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Avec M1992 et Magliano, la relève du made in Italy est assurée

Publié le
today 12 janv. 2019
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La qualité et le style made in Italy étaient palpables dans de nombreux défilés samedi à Milan. En particulier ceux des deux jeunes marques M1992 et Magliano. Sophistiquées et taillées dans de superbes tissus, ces deux collections frappaient par leur personnalité, proposant chacune une silhouette bien définie et un univers unique. Le sartorial à l’esthétique « nineties » pour la première, la gouaille de l’Italien classieux pour la seconde.


Le retour des Mods avec M1992 - DR


C'est une plongée dans la Britpop des années 1990 qu'offre Dorian (de son vrai prénom Stefano) Tarantini, le DJ passé à la mode en 2017 avec son label M1992, pour l'automne-hiver 2019-20. Il remet au goût du jour le mouvement Mod avec son style sixties british vampirisé par les Blur et autres groupes comme Pulp ou Oasis dans les nineties. Les silhouettes sont parfaitement définies avec des coupes impeccables : des pantalons courts légèrement évasés aux costumes monochromes en jersey de polyester, avec leur maxi-veste endossée sur des tricots à col roulé blanc ou des polos en maille colorés à manches longues.

Toutes les bonnes références y sont : les Adidas Gazelle en daim avec les chaussettes blanches à bandes noires signées du même équipementier, le célèbre blouson Hurrington de Baracuta confectionné dans le coton imperméable du tisseur british Millerein, avec sa doublure écossaise et ses poches latérales inclinées, revisité et décliné dans différents modèles. Mais aussi les photos des manifs et des supporters anglais, imprimées en bloc sur les chemises. Sans oublier les tricots à rayures façon maillots de football, le tartan et les microchecks so british ou encore l’Union Jack utilisé pour tailler des vestes sans cols et des manteaux.

« J’ai puisé dans mes souvenirs de teenager, quand j’allais à Londres. Mais il n’y a rien de nostalgique, juste des éléments du passé que j’ai voulu reproposer d’une manière fraîche et renouvelée pour les transmettre aux jeunes d’aujourd’hui, qui n’ont pas connu ces périodes », nous explique le créateur Dorian Tarantini en backstage.

La garde-robe féminine, qui s’élargit nettement cette saison, fait quant à elle la part belle aux robes mini très sixties avec des imprimés pop marrants tels ces mégots de cigarettes transformés en motifs géométriques. L’esprit clubbing, enfin, n’est jamais loin avec un ensemble pantalon et blouson court blancs couverts de cristaux Swarovski.


La femme M1992 - DR


Le registre est totalement opposé chez Magliano, qui puise son inspiration dans une Italie moins connue, celle de la culture populaire et des provinces, en particulier de l’Emilie-Romagne et de Bologne, d’où provient le créateur Luca Magliano, avec sa kyrielle de personnages hauts en couleur et attachants au style si profondément italien.

Il y a le vendeur à la sauvette, avec toutes sortes d’objets cachés sous son beau manteau en laine grise accrochés à la doublure, l’étudiant à l’allure de moine dans son interminable pull-over tunique marron, le parrain à lunettes noires les mains dans les poches de son costume gris à rayures avec blazer croisé et pantalon à pinces, le musicien avec sa chemise en soie blanche sur laquelle ondule le clavier d’un piano.
 
Ne manquent au tableau ni l’exhibitionniste, qui parade en gants et chaussettes blanches, juste vêtu d’un caleçon en dentelles sous son long manteau-peluche, ni le pickpocket, dont les portefeuilles volés pendent de la poche d’un manteau ou d’un pantalon à carreaux porté avec un chandail moutarde tricoté à la main.


L'homme Magliano - DR


Cravate large et pochette blanche sont de rigueur pour ces élégants, qui mélangent sans complexe le pantalon en cuir noir avec chemisette à fleurs rose ou en satin blanc, ou portent des tricots moulants et de larges vestes au boutonnage cintré. Une élégance naturelle que l’on retrouve un peu plus tard chez Dolce & Gabbana avec leurs costumes superbement coupés au chic rétro et leur show célébrant le style italien dans toute sa splendeur.

« Tout mon univers s’exprime dans cette collection qui s’inspire de la célèbre via Emilia, cette route magique qui traverse l’Emilie-Romagne, de Bologne à Rimini, entre folklore et sous-cultures, sans oublier la communauté gay qui est aussi la mienne », confie Luca Magliano, qui aime notamment revisiter les grands classiques de la garde-robe masculine.

« Tout est produit par la merveilleuse usine Arcari e Co de Faenza. Mais nous aimons ensuite retravailler les modèles en y réalisant directement finitions, coupes franches, coutures, assemblages », explique encore le styliste, qui défilait pour la toute première fois à Milan. Un début prometteur, suivi par un public nombreux, où l’on pouvait repérer Luca Benini, fondateur de Slam Jam.
 

Le chic viril et latin de Magliano - DR


Vainqueur du concours Who is on Next ? Uomo 2017, le créateur, qui a lancé sa ligne de menswear en 2016, avait déjà dévoilé un premier show très réussi au Pitti Uomo en janvier 2018. Formé à l’école d’art L.UN.A, Libera Università delle Arti, de Bologne, où il est basé, avant de se lancer dans la mode en débutant par un stage chez Alessandro Dell’Acqua, Luca Magliano vient de décrocher le poste de directeur artistique de la marque Grifoni, tandis que son label est désormais distribué par 35 boutiques multimarques.

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