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15 sept. 2021
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Avec "Primark Cares", le géant de la mode veut réduire son impact sur la planète

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15 sept. 2021

C’est l’un des acteurs mode parfois montrés du doigt pour leur impact environnemental majeur et leur lenteur d’action pour faire changer les choses. Ce 15 septembre, Primark publie une première feuille de route abordant les sujets environnementaux et sociaux. Nommé "Primark Cares", ce programme à horizon 2030 fixe les caps à atteindre par l’enseigne de fast fashion irlandaise, inconditionnelle des petits prix et d’un intense renouvellement de collection.


Primark


Le géant de la fast fashion, dont les ventes ont atteint 5,9 milliards de livres en 2019/2020 (6,9 milliards d’euros), veut "changer la façon dont ses vêtements sont fabriqués", sans toucher à son positionnement. Un vaste défi, qui passe selon lui par "une stratégie de développement durable de grande envergure, conçue pour réduire les déchets de mode, diviser par deux son empreinte carbone et améliorer la vie des personnes qui fabriquent les produits Primark".

"Cela fait dix ans que l’on s’intéresse au sujet mais c’est notre première prise de parole mondiale, qui nous oblige à faire mieux, et sur toute la chaîne", livre Christine Loizy, directrice générale de Primark France, qui précise que "le volume" continuera d’être le business model de l’enseigne, mais que ses vêtements auront notamment vocation à pouvoir être portés plus longuement. "Par exemple, quand on fait tester un jean, il est lavé cinq fois. Nous allons passer à 30 lavages pour exiger dès la conception et la production qu’il puisse durer longtemps, décrit-elle. De plus, un produit sur deux est un essentiel du vestiaire, et pas une pièce à la pointe de la mode". Qui pourra donc moins vite être obsolète.

D’ici 2030, la chaîne aux 397 magasins et aux 65.000 employés estime que tous ses produits seront réalisés à partir de matières recyclées ou plus durables (contre 25% à ce jour). Que signifie ce "plus durable" ? C’est par exemple le fait de recourir à du coton cultivé avec moins d'eau et de produits chimiques, grâce à "un accompagnement de 160.000 fermes en Inde", affirme la dirigeante, qui précise en outre que 10% du polyester utilisé par la marque provient aujourd’hui d’une matière recyclée.


Primark


Pour réduire les déchets textiles, d’ici 2027, les articles devront également être potentiellement recyclables. "Dès le dessin et la conception, il faudra qu’une matière unique soit utilisée pour un produit, ou qu’elles puissent être facilement séparées s’il y a plusieurs matières".

Concernant l’empreinte carbone, qui doit être réduite de 50% d’ici 2030, cela passera entre autres par une élimination progressive du plastique à usage unique, et le bannissement de l’utilisation d’énergies fossiles depuis les fournisseurs jusque dans les points de vente.

Le volet social du programme a pour ambition d’améliorer la vie des ouvriers de ses fournisseurs, et en particulier des femmes: "Nous chercherons à obtenir un salaire décent pour les travailleurs de notre chaîne d'approvisionnement et nous les soutiendrons en leur offrant une formation financière et un accès à une protection sociale d'ici 2030", indique l’entreprise, dont 130 personnes travaillent dans les pays de production pour réaliser des audits.


Primark

 
L’annonce réalisée par Primark ce 15 septembre "ne s'adresse pas qu’à ses clients, mais à ses investisseurs, qui sont aussi invités à un briefing sur la stratégie ce vendredi. C'est pourtant logique, car ce sont les investisseurs qui poussent les entreprises à être plus durables afin de répondre à leurs propres critères de durabilité, plutôt que les acheteurs, décrypte Patrick O’Brien, directeur des études retail au sein de la société d’analyse GlobalData. Alors que les enquêtes révèlent qu'il s'agit d'un sujet de préoccupation croissant pour les consommateurs, il y a peu de preuves que, pour le moment du moins, la durabilité et d'autres préoccupations éthiques usurpent le prix comme principal moteur d'achat."
 
De fait, l’enseigne veut conserver ses prix ultra serrés. Mais comment? "Il y a ce préjugé que le durable doit forcément être cher, estime Christine Loizy. Nous allons adapter notre façon de travailler, on va investir mais aussi faire des économies en travaillant mieux en amont. Si on s’engage, c’est qu’on l’a testé", plaide-t-elle.


Le magasin de Bordeaux-Lac ouvert début 2020 - Primark


Même si Primark s’en sort encore sans e-commerce, l’entreprise a récemment amélioré son site web pour proposer aux clients d’avoir une visibilité sur les stocks en magasin d’un produit donné. "Nous réfléchissons à une solution de click&collect, mais la livraison à domicile n’est pas à l’ordre du jour", précise Christine Loizy.

En France, où l’enseigne compte 20 magasins à l’heure actuelle, six nouvelles implantations sont prévues entre fin 2022 et mi-2023, notamment à Angers, Brest, Saint-Etienne et Mulhouse. "Primark n’est présent que sur 14 marchés: il y a encore un potentiel énorme sur la planète, notre développement aux Etats-Unis est par exemple très prometteur. C’est pour cela qu’il est crucial de prendre ce virage écoresponsable, puisque nous sommes encore au début de notre histoire", conclut Christine Loizy. Les preuves du changement, que la chaîne compte apporter chaque année, seront auscultées de près.

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