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20 juil. 2021
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Après les soldes, les indépendants multimarques décrivent une situation de fragilité

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20 juil. 2021

Le dynamisme de la reprise d’activité des détaillants multimarques du secteur mode est vite retombé ces dernières semaines. La Fédération nationale de l’habillement (FNH), qui représente ces commerçants indépendants, fait état d’un mois de juin fragile, n’enregistrant qu’une hausse de ventes de 7% par rapport à juin 2020, tandis qu’il s’agit d’un retrait de 1% par rapport à 2019. "La réouverture a été très positive, avec une explosion jusqu’au 15 juin environ où cet élan s’est stoppé net. En cause? le choix de fixer les soldes au 30 juin, ce qui a créé un attentisme des clients. Le mois de juin aurait été meilleur si on l’avait préservé de toutes soldes", commente Frank Hoët, commerçant multimarque dans les Hauts de France et vice-président de la FNH.


Pixabay


Cette enquête menée auprès d’un panel de 962 commerçants en France, montre aussi que le premier semestre a été très délicat pour ces acteurs qui cumuleraient dans l’Hexagone 12,8 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Le bilan des six premiers mois de l’année 2021 se fixe à -5% par rapport à 2020 et à -22% comparé à 2019. Un repli "inquiétant", car c’est "la deuxième année que cela se produit" et cela a encore impacté des mois importants pour ces détaillants, à savoir mars, avril et jusqu’à mi-mai.

Même si les zones sont plus ou touchées (les grandes villes comme Lille, Bordeaux et Lyon s’en sortent mieux que Paris, la côte Ouest et la montagne), les adhérents de la FNH se sentent "encore plus fragilisés en 2021". D’autant que les soldes n’ont pas créé l’effet de rattrapage escompté.

Repenser le modèle "obsolète" des soldes"



Pour la première quinzaine de cette période de rabais, les ventes des multimarques ont progressé de 4,5% par rapport à la même période l’an passé, mais cela constitue "un faux rebond", avertit Frank Hoët. En outre, 67% des indépendants du panel ont une vision négative ou très négative des dernières semaines de soldes.

"Il n’y a aucun sursaut à prévoir, le ressort est cassé. La clientèle est perdue ne sait plus comment se positionner. Nous voulons totalement revoir le modèle obsolète des soldes et allons soumettre des propositions à l’Etat en vue des prochaines Assises du Commerce".

La FNH redoute que ses adhérents ne s’oriente tout droit vers un important surstockage, et déplore des aides "très parcellaires, difficiles à obtenir, insuffisantes et mal calculées". La perspective du remboursement des prêts garantis par l’Etat, à horizon avril 2022, inquiète également la fédération.

"Il est urgent de décaler d’un an ou deux le remboursement des PGE, demande Frank Hoët. C’était une solution proposée au premier confinement, et il y en a eu deux autres ensuite. C’est une mesure importante, car sans cela un tiers de la profession aurait disparu, mais il y aura des faillites si l’on doit commencer à les rembourser au printemps prochain". Certains détaillants ont réussi à ne pas y toucher, et d’autres l’ont complètement utilisé, ajoute-t-il.

Même si le pass sanitaire pourrait "crisper la clientèle", s’il entre en vigueur (possiblement dans les grands centres commerciaux), ce serait pour la fédération un moindre mal comparé au spectre de devoir une nouvelle fois baisser le rideau.

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