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Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
25 mars 2020
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Au Royaume-Uni, vers un plongeon de 20% du commerce de mode en 2020

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
25 mars 2020

Selon une nouvelle étude menée par GlobalData sur les dépenses de consommation au Royaume-Uni, l'épidémie de coronavirus pourrait amputer de 12,6 milliards de livres (13,5 milliards d'euros) le chiffre d'affaires du commerce de détail britannique, malgré les dépenses actuellement très élevées dans les supermarchés outre-Manche. Quant au secteur de la mode, il pourrait connaître un déclin de 20%. 


Ces prochains mois, le secteur de la mode britannique pourrait connaître un déclin de 20% DR


Selon Patrick O'Brien, responsable de la recherche sur la vente au détail au Royaume-Uni chez GlobalData, si le marché de l'alimentation britannique devrait connaître sa croissance la plus rapide depuis des décennies (environ 7,1 %), cela n'empêchera pas le déclin général du marché, car les dépenses non alimentaires devraient diminuer de 8,9%. Encore pire que pendant la crise financière mondiale de 2009 : à l'époque, les ventes avaient chuté de "seulement" 2,9%.

Les secteurs qui souffriront le plus de cette situation inédite ? L'habillement et les chaussures, avec une baisse prévue d'environ 20 % par rapport à l'exercice précédent. Cette prévision est basée sur l'hypothèse que la pandémie atteindra son point culminant le mois prochain et que la plupart des magasins resteront fermés jusqu'à la fin du mois de mai. Dans ce scénario, les dépenses non alimentaires devraient commencer à se redresser en juin, avant un retour à la normale au mois d'octobre.

Il va sans dire que si le pic de la pandémie se poursuit au-delà de la période prévue, la baisse globale des dépenses de consommation pourrait être catastrophique pour le secteur.

Si les détaillants en produits alimentaires espèrent tirer profit de la frénésie qui règne actuellement dans les supermarchés, les enseignes de mode seront sans aucun doute les grandes perdantes du confinement en Grande-Bretagne (décrété seulement le 23 mars par le gouvernement de Boris Johnson, soit bien après les autres pays européens, ndlr) comme ailleurs.

Selon le PDG de la chaîne Next, les consommateurs n'ont pas de raison de s'offrir de nouveaux vêtements puisqu'ils ne sortent pas de chez eux. Pour lui, d'une certaine manière, une baisse de "seulement" 20% pourrait même être considérée comme un bon résultat. Ce qui n'empêchera pas la faillite d'un certain nombre d'entreprises britanniques.

"Les dépenses en vêtements et chaussures devraient diminuer de 11,1 milliards de livres (11,9 milliards d'euros) en 2020, ce qui représente une perte d'un cinquième de leur valeur marchande et équivaut aux ventes de vêtements combinées des trois leaders du marché, Primark, Marks & Spencer et Next", analyse Patrick O'Brien.

"L'habillement et les chaussures seront les secteurs de la vente au détail les plus touchés par la crise du coronavirus en raison de leur nature non essentielle et de la baisse de la demande pour de nouveaux vêtements en période de confinement. Pour les acteurs du secteur de l'habillement, la saison printemps-été sera tuée dans l'œuf."

Et de conclure : "Les détaillants seront contraints d'annuler (comme l'a déjà fait Primark), de reporter ou de réduire leurs commandes, afin d'éviter des pertes importantes de stocks en juin et juillet. Nous devrions assister aux faillites de plusieurs détaillants de mode, d'autant plus que le secteur se trouvait déjà dans une situation de vulnérabilité avant la pandémie. Si le canal e-commerce reste accessible aux consommateurs, nous nous attendons tout de même à une forte baisse des ventes au Royaume-Uni, car aucun temps libre à la maison — certes propice à la navigation sur Internet — ne compensera l'absence d'occasions sociales motivant l'achat de ces nouveaux produits."

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