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Bob Kirkwood (Invista) : "Lycra continuera d'être Lycra après son rachat"

Publié le
today 29 oct. 2018
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Lycra tenait les 18 et 19 octobre derniers à Côme en Italie son colloque biennal sur le marché de la bonneterie, Lycra Fiber Moves. Rendez-vous qui intervient alors que la marque s’apprête à passer aux mains du chinois Shandong Ruyi. Vice-président en charge des technologies de l’actuel propriétaire, Invista, Bob Kirkwood explique pour FashionNetwork.com l’impact qu’aura ce changement de propriétaire, mais également la santé du marché de la bonneterie et le défi que représente la clientèle des millennials.


Bob Kirkwood - Invista


FashionNetwork .com: Que va changer le passage de Lycra sous pavillon chinois ?

Bob Kirkwood : Nous allons continuer à être la même société, les mêmes personnes continueront d’être en contact avec nos clients, nous allons poursuivre nos investissements dans l’innovation … Donc le changement ne sera pas énorme. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de travailler avec les équipes de Shandong Ruyi puisque nous sommes encore propriété d’Invista. Mais je dois dire que nous sommes assez enthousiastes au sujet de ce rachat. Nous pensons que cela va être un nouveau chapitre dans notre longue histoire, et nous attendons de voir vers quoi cela va nous mener.

FNW : Avez-vous eu plus de détails sur les ambitions de Shandong Ruyi concernant votre marque ?

BK : Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’évoquer ces points, et il faudra attendre le feu vert des autorités chinoises. Mais ce que nous savons, c’est que notre équipe, dont le président David Trerotola (président d’Invista Apparel, ndlr) et moi-même, allons faire partie du rachat. Donc cela va rester essentiellement la même structure avant et après le rachat, c’est certain. Lycra continuera d'être Lycra même après son rachat.

FNW : Que pouvez-vous dire de la santé actuelle du marché de la bonneterie ?

BK : Je pense que l’on peut dire que le marché est assez fort, et qu’il y a encore de très fortes capacités de développement. Pas seulement en Europe, mais également en Chine, si l’on regarde du point de vue de la consommation. Nous sommes très investis dans la recherche de nouvelles opportunités, et nous pensons que les technologies que nous avons dévoilées vont aider nos marques partenaires à mieux répondre aux attentes et besoins des consommateurs.

FNW : L’année en cours s’avère complexe pour le secteur…

BK : Cela n’est pas une grande année, effectivement. La météo n’a pas été aussi coopérative que nous aurions pu l’espérer. Mais c’est aussi une parfaite illustration de la raison pour laquelle nous cherchons à diversifier notre offre avec le lancement de nouvelles innovations. Car notre ambition est d’inspirer les clients pour les amener à acheter des collants et bas pour davantage d’occasions à travers l’ensemble de l’année.

FNW : Ce colloque a longuement évoqué les millennials. Sont-ils au cœur de votre communication désormais ?

BK : Oui, c’est effectivement le cas. Il y a deux ou trois ans, il est nettement apparu que nous avions un cœur de clientèle très fidèle, qui aime Lycra, mais qu’il y avait aussi une part importante de la jeune génération qui ne connaît pas notre marque. Une étude a montré qu’il fallait se faire connaître de ces clients, et cela a été au cœur des messages marketing que nous avons développés depuis, ainsi que de nos méthodes qui sont devenues plus que jamais digitales pour mieux toucher cette tranche d’âge.

FNW : Comment se répartit l’activité de Lycra entre ses divers champs d’application ?

BK : Nous avons un grand rayon d’action. Nous investissons dans la recherche pour les bas et collants, pour le denim, l’activewear, la lingerie ou encore le swimwear. A ce jour, nous voyons nos plus fortes hausses d’activité du côté des marchés du denim et de l’activewear. Pour ce dernier, cela repose sur une macro-tendance : une étude très intéressante montre que seulement 11 % des acheteurs de pantalons de yoga vont à des séances de yoga. Donc c’est un produit que l’on porte dans de nombreuses occasions. Dans le denim, nous avons connu une très forte croissance, et l’aspiration croissante à la ‘performance’ ces deux dernières années a renforcé cela. Pendant ce temps, le domaine qui a connu le plus de bouleversements est l'univers de la lingerie, qui en vient à chevaucher ceux de l’activewear et de l’athleisure. Cela nous amène à chercher de nouvelles approches.

FNW : L’écologie est-elle devenue une attente forte de la part des marques ?

BK : Nous travaillons en permanence pour réduire les chutes dans nos usines, utiliser moins d’énergie et d’eau. Nous avons réduit ces trois points. Une chose intéressante est que l’on nous demande de façon récurrente de fabriquer du Lycra recyclé. L’un de nos problèmes est que nous n’avons pas assez de chutes dans nos usines pour pouvoir y parvenir. Parce que nous pensons que la meilleure approche est de ne pas avoir de chutes, pour ne pas avoir à recycler. Nos usines peuvent toujours s’améliorer. Lycra Sensation, que nous lancerons l’an prochain, vient de productions utilisant moins d’eau. Nous avons lancé il y a quelques années le premier élasthanne bio. La vérité est que nous n’avons pas rencontré une grande réceptivité du marché sur le sujet. Le marché n’était pas prêt, mais il se pourrait qu’il le devienne.

FNW : L’Asie demeure-t-elle votre cible première ?

BK : Effectivement, au niveau des fibres, nous voyons le plus gros potentiel de croissance en Asie. Mais nous percevons aussi de fortes possibilités en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique. Notamment parce que l’on parle de manière croissante de relocalisation des productions, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Mais d’ici à ce que cela se produise, la plus forte production concerne la Chine et l’ensemble de l’Asie du Sud-Est.

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