Armani et Zegna en pole position pour une potentielle entrée en Bourse

Pas de changement à la tête du classement effectué pour la 10ème année consécutive par la société de conseil en stratégie d’entreprise Pambianco, en collaboration avec Ernst & Young, sur les 50 entreprises italiennes de la mode et du luxe ayant des potentialités majeures pour envisager de débarquer sur les marchés financiers.

Les deux premières marches du podium sont occupées comme les années précédentes par Giorgio Armani et Ermenegildo Zegna. La surprise provient de Stefano Ricci qui, de la 5ème place l’an dernier, monte sur la troisième marche, précédemment occupée par Dolce & Gabbana.

Giorgio Armani, printemps-été 2016 - © PixelFormula
 
La griffe de luxe pilotée par le duo de créateurs Domenico Dolce et Stefano Gabbana recule d’une position, sans doute en raison du ralentissement enregistré suite à la fermeture de sa 2ème ligne D&G, selon Pambianco. Elle est suivie par Versace qui, quant à elle, gagne encore une place, étant passée du 7ème au 6ème rang en 2014 pour atteindre aujourd’hui la 5ème place.
 
« Cette enquête est un grand stimulant pour les sociétés, d’autant que le panorama des entreprises italiennes aptes à être cotées en Bourse est ample », indique Barbara Lunghi, en charge des PME auprès de Borsa Italiana.

Selon cette dernière, il y a « un grand appétit de la part des investisseurs pour ce type d’entreprise ». Ces dernières se révèlent en effet souvent les titres les plus rentables en Bourse, surtout en Italie.
 
« Actuellement, 22 sociétés de mode, de design et de lifestyle sont cotées sur la place milanaise, représentant 8 % de la capitalisation totale de notre marché. Si toutes les sociétés qui figurent dans ce classement faisaient leur entrée en Bourse, nous doublerions la capitalisation des sociétés de mode-design actuellement cotées sur le marché milanais, atteignant un total de 90 milliards d’euros et ces 50 entreprises récolteraient, selon nos estimations, près de 11 milliards d’euros », souligne-t-elle.
 
Selon Ernst & Young, « l’Italie représente aujourd’hui le deuxième marché en Europe en termes de poids des sociétés du secteur mode-luxe-retail sur le total de la capitalisation du marché. A ces 8 % de parts, il faut ajouter les 2 % que pourrait constituer le groupe Prada, coté à Hong Kong, si son titre évoluait sur Milan. L’Italie arrive donc avec une poids boursier de 10 % par rapport aux 13,7 % du marché français avec LVMH et Kering, pesant à eux seuls 5,3 % du total de la capitalisation boursière de la place parisienne ».
 
Pour en revenir au classement Pambianco, huit nouvelles entreprises font leur entrée dans l’édition 2015, parmi lesquelles la marque de doudounes Herno, Marcolin, Colmar, l’enseigne de bijoux Stroili Oro ainsi que d’illustres inconnus, tels que l’enseigne pour teenagers Brandy Melville, les marques de chaussures techniques sportives DMT (Diamant) et La Sportiva, ou encore le groupe spécialisé dans la cosmétique Alaparf.
 
« Elles sont toutes extrêmement segmentées et très orientées sur l’export », commentent les auteurs de l’enquête.
 
En conséquence, huit sociétés sont sorties du classement : Trussardi, Corneliani, Dondup et Blumarine entrées dans le Top 50 l’an dernier, ainsi que Patrizia Pepe, Pupa, Manila Grace et Kocca. « Cela ne signifie pas nécessairement que leurs performances ont été négatives, même si c’est le cas parfois, mais que les nouvelles arrivées affichaient de meilleurs résultats », note Pambianco.

Stefano Ricci monte sur le podium du Top 50 2015 de Pambianco - PixelFormula
 
A noter, pour le reste du classement 2015, le bond de Valentino, entré l’an dernier à la 17ème place et aujourd’hui 7ème. En revanche, OTB (Diesel) recule de la 9ème à la 15ème place, Calzedonia de la 7ème à la 12ème et Max Mara de la 11ème à la 18ème.
 
Le classement de ces « Top 50 » porte sur des sociétés de mode italiennes qui, sur le papier, disposent des conditions techniques et objectives pour se porter candidates à la cotation en Bourse dans un horizon temporel de trois à cinq ans, selon Pambianco.

Ce dernier tient compte de huit paramètres pour établir son classement : la taille de la société (chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros), la capacité de croissance, le résultat opérationnel sur trois ans, la notoriété de la marque, l'endettement, le réseau de vente direct, l'export et le positionnement sur le marché.

Le chiffre d’affaires total de ces 50 entreprises, sélectionnées sur un échantillon initial de 850 sociétés, s'élève à 18,16 milliards d’euros en 2014 contre 16,68 milliards en 2013, enregistrant une croissance de 8,8 %. La rentabilité (Ebitda) s’établit à 14,3 % du chiffre d’affaires, contre 15,7 % un an plus tôt.

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