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Blossom Première Vision : le luxe face à la mue écoresponsable

Publié le
12 déc. 2019
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3 minutes
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Salon dédié aux matériaux pour les pré-collections des grandes maisons, Blossom Première Vision accueillait pour la première fois le 12 décembre une conférence Smart Creation dédiée à la durabilité dans la mode. Un domaine dans lequel “la perfection n’existe pas”, se sont vu rappeler les visiteurs.


Shutterstock


“Quand on nous demande quelle est la dernière tendance en matière d’éco-responsabilité, nous répondons que c’est un contresens”, a ainsi expliqué la coordinatrice développement durable de Première Vision, Marina Coutelan : “Car ce que l’on cherche désormais, ce sont des réponses à des problèmes sociétaux. C’est en fonction de la nature d’un produit, et des valeurs d’une marque, qu’il faut donc se poser la question des matières, et de la façon dont sont faits les produits”. 

La conférence a été pour Marina Coutelan l’occasion d’offrir un panorama des familles de matériaux écoresponsables composant aujourd’hui le champs des possibles pour la filière. Qu’il s’agisse des matières issues du recyclage mécanique et chimique, des biopolymères, des offres de Pinatex (à base d’ananas) ou Frumat (à base de pommes). En passant par l'essor actuel de la laine bio et le courant industriel mêlant une approche naturelle aux savoir-faire issus des tissus de performance.

“Les réponses sont certes diverses”, explique la spécialiste, “mais le matériau parfait n’existe pas : même biodégradable, un tissu aura toujours consommé de l’énergie pour être produit. La chose qui a en revanche changé, c’est que nous avions précédemment des matériaux qui n’étaient disponibles que dans un certain volume, là où il devient progressivement plus simple d’y accéder”.
 

Le revenu en facteur d’achat



Dans le cadre de la chaire IFM - Première Vision, le directeur de l’Observatoire économique de l’Institut Français de la Mode, Gildas Minvielle, est pour sa part venu livrer les conclusions de l’enquête qui révélait en septembre dernier que le manque d’information des consommateurs est en effet le premier frein à la consommation de mode écoresponsable.


Blossom Première Vision


Mais aux conclusions de cette étude, dont FashionNetwork.com avait révélé les détails en septembre, Gildas Minvielle a livré à Blossom un détail supplémentaire : sans surprise, les hauts revenus sont plus enclins à s’offrir des vêtements écoresponsables (recyclé, organique, made in, d’occasion…).

Tous revenus confondus, quelque 45,8 % des Français, 43,4 % des Allemands, 46,7 % des Italiens et 55,3 % des Américains répondent avoir acheté au moins une pièce de mode responsable en 2019. Chez les salariés touchant plus de 60 000 euros par an, les proportions sont supérieures, atteignant 52 % en France, 48,3 % en Allemagne, 58,7 % en Italie et 60,2 % aux États-Unis.

Si sur l’ensemble du panel la France arrive dernière en terme de budget moyen consenti pour de la mode durable (136 euros), l’Hexagone arrive en première position chez les hauts revenus (386 euros). Ces clients les plus fortunés, cible des marques visitant Blossom, sont par ailleurs en moyenne disposés à débourser 233 euros pour de la lingerie et des sous-vêtements responsables, 275 euros pour des chaussures, et 379 euros pour des biens en cuir. 


Shutterstock


Si 25 % des Français, tous revenus confondus, estiment que le prix n’est pas un frein, il n’en demeure pas moins un enjeu crucial, pour Marina Coutelan : “Derrière toutes ces questions, il y a bien celle de la communication sur les coûts : si le produit est plus cher, comment l’expliquer ? Surtout à l’heure où certaines marques ont des prix exorbitants pour des produits dont la valeur réelle est minime. Certes, il faut vendre du rêve et de l’envie, pour vendre ces produits, mais il faut aussi savoir parler au client de faits établis : ‘ce tissu a nécessité 40 % d’eau en mois’. Il y a des comptes à rendre aux consommateurs”.

Interrogés par l'IFM sur les matériaux devant selon eux composer une pièce d'habillement responsable, plus de la moitié des consommateurs désignent des matériaux naturels, devant les matériaux recyclés, selon l'enquête présentée en septembre.
 

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