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29 sept. 2021
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Avec la Fabrique Nomade, Agnès B. et le Slip français jouent la carte solidaire

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29 sept. 2021

Elle est des collaborations qui vont au-delà du symbole. Plus qu'une initiative solidaire, l'action menée par Le Slip Français, Agnès B. et la structure associative de la Fabrique Nomade fait sens socialement et économiquement.


Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français, Agnès Troublé créatrice d'Agnès B. et Inès Mesmar, directrice générale de la Fabrique Nomade - FNW



A compter du 14 octobre, les magasins et site marchand d'Agnès B. et du Slip français vont proposer des bandanas aux imprimés colorés, imaginés par l'artiste Jacques Floret, et tabliers réalisés par quatre couturiers, migrants ou réfugiés, formés par l'association. C'est dans les locaux de la Fabrique, installée dans un espace du Viaduc des Arts, sur l'avenue Daumesnil, dans le XIIème arrondissement de la capitale, que les plus de 3.000 bandanas (35 euros) et 1.000 tabliers (90 euros) ont été produits.

Pour marquer cette action et à quelques jours de son défilé digital printemps-été 2022 ce lundi 4 octobre, Agnès B. a accueilli dans son siège parisien de la rue Dieu, à deux pas du canal Saint-Martin, une présentation du projet couplé d'une exposition des photographies grand format des couturiers. "Nous réalisons des collaborations avec Le Slip Français depuis plusieurs années, glissait Agnès Troublé lors de cette présentation. Alors quand Guillaume Gibault nous a proposé ce projet nous avons dit oui. Il y a cette envie et cela fait énormément de sens".


Dans l'atelier de la Fabrique Nomade, les quatre couturiers ont produit plus de 3.000 bandanas avec quatre motifs différents - Phillip Ka



"Nous avons mené plusieurs actions solidaires par le passé. Mais cette opération avec la Fabrique Nomade apporte une solution double, solidaire et économique, explique Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français. Bien sûr, les bénéfices reversés vont permettre à l'association de continuer son action d'insertion. Mais cela peut aussi apporter une réponse aux besoins de l'industrie. Aujourd'hui, dans nos métiers, nous avons plus de 8.000 postes qui ne trouvent pas preneurs. Les candidats n'ont souvent pas d'expérience et il faut former des personnes pendant 12 à 18 mois pour qu'ils soient réellement opérationnels. Là ce sont des personnes qui connaissent déjà le secteur. Ont un affect pour ces métiers. La complémentarité est frappante. D'ailleurs l'un des quatre couturiers a été embauché par un atelier".

Car les quatre personnes qui ont participé à l'opération, Cheickh NDiaye, Bardagul Smedova, Mamadou Diaby et Abdul Karim Azimi, dont les portraits étaient affichés en grand chez Agnès B. sont tous des professionnels du textile. Chacun exerçait dans son pays d'origine avant de migrer.

"Il faut savoir que dans de nombreux pays d'émigration, l'industrie textile avec ses ateliers de confection représente une grande partie de l'activité, explique Inès Mesmar, fondatrice de la Fabrique Nomade, qui salarie durant un an les couturiers qu'elle recrute. Aujourd'hui près de la moitié des migrants ont des connaissances dans la confection. C'est une expertise à partager avec les entreprises françaises".


Mamadou Diaby, l'un des quatre couturiers impliqués dans le projet - Phillip Ka



Bien sûr, ces professionnels ne sont pas directement opérationnels et les équipes d'Agnès B. et du Slip français ont dû s'impliquer dans le projet, notamment par la présence des directions de production, avec Léa Marie et Rodolphe Meerschaert.
"Il y a évidemment des différences culturelles. La première fois que j'ai rencontré les couturiers, ils ne parlaient pas forcément la langue. Et il leur faut appréhender les machines utilisées ici, mais ce sont des gens qui connaissent et comprennent nos métiers, qui ont la flamme, relève Rodolphe Meerschaert, à la tête de la production d'Agnès B. Et puis, j'ai discuté avec l'un d'entre eux aujourd'hui et son niveau de français est vraiment meilleur. C'est vraiment une chance à saisir pour accueillir ces personnes le mieux possible et apporter une réponse aux besoins du secteur".

Une chance que la Fabrique Nomade veut offrir à plus d'entreprises et de personnes. L'association entend augmenter sa capacité de formation, avec pour objectif de former 60 personnes dans les trois prochaines années à Paris. Et pourquoi pas inspirer d'autres initiatives similaires dans d'autres berceaux de production textile?


 

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