×
Publicités
Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
3 mars 2020
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Alexander McQueen : Calypso au Carreau du Temple

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
3 mars 2020

L’une des traductions mode les plus justes de l'image d'une femme forte et conquérante, c’est le revival des vêtements inspirés de la noblesse d'antan. C’était le cas pour la collection inventive et profondément originale présentée par la maison Alexander McQueen ce lundi soir, l’avant-dernier jour de la saison internationale des podiums pour le prêt-à-porter féminin.


Alexander McQueen - Automne-Hiver 2020 - Prêt-à-porter féminin - Paris - Photo: FashionNetwork / Godfrey Deeny

 
Il y avait quelque chose de solennel et d’assez grandiose dans ces vêtements présentés au Carreau du Temple, une halle de marché en fer forgé du milieu du XIXème siècle dans le nord du Marais réaménagée avec un gigantesque plancher en frêne, idéal pour défiler. Et défiler, c’est ce que les tops ont fait, agissant comme des femmes pressées, en chemin pour des rendez-vous importants.

La créatrice d’Alexander McQueen, Sarah Burton, se débrouille toujours pour maintenir le cap, et tout particulièrement avec cette collection automne-hiver 2020/21, dont l’ensemble était évocateur d’événements stylés, d'inaugurations en grande pompe, de concerts majeurs et d'avant-premières de films. Car c’étaient là des vêtements pour les grandes occasions.

Un démarrage cérémonieux et seigneurial. Une veste de tambourineur à doubles revers transformée en manteau d’officier, une autre à maxi carreaux et rayures rehaussée d'épaulettes, avant une robe de guerrière à une seule épaule d’amazone. Et puis quelques manteaux accrocheurs dans le tissu de la saison – croyez-le si vous voulez : des carreaux Prince de Galles, mais scindés avec génie par de grosses bandes noires en diagonale.

Il y avait aussi la Belle Marianne (Lady Marian Fitzwalter de Leaford, ndlr) en robe tunique blanche virginale, avec une traîne, mais agrémentée avec une perversité délicieuse d’un harnais et d’un dos ouvert. De fait, les tissus ajoutaient quelques kilos superflus à trop de looks, mais aussi un côté voluptueux très actuel. Un glamour plutôt vorace, en vérité.

Et ce jusqu’au final – un genre de Marie Stuart, reine d’Écosse, croisée avec l'artiste performer Leigh Bowery, comme si le Ministry of Sound (célèbre boîte de nuit londonienne, ndlr) s’emparait du stylisme d’un mariage royal. Et une création argentée stupéfiante pour les cocktails, composée de multiples éclats de cristal, et portée par la superbe top noire Adut Akech – Calypso, qui parvint à retenir Ulysse prisonnier quelques années, émergeant des profondeurs de la mer Égée en plein Carreau du Temple.

Chaque mannequin arborait une chevelure d’un rouge cuivré farouche, plaquée à la cire, la coiffure la plus élégante et la plus libératrice de la saison. Impressionnant, à l’issue de plus de 350 défilés.


Alexander McQueen -Automne-Hiver 2020 - Prêt-à-porter féminin - Paris - Photo: FashionNetwork.com / Godfrey Deeny


Presque tout était complété par de grosses rangers. D’un autre côté, la moitié des femmes présentes au défilé étaient déjà chaussées de gros godillots, à part les employées américaines et françaises de chez Vogue. De vrais jusqu’au-boutistes du talon haut. On se rappelle du verdict de Talleyrand à propos des Bourbons.

En résumé, c’était une collection vraiment unique, de la part de l’une des dix créateurs et créatrices les plus inventifs de la planète mode. Peut-être pas un grand millésime, plutôt un cran en dessous de ce qu’elle sait faire de mieux, mais Sarah Burton laisse quand même la plupart de ses rivaux à la traîne. Voir même au fond des douves. 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com