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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
4 oct. 2021
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2 minutes
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Ann Demeulemeester est de retour, ou presque

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
4 oct. 2021

Ann Demeulemeester a fait son retour à Paris ce dimanche pour assister à la renaissance de sa maison de mode, même si elle n’était pas en coulisses mais dans le public. Elle était confortablement installée aux côtés du nouveau propriétaire de la griffe, l’entrepreneur de la mode Claudio Antonioli.   


Ann Demeulemeester



La collection, comme lors des dernières saisons, a été imaginée par une équipe artistique en interne. Personne n’est venu saluer, et c’était sans doute aussi bien.

Le défilé intervient deux semaines après la rénovation astucieuse du célèbre magasin phare de la griffe à Anvers, sa ville natale, agencée par Ann et son mari. Compte-tenu des moyens considérables dont dispose Claudio Antonioli, qui a engrangé plusieurs centaines de millions d’euros en vendant New Guards, ce défilé était très attendu.

Et le résultat est une collection printemps/été 2022 tout à fait acceptable sous l’étiquette Ann Demeulemeester. Seul problème selon moi: la magie n’est pas là. Aucune muse ne semble avoir inspiré cette collection, à l’exception peut-être de Lady Commerciale.

Laquelle était omniprésente dans les collections milanaises ou parisiennes, alors que les maisons doivent encaisser une très mauvaise année, et se concentrer sur une mode prévisible pour faire revenir les anciens clients dans les magasins, ou le plus souvent, sur Internet.


Ann Demeulemeester - Printemps- été 2022 - - FNW



De fait, la collection ressemblait à un simulacre d’Ann Demeulemeester, créatrice célèbre pour son style poétique, son attitude rock n’roll et ses défilés chargés d’une émotion authentique.

Il n’empêche que cette collection offre quantité de pièces tout à fait mettables. Et comprend beaucoup d’éléments signatures d’Ann – cordons multiples, œillets placés à des endroits improbables, ceintures qui traînent et expressions décalées inscrites sur des tee-shirts. Ou même dessinées sur les pommettes de quelques tops pour cette saison.

Ann a toujours aimé les chapeaux de caractère, et presque tous les mannequins en portaient – hauts de forme de planteur ou melons de playboy des colonies, aux minces rebords garnis de satin.

La nouvelle équipe a également actualisé la silhouette Ann, préférant une version large et généreuse – avec veste oversized et pantalon bouffant à larges revers – pour les hommes comme pour les femmes, à l’occasion de ce défilé mixte. D’ailleurs, les coupes étaient enveloppantes et flatteuses, des vestes croisées à revers infinis aux manteaux de style édouardien portés avec des fourreaux en maille étirée, ou encore ces super manteaux de rockeur en cuir mat.

En résumé, une collection parfaitement respectable à laquelle il manquait néanmoins la majesté pointue des collections historiques d’Ann, et qui ressemblait donc davantage à du Demeulemeester bis qu’à une véritable renaissance.



 

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