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21 mars 2022
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Bleu Oceane investit dans le délavage à l'ozone pour jeans de luxe

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21 mars 2022

Le spécialiste vendéen de la fabrication de jeans pour les grandes maisons du luxe, Bleu Océane, vient d'investir dans le traitement du denim à l'ozone. Au total, ce sont trois machines qui ont ainsi été déployées dans l'unité de production de Beauvoir-sur-Mer, pour un investissement de 400.000 euros. Une première française qui s'inscrit dans une logique de durabilité, mais qui intervient à l'heure où l'entreprise doit faire face à des pénuries de matériaux.


Rodolphe Bled et Emmanuel Vassort devant l'une des trois machines acquises - Bleu Océane



Née en 1973, Bleu Océane s'est spécialisée au milieu des années 2000 dans la fabrication d'habillement pour le secteur du luxe. La structure, qui a jadis employé jusqu'à 350 personnes, compte à ce jour 62 collaborateurs, et vise le cap des 70-80. L'entreprise produit également pour des marques premium via une unité tunisienne installée à Monastir, qui emploie près de 150 personnes.

Forte de 8 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise réalise 80% de ses revenus grâce au denim, auxquels s'ajoutent des activités chaîne et trame ainsi que le travail du flou (chemises, robes en jersey et maille…). C'est donc en toute logique que la structure, reprise en décembre 2020 par Rodolphe Bled, Stéphane Cressan et Emmanuel Vassor, a entrepris de moderniser son outil de délavage des jeans, un investissement auquel l'Etat a participé à hauteur de 100.000 euros dans le cadre du plan France Relance, dont 30.000 euros ont pour l'instant été versés.

Rodolphe Bled pointe que le délavage classique, à base de javel, permanganate de potassium et soude caustique, est particulièrement consommateur d'eau, et réclame pré-traitement et retraitement. "D'où notre volonté d'investir dans un traitement propre, à l'ozone", explique le dirigeant.

Les nouvelles machines viennent ainsi casser les particules d'air (O2) pour les recomposer en ozone (O3), qui s'avère particulièrement corrosif envers les colorants, et l'indigo en particulier. Une corrosion un peu plus longue que la corrosion chimique, mais dont l'un des avantages est de ne pas s'attaquer à la fibre elle-même.

"Cela nous permet d'obtenir des résultats très proches de la méthode chimique", souligne Rodolphe Bled. Et de renchérir: "Nous avons un nombre croissant de demandes d'essais de la part de nos clients, français comme étrangers".


Bleu Océane



Ce développement s'inscrit pour l'entreprise, qui a perdu 30% de son chiffre d'affaires durant la crise sanitaire, dans une logique de production plus respectueuse de l'environnement. La crise n'avait d'ailleurs par freiné ses investissements, avec 100.000 euros investis dans de nouveaux outils de broderie, des machines à coudre et des formations. Avec notamment dans le viseur l'ambition d'une certification GOTS, qui garantit notamment des procédés de fabrication plus durables.

Une pénurie de tissus



Mais l'entreprise de Beauvoir-sur-Mer, qui expose les 30 et 31 mars sur le salon Made in France Première Vision (Paris IIIe), doit pour l'heure traverser une période complexe. "Nous avons arrêté l'atelier, malgré un carnet de commandes plein à ras bord, pour cause de manque de tissus", indique Rodolphe Bled.

"Nous avons des tissus qui n'arrivent pas, pour moult raisons, notamment du fait de capacités de culture du coton amoindries par le Covid-19. Et il y a aussi l'effet de la guerre sur l'activité de certains de nos fournisseurs". Une guerre qui cause aussi des réductions de commandes pour certaines marques stoppant les exportations vers la Russie, et dont les ventes en Ukraine sont logiquement altérées.

Présentation de l'activité de Bleu Océane


Le dirigeant de Bleu Océane inscrit cette réalité dans des difficultés plus larges qui sont montées en puissance ces derniers mois. Et notamment l'explosion du coût des matières premières, avec des hausses de 20 % à 80% sur les tissus consommés par l'entreprise, auxquels s'ajoutent fils et accessoires (boutons, zip…). Sans oublier les hausses des prix de l'énergie, qui font grimper fortement les coûts de fonctionnement des unités, et du transport.

"Tout cela démontre que la situation va avoir un impact économique et commerciale d'importance, qui viendra s'ajouter à l'impact qu'avait eu le Covid-19", s'inquiète le dirigeant, qui pointe cependant que Bleu Océane a la chance d'être lié à un marché du luxe qui avait été moins impacté que d'autres par la crise sanitaire. Chez les grandes maisons, il faut en effet débourser dans les 1.500 à 2.000 euros pour obtenir un pantalon sorti des usines Bleu Océane, et de 3.500 à 8.000 euros pour une pièce à manches de production vendéenne.

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