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Publié le
2 sept. 2020
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6 minutes
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Au salon Made in France, la crise sanitaire est vue comme une opportunité pour la filière

Publié le
2 sept. 2020

Si la relocalisation et la souveraineté industrielle ont été largement abordées depuis le confinement et la production des masques par l’industrie textile française, c’est bien la capacité de cette dernière à travailler de concert qui représente désormais le plus grand défi à relever. C’est ce qu’il ressort des conférences du salon Made in France Première Vision, qui se sont tenues le 1er septembre à Paris. Masqués mais satisfaits de se voir en "vrai", les dirigeants de la filière ont affiché leur optimisme pour la suite.


De gauche à droite, Guillaume de Seynes (CSF Mode et Luxe), Guillaume Gibault (Le Slip Français), Clarisse Reille (DEFI), Yves Dubief (UIT), Sophie Pineau (GFF), Marc Pradal (UFIMH), Léa Marie (IFTH), Lucas Delattre (IFM), sous de la regard de la ministre Agnès Pannier-Runacher. - MG/FNW


Un optimisme qu’a pour l’occasion partagé la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher qui, quatorzaine oblige, a dû se contenter de participer via la vidéo aux échanges.

"Ce qu’on a touché du doigt avec cette crise, c’est que l’industrie textile est dépendante d’une chaîne d’approvisionnement internationale sans faille, mais qu’il suffit d’une crise pour la mettre rapidement à mal”, avance la représentante de Bercy. “L’autre leçon, c’est la rapidité avec laquelle les industriels se sont mobilisés. L’enjeu et de savoir quels enseignements on en tire pour la filière, main dans la main avec l’Etat, quelle production on est capable d'assurer en France, avec quel levier et quel avantage compétitif”.

La rapide et massive mobilisation de la filière autour de la production de masques a en effet été largement abordée durant cette première journée de salon. Non sans une certaine émotion. “Du jour au lendemain, tous les salariés ont répondu présent” se souvient Eric Boël, dirigeant des Tissages de Charlieu. “Des gens qui n’avaient jamais fait de masques. Et on s’est rapidement retrouvés à produire 15 millions de masques avec les 7 tisseurs avec lesquels on a travaillé. Une expérience humaine extraordinaire qui montre que l’on est capable de retrouver notre souveraineté industrielle."

“Au départ, on a utilisé le tissu des poches de nos jeans pour faire des masques"



Une expérience presque identique à celle connue par Thomas Huriez, cofondateur de 1083. “Des médecins et pharmaciens nous ont appelés au secours au tout début” explique le dirigeant. “Au départ, on a utilisé le tissu des poches de nos jeans. Quand la demande a dépassé nos capacités, on a mis en place une chaîne d’entraide avec des kits à faire parvenir à d’autres sociétés ou aux communes. Cette crise a révélé qu’on est un colosse aux pieds d’argile. Mais elle a aussi permis de valoriser la filière et nos équipes, et a montré ce que l’on peut faire quand on est un peu plus unis”.

“L’une des grandes critiques que l'on nous a faite, c’est de nous comparer à nos voisins d’au-delà des Alpes, pour pointer notre incapacité à rassembler différents savoir-faire” confirme Guillaume de Seynes, président du Comité stratégique de filière (CSF) mode et luxe. “Si à travers cette prise de conscience, on peut oublier qu’on est des Gaulois et travailler en synergie, il ne faut pas perdre cette occasion. Nous devons maintenant trouver une façon volontariste de prolonger cette dynamique. Et de concilier cette excellence, ce savoir-faire, cette mobilisation, avec la prise de conscience de l’importance de la durabilité et de la transparence sur l’origine des produits."


Le salon Made in France - Première Vision


Comme l’indiquaient les représentants de la filière dès avril, l’urgence a permis aux tisseurs et façonniers de renouer un dialogue. “Cette crise nous a tous mis sur un pied d’égalité, si bien que la première valeur qui ressort de cette période est la solidarité. Mais 2020 ne fait aussi que conforter les décisions stratégiques prises dans notre filière depuis des années ”, note Sophie Pineau, du Groupement de la fabrication français (GFF), évoquant les enjeux de modernisation, formation et durabilité.

Produire en France, c'est bien, mais à condition de rester compétitif



“Pour produire ensemble, il faut repenser la chaîne de valeur. C’est très bien de vouloir produire en France, mais cela reste souvent un vœu pieux, car il faut pouvoir être compétitif”.

Ce que confirme Yves Dubief, dirigeant de l’Union des industries textiles (UIT), pour qui “on ne gagnera pas cette bataille de la relocation et du made in France si l’on n’évolue pas dans un contexte de compétitivité”. Pour le dirigeant, “la baisse des impôts de production pour 10 milliards d’euros (que vient d’annoncer l’exécutif pour 2021, ndlr), que le secteur réclamait depuis dix ans, va redonner de la puissance à l’industrie”.

“On parle beaucoup de relocalisation, mais il faut surtout parler de réindustrialisation”, pointe de son côté Marc Pradal, président de l’Union française des industries mode et habillement (Ufimh). Et il faut que tout le monde fasse un geste : l’industriel doit repenser son outil, la marque revoir son produit, l’état soutenir les acteurs… Et, surtout, il faut expliquer l’histoire du produit au consommateur, car il est aujourd'hui extrêmement attentif à cela!."

Pour Léa Marie, directrice adjointe habillement de l’Institut français du textile/habillement (IFTH), l’éco-conception doit se trouver au cœur du projet à bâtir, au même titre que la modernisation des outils. Point sur lequel s’est notamment penché le projet Innofabmod. “Il y a eu beaucoup d’enseignements tirés des six expériences pilotes”, pour la représentante. “On voyait le potentiel de fabrication grandir de jour en jour."


Thomas Huriez (1083), Eric Boël (Les Tissages de Charlieu) et Pascal Gautrand (Made in Town) - MG/FNW


“Le digital va être clef, et ce secteur a un besoin énorme d’innovation digitale pour améliorer l’expérience client, mieux piloter les productions, concevoir les produits..., relève Clarisse Reille, dirigeante du Defi, le comité professionnel de la filière.

“Mais une telle multitude de points à aborder, c’est lourd pour une PME. Et une industrie qui emploie 300 millions de personnes dans le monde, comme un paquebot, cela prend du temps pour infléchir sa course. Et, s’il faut identifier freins et leviers, il faut aussi pouvoir financer ces projets”.

Pour le fondateur du Slip Français, Guillaume Gibault, c’est bien d’un nouveau souffle dont la filière a besoin. “On a déjà de nombreuses innovations métier, en France, que ce soit sur la chaussure, le sous-vêtement… Il faut juste appliquer cette dynamique à d’autres produits. Je pense notamment que le t-shirt est un formidable chantier potentiel. Cela va donner du sens à une nouvelle génération de marques, et créer de nouveaux modèles. Comme ce que fait “Qui est le Patron ?” dans le lait, qui élimine les intermédiaires.

Du défi de produire en France à des prix accessibles jusqu'à celui d’intégrer la circularité pour réutiliser les matériaux existants, les défis sont donc nombreux. Pour Clarisse Reille et Guillaume de Seynes, la crise a par ailleurs donné l’occasion à Paris de devenir pour de bon "la" capitale mondiale de la mode, face aux difficultés rencontrées par les autres Fashion Weeks. Et d'accroître ainsi au passage l’aura de la mode faite en France.

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