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10 juin 2013
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Bangladesh: "Camaïeu ne peut assumer seul"

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10 juin 2013

Six semaines après l’effondrement de Rana Plaza et ses 1 129 victimes, l’ONG Peuples Solidaires organise le 11 juin à 11h une manifestation devant le magasin Camaïeu de Saint-Lazare (Paris IXe). La marque, dont des étiquettes avaient été trouvées dans les décombres, refuserait de participer à l’indemnisation des victimes. Une contre-vérité, nous a pour sa part indiqué Camaïeu.

Le magasin Camaïeu de Saint-Lazare - Photo: GoogleSV


Primark, El Corte Ingles, Loblaw, PVT, Matalan, Benetton et Premier Clothing se sont engagés à indemniser les victimes. ONG et syndicats estiment le préjudice à 54 millions d’euros. "En France, aucune des marques dont des vêtements ou étiquettes ont été retrouvés dans les décombres n'a à ce jour reconnu sa responsabilité ou accepté de participer au fonds d'indemnisation des victimes" déplore Peuples Solidaires, qui pointe du doigt les marques Teddy Smith, Carrefour, Auchan et Camaïeu.

Contactée par FashionMag, la direction de cette dernière ne comprend pas ce traitement spécial réservé à Camaïeu. "Nous avons toujours assumé, et ne nous sommes jamais cachés, explique un porte-parole de l'enseigne. Nous n’avons jamais dit que nous refusions d’indemniser les victimes. Nous avons seulement indiqué que cela devait être une responsabilité collective, partagée avec toutes les marques françaises et internationales concernées. De par sa taille, Camaïeu ne peut assumer seule quand de grands groupes ne participent pas."

Le même porte-parole souligne le poids infime que représente Camaïeu dans l’industrie bangladaise. La marque serait en contact avec 15 fournisseurs locaux, et passerait commande auprès de seulement quatre d’entre eux. Quatre sur un ensemble de 280 fournisseurs, principalement déployés en Chine et dans le bassin méditerranéen. "Nous avons admis notre responsabilité dans ce drame, explique la marque. Et cela même si les étiquettes retrouvées provenaient d’une commande test de 15 000 pièces passée en mai 2012, et qui n’a pas donné suite à d’autres commandes. Nous ne sommes pas représentatifs à côté des géants qui produisent sur place à la tonne."

Une directrice qualité de Camaïeu serait actuellement au Bangladesh pour évaluer les quatre centres de production, ainsi que les améliorations à leur apporter. La marque aurait en outre renforcé d’elle-même sa charte éthique, signée par les fournisseurs. Engagée en France dans le soutien aux femmes en difficulté, notamment via le Secours populaire, Camaïeu cherche actuellement à étendre cette activité. La marque discuterait actuellement avec des ONG, notamment à destination du Bangladesh. "Des ONG indépendantes politiquement et financièrement", précise le porte-parole.

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