Amiri et Ambush, deux nouveaux noms à suivre de près

Ambush et Amiri, deux noms aux sonorités exotiques. La première marque vient du continent américain, la seconde d'Asie. Toutes deux, parcourues chacune à leur manière par une influence musicale, ont fait des débuts remarqués à la Fashion Week masculine de Paris, avec des présentations recherchées, pour dévoiler leur collection pour l’automne-hiver 2018-19.


Amiance dark chez Amiri - FashionNetwork.com ph DM

Des tapis persans, de grands bouquets de fleurs blanches et des centaines de bougies servent de décor au défilé à l’atmosphère dark mis en scène par Mike Amiri. Sur les murs ondule l’ombre du bassiste du groupe Goth Babe, originaire de Nashville, qui joue en direct sur la scène. Chaussés de santiags ornées de chaînes ou de sneakers cloutées, les mannequins jouent les rockers maudits, dans leur pantalon en cuir ultra-moulant ou dans un jean déchiré brodé d’un serpent, endossant des sweaters et autres pull-overs lâches à grosses rayures ou des blousons biker, dont un modèle en python vert.

La collection est à la fois très rock et glamour, chaque pièce étant ennoblie par des détails étincelants. Le pardessus en cuir à motif léopard a des reflets dorés, un blouson de motard est frangé de métal dans le dos et aux épaules, des fils argentés recouvrent les revers d’une veste en smoking rouge, des jeans cendrés sont parsemés de poussières pailletées. Quant aux filles, elles portent écharpe et cuissardes scintillantes couleur d’argent.

Inspiré du film The Lost Boys, de Joel Schumacher, la collection présente une série de t-shirts avec le portrait de l’acteur Kiefer Sutherland en vampire. Après des études de droit, Mike Amiri (41 ans) a bifurqué dans la mode en commençant à créer des jeans. Il a travaillé par la suite pour des groupes de musique, pour lesquels il a créé des tenues de scène spéciales jusqu’à lancer en 2014 sa propre ligne, Amiri.


Le look rock d'Amiri - FashionNetwork.com ph DM

Avec son esprit très californien, le label haut de gamme séduit d’emblée de nombreux acheteurs, dénombrant aujourd’hui 150 revendeurs, dont les grands magasins américains où il côtoie Givenchy, Balmain et autre Saint Laurent, tandis qu’à Paris, il est vendu chez Montaigne Market et l’Espionne.

« Nous avons débuté très petit, puis on a grandi avec prudence. Ce que les gens apprécient, c’est que chaque pièce a une âme, parfois avec des petites imperfections car les vêtements sont fabriqués à Los Angeles, sauf la maroquinerie et les chaussures, qui sont réalisées en Italie. Les Etats-Unis représentent 40 % de nos ventes totales », nous explique le créateur, qui connaît un succès grandissant.

C’est sur un tout autre registre que travaille Ambush, la marque japonaise en pleine ascension, finaliste du prix LVMH 2017, avec une collection unisexe streetwear inspirée des sous-cultures et du monde musical, entre hip-hop, punk et reggae. La maison est née avec les bijoux en 2008 de la rencontre entre le DJ, musicien et producteur influent japonais Verbal (43 ans) et la créatrice coréenne Yoon Ahn (40 ans), qui a grandi à Seattle, aux Etats-Unis.


Les bijoux d'Ambush - FashionNetwork.com ph DM

Pour peaufiner les tenues de scène de Verbal, la designer imagine des bijoux imposants, en or et argent, qui séduisent tout autant la scène hip-hop américaine que les Tokyoïtes avides de nouveautés. Les succès s’enchaînent et le duo lance en 2016 l’habillement.

« C’est une marque très organique, qui a évolué avec nous. On a commencé par jeu en faisant des pièces pour les amis et puis nous avons grandi très vite. Tout est fabriqué au Japon. Le fait que l’on soit de Tokyo explique aussi notre succès, car nous sommes vus comme une marque très cool », raconte Verbal lors de la présentation parisienne, avec des mannequins aux mines tristes, perdus dans les brumes d’un sous-sol.

La « coolitude » à la Ambush - FashionNetwork.com ph DM

Le vestiaire d’Ambush est fait de superpositions (chemises, longues tuniques), de vestes déstructurées, d’ensembles pyjamas mêlés aux codes du streetwear avec joggings et sweaters. La collection fait la part belle aux imperméables et chapeaux de pluie cette saison, réminiscence des hivers pluvieux de l’enfance de Yoon Ahn à Seattle. A l’arrivée se dégage une dégaine cool et jeune pour millennials cosmopolites.

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