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AFP-Relaxnews
Publié le
2 déc. 2021
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Alphadi (FIMA): "L'Afrique a un savoir-faire incroyable, c'est le continent de l'avenir"

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AFP-Relaxnews
Publié le
2 déc. 2021

Le Festival international de la mode en Afrique (FIMA), qui se tient du 1er au 5 décembre à Niamey au Niger, met en lumière la jeune création africaine, tout comme la pluralité des savoir-faire textiles du continent, à travers des concours, défilés, et autres expositions. Le créateur de mode Alphadi, fondateur du FIMA, nous parle de l'importance de cet événement, mais aussi de son combat pour faire rayonner la création et l'art africains dans le monde. 


Le styliste nigérien Alphadi,de son vrai nom Seidnaly Sidhamed. DR


Pourquoi avoir choisi le thème 'La mode, dynamique de paix vers l'intégration touristique et culturelle de l'Afrique' pour cette 13e édition?

Alphadi : Ce thème a été choisi parce que nous avons eu la chance, cette année, d'avoir un ministre chargé à la fois de la culture, du tourisme et de l'artisanat. Donc un thème qui intègre, qui initie, qui donne une chance à notre continent de pouvoir vendre le tourisme, vendre la culture, et vendre l'art. Auparavant ces ministères étaient indépendants les uns des autres, et cela fragilisait cette grande industrie. Ce thème est aussi en faveur de la paix, tout simplement parce que je suis ambassadeur et artiste pour la paix de l'Unesco. Sans paix, il n'y a pas de développement. L'image de la paix est tellement importante pour notre continent. Il est indispensable de montrer que l'Afrique est aujourd'hui un continent de paix. Plus spécifiquement, le Niger est un pays qui réussit, qui est émergent. Nous avons un nouveau Président qui amène une nouvelle synergie dans le domaine de la création et dans le domaine de l'éducation. C'est pour cela que ce thème m'influence. Et la mode, dans ce créneau, peut apporter énormément, et contribuer à lutter contre la pauvreté. La paix est une dynamique qui doit absolument exister sur notre continent. Il ne faut pas oublier que l'Afrique vit elle aussi de tourisme, de culture et d'art.

Quels vont être les temps forts de ce FIMA?

Alphadi : Le cœur du FIMA, c'est la jeunesse. La jeunesse, encore la jeunesse, toujours la jeunesse. C'est l'avenir. Nous sommes en train de préparer le plus beau des concours de jeunes stylistes. Nous avions 240 jeunes stylistes, et en avons choisi dix venus du Rwanda, du Sénégal, ou de Côte d'Ivoire, entre autres. Il y aura aussi le concours de top-modèles, parce que nous avons toujours voulu mettre l'accent sur les quotas. En Europe, pour 50 mannequins blanches, il y a toujours deux ou trois mannequins noires. Nous, nous voulons montrer cette dimension de la mode africaine. Il nous faut nos mannequins. C'est pour cela que les mannequins africains qui vont être élus seront les mannequins à suivre, les talents de demain. Mais le FIMA c'est aussi le panafricanisme, parce que nous avons quand même vingt-quatre pays. Quinze seront présents pour défiler, pour montrer que l'Afrique a du talent. L'Afrique est une image aujourd'hui, ce n'est pas que le wax ou le pagne kandy - qui n'est même pas africain d'ailleurs. Moi je parle des projets de l'Afrique dans sa diversité, dans ses broderies, dans ses perlages, dans ses textures… C'est une Afrique qui bouge et sa jeunesse mérite d'être connue et reconnue. On a un continent d'avenir, donc il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui, nous n'ayons pas une chance de visibilité sur notre continent. La jeunesse, le temps et la paix sont les thèmes forts de cette édition.

On découvre de plus en plus de créateurs africains sur la scène internationale, comme Thebe Magugu et Kenneth Ize, mais le continent demeure insuffisamment représenté. Comment l'expliquez-vous?

Alphadi : Le continent demeure mal représenté parce qu'il n'y a pas de financiers qui accompagnent les créateurs africains. L'Afrique a besoin de mécènes. Aujourd'hui, l'Afrique a sa 'middle class', l'Afrique achète, et l'Afrique compte tout de même près de 1,4 milliard d'habitants… Ce n'est pas rien. Mais le continent a besoin de compréhension, de promotion, et surtout d'avoir des hommes et des femmes qui croient à la mode, qui veulent s'habiller africain, et qui souhaitent investir. Quand on ne met pas d'argent dans la création, on n'est pas considéré. D'où l'intérêt, réellement, d'avoir de bons mécènes africains. Cette année, des mécènes vont venir au FIMA, comme Samba Bathily qui investit beaucoup dans la mode africaine, dans la musique et le cinéma. Donc il n'y a pas de raison que les grands financiers africains n'y croient pas. Il faut qu'ils y croient et qu'ils essayent de donner une chance à la mode africaine, c'est très important.

