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Arié Benayoun (Zapa): "Acquérir une autre marque dans les prochains mois"

Publié le
today 8 janv. 2020
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A la tête de Zapa Developpement, Arié Benayoun ne cache pas ses ambitions. La structure est en passe de finaliser le rachat de Tara Jarmon. Et son dirigeant entend créer un groupe de marques françaises de prêt-à-porter féminin. Soutenue par le fonds Mirabaud Patrimoine Vivant qui est entrée à hauteur de 30 % de son capital l'été dernier, la structure travaille d'ailleurs déjà à une autre acquisition.



Arié Beanyoun - Zapa



FashionNetwork.com : Avec Zapa Developpement, le holding qui contrôle la marque Zapa mais aussi votre participation dans la marque Dualist lancée avec Déborah Janicek, vous reprenez Tara Jarmon. Quelles sont les modalités de ce rachat ?

Arié Benayoun :
Nous avons obtenu le feu vert de l'autorité de la concurrence. Et nous finalisons l'acquisition cette semaine. Mais je ne peux pas vous révéler les montants engagés.

FNW : Quel est l'intérêt pour vous d'acquérir Tara Jarmon?

AB :
Nous souhaitons constituer un groupe de marques avec un positionnement cohérent. Nous voulons procéder par croissance organique et croissance externe. La volonté est d'avoir une offre focalisée sur une femme active de 35-45 ans. C'est une femme plutôt CSP+. Et Tara Jarmon est une très belle marque sur ce segment. Chaque marque a de bonnes pratiques et des partenaires intéressants. Il y a de quoi réaliser un benchmark interne. Nous voyons qu'il y a des synergies et des complémentarités.

FNW : Concrètement sur quels points voyez-vous des marges de progrès?

AB :
Au niveau industriel, il y aura forcément des opportunités car nous allons avoir des volumes plus importants. Ensuite, cela ouvre des possibilités avec les partenaires. Auprès des affiliés nous pouvons leur proposer des solutions avec Zapa et Tara Jarmon. À l'international, lorsque vous avez deux ou trois marques féminines, vous en avez forcément une qui va correspondre aux attentes d'un marché.

FNW : Quelle est la dynamique actuelle des deux marques ?

AB :
Avec les deux marques nous avons une structure pesant près de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Sur Zapa nous étions avec une croissance à deux chiffres jusqu'à fin novembre par rapport à 2018. Mais décembre a été très compliqué avec les grèves sur Paris. Nous finissons avec une croissance à un chiffre en 2019. Pour Tara Jarmon, à fin octobre la marque connaissait un recul à deux chiffres. À l'inverse de Zapa les deux derniers mois de l'année, avec un plan marketing et des actualisations sur les produits qui ont généré de la croissance. Mais il faut être honnête le repli sur l'année est tout de même à deux chiffres.

FNW : Quelles sont vos perspectives de développement?

AB :
Aujourd'hui Tara Jarmon a 57 points de vente. Nous visons l'ouverture de 50 points de vente dans les trois prochaines années. Pour Zapa l'ambition est d'ouvrir entre huit et dix points de vente par an. Tara Jarmon réalise 30 % de son activité à l'export. C'est aussi un atout pour développer Zapa à l'export. Nous avons de très belles marques. Et nous allons faire en sorte d'apporter des moyens pour aller plus loin avec les multimarques. Nous voulons d'abord asseoir notre présence sur le marché domestique. À 100 millions d'euros, nous sommes loin d'avoir saturé le marché et nous voulons continuer à développer l'international, saisir les opportunités wholesale. Nous travaillons aussi sur un projet e-commerce et omnicanal. Nous avançons avec la société Wshop pour proposer une nouvelle plateforme en 2020.

FNW : Vous annoncez des ouvertures alors que la tendance est plutôt à la contraction des parcs actuellement. Cela peut paraître à contre courant.

AB :
Même si le retail est un travail compliqué, c'est pour moi incontournable pour asseoir une marque et absorber les coûts de structure. Je pense qu'une entreprise doit se développer et, pour cela, qu'elle doit avoir un réseau retail. Bien sûr, pour se développer il faut aussi avoir des facteurs externes favorables. mais nous sommes dans un projet de développement avec une gestion prudente. Nous avons une structure saine. La société est peu endettée. Nous n'avons pas de problématiques sur ce plan là. Et je pense que l'amélioration de la rentabilité se jouera via le développement de notre réseau via la croissance organique et la croissance externe. Le fonds Mirabaud Patrimoine Vivant nous accompagne de près dans le développement de notre projet.

FNW : Avec Dualist, vous travaillez avec Déborah Janicek. Va-t-elle développer l'offre de Tara Jarmon?

AB :
Il n'y a pas de sujet avec Déborah Janicek.

"Avoir un portefeuille de marques françaises cohérent sur le prêt-à-porter féminin"



FNW  : Quelle structure allez-vous donner à ce nouveau groupe ?

AB :
Je vais diriger l'ensemble. Nous voulons avoir une structure agile et créer des synergies. Nous aurons des fonctions supports partagées, mais après chaque marque gardera son volet créatif et opérationnel. Nous aurons certainement des directions de marques. Mais d'ici quelques semaines nous aurons une feuille de route plus claire. Car comme je vous l'ai dit nous constituons un groupe. Nous voulons finaliser une nouvelle acquisition.

FNW : C'est un projet déjà lancé ou cela interviendra-t-il après l'intégration de Tara Jarmon ?

AB :
Je pense que nous aurons finalisé cette acquisition dans les prochains mois.

FNW : Vous visez une autre marque femme ou regardez-vous d'autres segments de marché, comme le masculin?

AB :
Non. Le masculin c'est un autre métier avec des expertises que nous n'avons pas. Nous l'avons tenté avec Zapa il y a quelques années et nous avons rapidement mis un terme à l'expérience. Dans un marché qui est encore plus dur actuellement nous n'allons pas nous égarer. Encore une fois nous voulons un portefeuille de marques françaises cohérent sur le prêt-à-porter féminin. L'ambition c'est d'avoir un groupe réalisant 150 millions d'euros en 2021.

FNW : Mais vous le dites, le marché du prêt-à-porter est délicat actuellement. Intégrer deux marques est ambitieux. Entre votre activité et les dossiers de marques que vous avez pu consulter, quelle analyse du marché faites vous?

AB :
Il y a toujours de très beaux leaders et de très belles marques dans notre secteur. Mais il y a parfois de très belles marques, à forte notoriété, qui sont friables sur un ou plusieurs piliers nécessaires aujourd'hui : le retail, le digital et l'international. Beaucoup de marques sont encore quasi exclusivement orientées vers le wholesale et n'ont pas de présence export. Il y a de très belles marques qui n'ont pas ou plus le réseau adapté pour distribuer leurs collections. De plus les cycles sont de plus en plus courts et certains se retrouvent rapidement dépassés. Le marché est en train de se réguler et ceux qui performent sont de plus en plus forts. L'analyse que je fais c'est qu'il faut se développer pour pouvoir répondre aux défis à court et moyen termes.

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