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Arianee : la blockchain indépendante veut séduire les marques de luxe

Publié le
today 17 avr. 2019
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En choisissant d’être un consortium et non une entreprise, Arianee entend faire de sa blockchain dédiée à l’identification et authentification des produits de luxe un protocole décentralisé et indépendant pensé par et pour les marques. Alors qu’elle dévoilera dans les prochaines semaines ses premiers « proofs of concept » (tests préliminaires visant à démontrer la faisabilité d'un modèle, ndlr), l’association entend notamment devancer les géants du Web, qui sont tentés d’imposer et contrôler leurs propres standards.


Conçue comme une ressource en open source, la solution est pensée pour être intégrée aux portails et applications des marques recourant aux protocoles Arianee - Arianee


Arianee est un protocole permettant aux marques de délivrer un certificat d’identité numérique à un produit de luxe. Un certificat par lequel l’acheteur aura l’assurance de détenir un produit original, et qu’il pourra transférer à un nouveau propriétaire en cas de revente. Outre de lutter contre les contrefaçons, le dispositif s'attaque aussi au problème des vols, les spécialistes de la seconde main de luxe étant mécaniquement amenés à ne plus accéder à la mise en vente de produits non certifiés.

Le certificat va également permettre de faciliter les démarches auprès des assurances et pourrait à terme intégrer les données d’autres blockchains retraçant l’origine du produit, à l’instar du dispositif voulu par le contrat stratégique de filière Mode et Luxe signé en janvier.

Un outil qui s'intègre aux applications et sites de grandes marques

Les marques de luxe construisent au passage un nouveau lien privilégié avec leurs clients. Outre la délivrance de certificats, le protocole technique prévoit un contact direct avec le client dès lors qu’il revendique la propriété d’une pièce. Un outil qui pourrait notamment permettre aux groupes de luxe de gagner en force sur le marché de la seconde main, via des propositions de reprise personnalisées. Plus important encore, Arianee ne sera pas un portail ou une application centrale. Simple ressource, le code développé est pensé pour s’intégrer aux applications et sites de grandes marques. Et c’est là qu’entre en jeu la nature de consortium choisi par les fondateurs.

Association loi 1901 à but non-lucratif, Arianee compte d’ores et déjà dans ses conseillers industriels les directeurs des opérations de Balenciaga, Eric Darrieus, et de Vacheron Constantin, Guillaume Boilot, ainsi que des cadres et ex-cadres de LVMH, Kering, Fast Retailing et autres. Une union des principaux acteurs du domaine autour de la construction d’un standard commun qui est l’une des principales forces du projet, pour Pierre Nicolas Hurstel, CEO et cofondateur d’Arianee.

« L’interrogation de départ était de savoir comment amener des concurrents d’une même industrie à utiliser un même système d’information dans une totale confiance », explique-t-il à FashionNetwork.com à l’occasion de la Paris Blockchain Week. « La décentralisation du système, élément central d’une blockchain, donne l’assurance d’une neutralité, contrairement à des organes centralisés comme les Gafa. Notre protocole, chacun peut l’utiliser et le mettre en place à sa convenance, mais toujours avec l’assurance qu’il dispose des mêmes outils et de la même sécurité que ses concurrents. »


Pierre Nicolas Hurstel - Arianee


Se pose naturellement la question du financement. Pour créer un identité numérique pour un produit, les marques devront débourser un Token (jeton) de la crypto-monnaie spécialement créée, Aria. Des jetons dont un nombre limité a déjà été mis en vente, et acquis par des griffes de luxe ainsi que les cadres de l’association. L’Aria est amenée à prendre de la valeur à mesure que les protocoles d’Arianee seront de plus en plus utilités et son cours pourra être régulé par la mise en vente de nouveaux jetons, le tout sous le contrôle des autorités financière suisses. Car pour inciter les entreprises à prendre part au projet, le consortium joue la transparence.

« Notre message aux marques est de les inviter à nous auditer, consulter nos statuts, nos démarches légales et financières…Tout est ouvert », insiste Pierre Nicolas Hurstel. « Nous assumons une technologie complexe et une gouvernance atypique. Mais nous savons aussi que les professionnels comprennent bien l’intérêt d’un outil indépendant sur ces questions », indique le responsable, qui précise que des annonces interviendront fin juin, tandis qu’Arianee prendra part au salon Viva Technology à Paris du 16 au 19 mai.

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