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Apprentissage : la filière veut garder son indépendance face aux autres industries

Publié le
today 29 oct. 2018
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Organisme Paritaire Collecteur agréé (Opca) dédié au financement des formations pour la filière textile, mode et cuir, Opcalia disparaîtra au 31 décembre. Les Opca seront remplacés par des opérateurs de compétences (Opco) moins nombreux et regroupant différentes industries, poussant les professionnels de la filière à appeler aujourd'hui au maintien de leur « identité commune ».


CTC


« Les partenaires sociaux des branches Chaussure, Couture, Cuir & peaux, Entretien textile, Habillement, Maroquinerie et Textile confirment unanimement leur attachement au maintien d’une identité commune Textiles-Mode-Cuirs qui forme un "ensemble cohérent de branches" », indique une lettre ouverte. « En l’état des informations connues à ce jour, de la configuration actuelle de l’Opca Opcalia, et sans préjudice des changements pouvant intervenir d’ici au 31/12/2018 au titre de la transformation des Opca en Opco, les partenaires sociaux sont, pour l’instant, attachés au bloc constitué par les branches actuelles constituant la Section Paritaire Professionnelle Textiles-Mode-Cuirs au sein d’Opcalia. »

La lettre est signée par les fédérations françaises de la haute couture et de la mode (FHCM), de la chaussure (FFC), de la tannerie-mégisserie, de la maroquine, des pressing et blanchisseries (FFPB), ainsi que par l’Union des Industries Textile (UIT), l’Union français des Industries Mode & Habillement (UFIMH), et le Groupement des entreprises industrielles de services textiles (Geist). Le document est par ailleurs signé par les syndicats CFDT Sercices, CFE CGC, CFTC, CGT et FO.

Comme FashionNetwork.com l’évoquait en mars, la réforme de la formation et de l’apprentissage inquiète de longue date les professionnels. Car elle pourrait bien signifier la disparition d’un organisme de formation dédié à la filière, par mesure d’économie. « Ce que l’on entend souvent au Medef est que le schéma ultime du gouvernement se résumerait à quatre branches : industrie, service, commerce et bâtiment, nous confiait Emmanuelle Butaud-Stubbs, directrice générale de l’UIT. Et parallèlement, il y a aussi un travail de regroupement des branches de moins de 5 000 salariés. Nous ne sommes pas concernés. Mais nous attendons de voir qui sera l’opérateur qui fixera les caps stratégiques. »

Plus de six mois plus tard, le flou demeure sur ce qui doit remplacer les Opca, et Opcalia en particulier. Certains dirigeants de fédérations confient que le gouvernement avait décidé du sort de ces organismes avant même d’avoir établi une stratégie claire pour la suite. Le climat est depuis le début 2018 passé d’une expectative inquiète à une attente courroucée.


Opcalia


Et ce d’autant plus que la réforme des Opca n’est pas la seule décision du gouvernement à susciter l’inquiétude de la filière. Outre la reprise en main des Chambres de Commerce et d’Industries (CCI), dont certaines sont amenées à fermer, Bercy veut accentuer ses prélèvements sur les taxes affectées. Via celles-ci, les sociétés de la filière financent de leur poche quatre comités professionnels de développement : le CTC (Cuir, Chaussure, Maroquinerie et Ganterie), Codifab (ameublement et bois), Franceclat (bijouterie et joaillerie) et le Defi (habillement).

Au travers d’une tribune, puis de multiples prises de parole faces aux parlementaires, les différentes fédérations ont très largement pris le parti de dénoncer ces prélèvements accrus sur le budget des différents organismes. A l’exception de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM) qui, dans le cas du Défi, a étonné la filière en adoptant le discours du gouvernement sur les nécessaires réductions de dépenses publiques, dont l’organisme ne dépend pourtant pas.

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