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Balzac Paris à l’heure du chômage partiel

Publié le
23 mars 2020
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3 minutes
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Alors que la griffe parisienne vient d’annoncer la fermeture de son entrepôt à Troyes, FashionNetwork.com a interrogé Victorien et Chrysoline de Gastines, deux des trois cofondateurs de la marque sur leurs décisions et inquiétudes.


Communication Balzac Paris.

 
FashionNetwork.com : Quand et comment avez-vous décidé de stopper vos livraisons ?

Victorien de Gastines : Depuis quelques jours déjà, notre service client est sur le pont. Nous voyons tous des livreurs sur les routes et cela nous questionne, même si l’on nous garantie leur intégrité. Aussi, nous avons réuni les équipes jeudi 19 mars et les avons questionnées sur l’idée de permettre aux clientes de commander tout en leur expliquant qu’elles ne seraient livrées que plus tard. Chacun a été d’accord sur l’idée et a voté le chômage partiel pour soutenir Balzac. C’est une grosse responsabilité car la société connaît 100 % de croissance par an depuis cinq ans. Et puis nous sommes en mars, donc en début de saison. C’est un sacré challenge …

FN : Vos ventes ont-elle déjà commencé à être impactées ?

VdG :
Il y a un ralentissement notable depuis le 15 mars qui est de l’ordre de 50 %. Mais pour nous cela est concomitant avec les choix que nous avons pris. Mais il est encore trop tôt pour réellement se prononcer.
 
FN : Concrètement comment s’organise ce chômage partiel ?

VdG:
Tout dépend des postes. Par exemple l’évènementiel est au chômage technique. Le style travaille à mi-temps et pour la communication et les réseaux sociaux rien ne s’arrête. Balzac c’est actuellement 30 employés en CDI à Paris. Nous faisons un call avec ceux qui sont en poste régulièrement pour ne pas prendre trop de retard. Chez nous le télétravail est déjà bien rodé et nous organisons deux réunions par jour. Le reste du temps chacun s’arrange comme il peut. Il n’y a que pour le modélisme que c’est un peu plus compliqué.
 

L'équipe de Balzac Paris avec Chrysoline et Victorien de Gastines, en bas à droite.


FN : De quelles marges de manœuvre disposez-vous pour les collections ?

CdG :
Notre chance est d’être une entreprise très agile qui peut rapidement réagir en cas de problème ou de succès. Nous avons une capacité de production très réactive, c’est un vrai plus. Et nous ne travaillons pas un ou deux ans en avance. Par exemple sur le printemps/été en cours nous avons une petite marge de manœuvre pour diviser des quantités ou bien annuler un mois de production. Ce que nous ferons peut-être sur le dernier mois de l’été. Surtout qu’actuellement nous avons de la marchandise qui est bloquée au Portugal et en Italie. Il nous faut déjà vendre ce que nous aurons réceptionné.
 
FN : Comment allez-vous communiquer les prochains jours ?

CdG :
Chez Balzac Paris, trois lettres mènent la danse depuis le début : T.P.R (Toujours Plus Responsable). Aujourd’hui plus que jamais, nous tenons ce cap et plaçons l’humain au cœur de nos priorités. Nous avons toujours placé nos clientes au cœur de notre activité et ce sont elles qui nous ont encouragés et félicités pour cette prise de décision.
 
FN : Allez-vous poursuivre les lancements ces prochaines semaines ?

CdG:
Oui bien sûr ! Nous lançons d’ailleurs ce mercredi 25 mars notre opération “les Durables“, des pièces des collections passées à -30 %. Nous espérons que les clientes joueront le jeu car Balzac Paris ne fait pas de soldes d’ordinaire. C’est donc toujours un moment très attendu.

VdG : Soyons clairs, nous faisons de la mode, nous ne sauvons pas des vies ! Mais il est important pour nous de rester justes et authentiques. Il nous faut avoir un peu de trésorerie pour payer nos fournisseurs, nos salariés. C’est une chaîne, on est tous interdépendants. Emmener nos clientes vers des jours meilleurs c’est aussi notre rôle. Plus que jamais nous avons besoin d’elles !

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