Dans la mode, l'Afrique est souvent associée à tort au wax alors que le continent regorge de matières, de tissus, et de savoir-faire locaux. Pouvez-vous nous parler de ceux qui gagnent à être connus?

Alphadi : Le wax, tout comme le bazin, ne sont pas africains. Il est grand temps que l'Afrique se prenne en charge pour utiliser ses tissages, ses bogolans, ses kitas, ses faso dan fani, son raphia… Utiliser ce que nous avons de plus beau. Et c'est ce que je m'emploie à faire. Les couleurs de l'Afrique sont le blanc, le bleu, le noir, le bleu ciel, le marron… Cela n'a jamais été ni le multicolore ni le wax. Il est très important de mettre à l'honneur les véritables savoir-faire de l'Afrique, mais il faut des moyens pour le faire.

Le FIMA vise à promouvoir de jeunes talents sur la scène mode. Quels sont les créateurs que l'on verra défiler demain à Paris, New York, Milan et Londres?

Alphadi : Les créateurs et mannequins qui remporteront les concours organisés durant le FIMA sont ces talents qui émergeront sur la scène mondiale. Ils ont fait un travail exceptionnel, de la magie. Techniquement, ils sont très forts. Ils ont étudié dans des grandes écoles européennes ou africaines. Ils ont une chance de pouvoir travailler dans les matières premières africaines. Et ils ont une image qui dit 'Nous, nous sommes africains, nous voulons montrer le talent du continent africain'. Le FIMA est là pour promouvoir cette jeunesse que vous allez voir très bientôt sur les grands podiums à Milan, Londres, New York, Paris, Abidjan et Dakar. Il n'est pas uniquement question de New York et Paris, mais aussi d'Abidjan, de Dakar, de Niamey, de Casablanca, ou encore d'Alger. C'est d'une importance capitale pour moi de mettre l'Afrique en valeur et de montrer que notre continent a fait et continue à faire. L'Afrique a un savoir-faire incroyable et cette jeunesse est là pour le prouver. L'Afrique est le continent de l'avenir.

En quoi cette jeune génération se démarque-t-elle de ses aînés?

Alphadi : Elle se distingue par la qualité de son travail, par son professionnalisme. Contrairement à leurs aînés, qui ont appris sur le tas, les jeunes créateurs ont étudié la technique de la coupe, le tracé et la construction d'un vêtement, et ils ont également grandi avec internet et maîtrisent les nouvelles technologies. Je pense réellement que ces jeunes talents sont des diamants bruts qu'il faut simplement façonner. La jeunesse africaine est en train d'évoluer. L'image de ce que l'Afrique a aujourd'hui est très importante. Cette jeunesse, c'est notre avenir à nous tous. Ils sont différents et ils sont en train de réussir le combat, et nous, nous sommes là pour les épauler, les aider. Je suis en train de construire la première Ecole supérieure de la Mode et des Arts sur le continent africain pour les former davantage, et leur permettre d'aller encore plus loin.

L'industrie de la mode cherche aujourd'hui des solutions pour réduire son impact environnemental, dont l'Afrique souffre particulièrement. Est-ce une caractéristique que cette nouvelle génération de créateurs prend en compte?

Alphadi : Ils sont effectivement soucieux de l'écoresponsabilité. Ils sont responsables et ils sont conscients du changement climatique. Ils sont conscients notamment des problématiques autour du coton africain, qui n'est ni travaillé ni exploité à 100% sur le continent. Et cette jeunesse a également envie de montrer que l'industrie de la mode doit créer de l'emploi, lutter contre la pauvreté, investir dans les énergies renouvelables. Elle doit faire des choses incroyables, en dehors mais aussi sur le continent. Les créateurs africains peuvent travailler et vendre en Europe ou aux Etats-Unis, mais ils doivent aussi évoluer et s'accomplir en Afrique. C'est pour cela que les mécènes sont indispensables, et qu'il est nécessaire d'encourager chaque initiative que ce soit en mode, en bagagerie ou en cosmétique, pour faire rayonner la beauté et le luxe africains sur la scène mondiale. C'est très important.

En dehors du FIMA, quels sont vos prochains projets pour faire rayonner la création africaine à l'international? 

Alphadi : Ma priorité est aujourd'hui l'éducation. Je porte le FIMA depuis près de 25 ans, mais l'école que je suis en train de créer est un projet qui me tient à cœur, et que je n'abandonnerai jamais. A mon sens, l'éducation, dans le domaine de la création, de la mode et des arts, est très importante. Je suis aussi en train de lancer le premier 'café Alphadi' pour mettre à l'honneur l'agriculture, le café, le chocolat, et le thé du continent africain. Quand on a une marque, on peut tout faire, et c'est pour ça que l'Afrique a besoin d'avoir beaucoup de marques comme Alphadi. Je me bats matin, midi, et soir pour éduquer cette jeunesse dans le domaine du stylisme, du marketing, de la mode, de la bijouterie, du dessin industriel… C'est très important pour moi. 


(ETX Daily Up)
 

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