C'est la base. Et les marques doivent aussi améliorer leur offre de saison en saison, jusqu'à trouver un écho auprès de la demande chinoise.

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