Benoît Missolin, un couturier haut en couleur.

A l'occasion de la saison brésilienne "Brésil, Brésils", Benoît Missolin est l’un des quatre lauréats choisis par la Mairie de Paris, l' AFAA et l'atelier Coopa - Roca de Rio de Janeiro. Ce programme est conçu comme un échange de talents et de savoirs-faire entre des jeunes créateurs de mode et de design parisiens et une coopérative de brodeuses d'une favela de Rio. A cette occasion, Benoît Missolin se voit offrir l'expérience unique de produire une édition de son choix. Il partira du 4 avril au 27 mai a Rio de Janeiro ou il a choisi de réaliser une nouvelle collection de sacs pour l'été 2006. Vos débuts ont-ils été difficiles, êtes-vous passé par une école spécialisée ? Je ne peux pas dire qu’ils ont été difficiles. Après avoir eu mon bac, je suis allé à Paris et j’ai suivi un court cursus. J’ai tout d’abord suivi les cours de la Chambre Syndicale de la Couture, puis j’ai intégré le studio Berçot. Auparavant, vers 14 ans,je dessinais des croquis que j’envoyais à différentes maisons de couture. Christian Lacroix m’a répondu. De là, j’ai pu avoir un stage dans sa maison, mais aussi chez Thierry Mugler, Fred Sathal, Jean Colonna. Que vous a apportéle fait d’avoir travaillé avec Christian Lacroix, vous en êtes-vous inspiré ? En réalité, Christian Lacroix est mon tout premier soutien. C’est une réelle correspondance qui s’est installée entre lui est moi. Elle a jalonné tout mon parcours. En ce qui concerne l’inspiration, je ne dirais pas qu’il a été une vraie source d’inspiration. Nous avons chacun nos univers, comme tout créateur digne de ce nom. En revanche, nous venons tous les deux du sud, moi d’Avignon (né le 6 juillet 1976), lui d’Arles, nous avons alors la même sensibilité au niveau des couleurs. Quels sont les couturiers que vous appréciez le plus ? J’aime beaucoup Sonia Rykiel, Azzedine Alaya , sinon j’aime aussi les autres grands noms de la mode, mais ce sont ceux-là qui me viennent en premier à l’esprit. Vos thèmes pour les défilés, comme « Croisière à Hawaї », « Piste aux étoiles », sont toujours originaux, pétillants. De quoi vous inspirez-vous ? Cela vient au fur et à mesure de la collection. Parfois même, les thèmes me viennent à la fin. L’enfance m’inspire, sa légèreté, ses couleurs, sa spontanéité. Le côté intellectuel des choses ne m’attire pas. Quels sont vos atouts pour ce métier ? (hésitant) Tenace, passionné, et ce depuis toujours. J’ai toujours sû que je voulais faire ce métier, c’était une évidence. J’ai mon univers personnel, bien à moi. Je ne suis pas prétentieux. Et vos défauts ? Je suis impatient, trop stressé. Je n’ai aucun détachement par rapport à mon travail aussi. De quoi êtes-vous le plus fier ? (hésitant) Franchement là, je ne sais pas. Je ne dirais pas de mon parcours…Un peu de mon Swiss Textiles Award (2002), car il est arrivé au bon moment, là où j’en avais le plus besoin. A dire vrai, je pense que l’on peut être fier d’une chose que si elle est utile à la vie. Ce que je fais c’est comme un amusement, c’est futile, donc je n’ai pas à en être fier. Vêtement, accessoires, chapeaux, vous semblez être à l’aise pour n’importe quoi. Oui, je suis un touche à tout. J’ai la liberté de changer de support quand bon me semble . C’est ma liberté de créer. J’aime changer, la diversité m’inspire aussi. Actuellement j’ai ma collection de chapeau pour l’été 2005. Côté projet, où en êtes-vous avec votre boutique parisienne ? Les choses mettent plus de temps à venir que je ne le pensais. Cette boutique reste donc à l’état de projet. Il faut encore élaborer différents détails comme le design… Je ne sais pas encore si ce sont mes créations qui donneront le ton, la couleur à l’intérieur du magasin. Cela viendra en temps voulu. Comment imaginez-vous les sacs que vous allez créer lors de votre séjour au Brésil ? En avez-vous un aperçu ? Non, pas vraiment. Mais comme je vais collaborer avec des favelas, le travail effectué sera surtout de la broderie, de la couture. Je pense qu’il s’agira d’avantage de pièces uniques. Je vais plus en faire une ligne de sacs pour le soir qu’un accessoire à porter le jour. www.coopa-roca.org.br A noter : les vêtements, accessoires, chapeaux de Benoît Missolin sont vendus aux Galeries Lafayette et au Bon Marché. Alicia Valegjanin

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