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11 mars 2020
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Alexandre Blanc, l’étoffe d’un couturier

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11 mars 2020

Alexandre Blanc, un nom à retenir. Après quinze ans passés à œuvrer dans les coulisses des grandes maisons, le designer français se révèle au grand jour avec sa propre marque. Depuis sa première collection de prêt-à-porter, présentée en février 2019, il a rapidement gagné l’estime du milieu en proposant une garde-robe féminine raffinée, où il revisite avec subtilité une certaine élégance à la française avec des vêtements de grande qualité en termes de coupes, détails et matières.


Alexandre Blanc, automne-hiver 2020-21 - DR

 
"J’avais ce projet en moi depuis longtemps", confie le designer âgé de 37 ans et originaire de Toulouse, qui a attendu le bon moment pour se lancer après une longue expérience auprès de nombreuses marques.

Formé à l’école d’arts appliqués Duperré et à l’Institut français de la mode, il débute à 25 ans chez Yves Saint Laurent, sous l’égide de Stefano Pilati, où pendant un an il travaille sur les drapés. Il passe chez Balenciaga, qu’il quitte peu après pour rejoindre Guillaume Henry chez Carven, devenant son bras droit de 2009 à 2012. Il part ensuite à l’étranger, travaillant en freelance, notamment pour Jil Sander Navy, puis Oscar de la Renta. Une fois rentré à Paris, il démarre en solo.

Sélectionné cette saison au sein du showroom Sphere, opéré par la Fédération de la haute couture et de la mode, Alexandre Blanc y a dévoilé sa troisième collection. Une garde-robe chic, qui reste très portable et désirable, composée de robes et vestes en laine froide ou en soie, de pantalons à pinces, d'une jupe boule, de corsages et de superbes mailles réalisées en France.
 
Le designer recentre son propos "sur une silhouette parisienne bien élevée, qui ne veut pas en montrer trop", tout en dévoilant sa personnalité à travers des détails. "L’idée, c’est de rendre une silhouette classique et connue, différente, plus abstraite". Avec son petit côté rétro, tout en étant complètement moderne, le concept devrait séduire plus d'une cliente. "Ce n’est pas une vraie bourgeoise. C’est plutôt une bourgeoise sexy et artiste, bohème", résume le couturier.
 
Un galon en dentelle s’entrevoit ainsi dans la fente invisible d’une jupe. Les blouses portefeuille en crêpe de chine se nouent par des rubans internes. Un petit gilet torsadé dynamise une tenue plus sage. La robe chemise en soie terre de sienne glisse sur le corps. Le top déshabillé à col dentelle ou la combinaison en biais évoquent la lingerie, mais sont travaillés pour être portés à l’extérieur. La jupe à plis creux permet tout un jeu d’inserts de galons. Les décolletés sont extrêmement échancrés. Un ourlet double thermocollant donne quant à lui du poids et de l’aplomb à une robe à bords francs, avec le juste tombé.
 
Les prix sont en phase avec la qualité du produit, mais sans excès. Ils vont de 900 euros pour une jupe imprimée à 1 900 pour les manteaux, tandis que les robes vont de 750 à 1 600 euros. La collection est assortie d’accessoires bijoux réalisés avec Goossens, historique orfèvre, qui a rejoint en 2005 les Métiers d’art de Chanel. Des broches, une paire de boucles d’oreille, mais aussi des boutons, des ceintures et des boutons de manchette.
 

Alexandre Blanc, automne-hiver 2020/21 - DR


"Je travaille beaucoup sur Stockman en drapant, en expérimentant des volumes basculés, des pinces ouvertes ou inversées", explique le créateur, qui dessine lui-même ses imprimés, réalisés ensuite dans une entreprise de Côme, non loin de Milan. "Je fais mes gouaches, c’est ce que je préfère. Ce peut-être le début du processus. Parfois, c’est un flash, une attitude, une émotion, à partir desquels je fais la gamme colorée".
 
L’idée est de créer déjà le mouvement à travers le dessin, qui s’imprimera dans les drapés. Pour l’automne-hiver 2020/21, le designer s’est inspiré des intérieurs de Pompéi reprenant les teintes rouge, ocre et bleu des fresques de la célèbre cité antique. Il a également reconstitué l’imprimé porté dans le portrait de femme Le corsage rayé, peint par Edouard Vuillard en 1895.
 
Grâce à son travail de consultant auprès d’une griffe de prêt-à-porter premium, Alexandre Blanc parvient à financer son projet. Mais comme il le confie, "aujourd’hui, il faut beaucoup plus d’argent qu’avant. Surtout si l’on veut de la qualité. Je produis tout en Italie, chez Cieffe, et la maille en France. Mais il faut un minimum de commandes pour obtenir des prix raisonnables. Cela demande des épaules solides". Les tissus aussi sont italiens.
 
Dès le départ, sa démarche a été de travailler en petites quantités pour utiliser tous ses stocks, tout en assurant une continuité d’une saison à l’autre. Aujourd’hui, il commence à vendre sur le marché américain. Il est également distribué au Japon, Moscou et à Paris, comptant parmi ses clients quelques boutiques ultra-sélectives ainsi que l’e-shop de luxe Moda Operandi. La tête sur les épaules, il avance pas à pas, en gardant le cap.
 
 

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