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19 janv. 2022
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Braquages chez Chanel et Chopard: jusqu'à 20 ans de prison requis contre une "équipe chevronnée"

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19 janv. 2022

Des peines de huit à vingt ans de réclusion ont été requises mercredi à Paris contre sept hommes accusés de faire partie de l'"équipe au caractère chevronné" qui a commis deux braquages en 2015 chez le joailler Chopard et en 2016 chez Chanel.


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La justice doit faire preuve de "fermeté" face à cette "équipe structurée, déterminée et à mon sens dangereuse", a estimé l'avocat général Philippe Courroye lors de son réquisitoire, devant la cour d'assises de Paris.

Sept hommes y sont jugés depuis le 4 janvier, soupçonnés d'être impliqués, à des degrés divers, dans le braquage d'une boutique Chopard à Paris en décembre 2015 et celui d'une bijouterie Chanel de la capitale en mai 2016, pour un préjudice total de plus de 3 millions d'euros. Ils répondent également du vol d'un véhicule banalisé de transport de fonds, celui de cinq Range Rover et la constitution d'une cache d'armes où des explosifs, deux kalachnikov et des munitions, avaient notamment été retrouvés.

Deux d'entre eux, qui ne se sont pas présentés à l'audience, sont jugés par défaut et un mandat d'arrêt a été lancé à leur encontre.

Trois autres hommes, également renvoyés devant la cour d'assises mais qui ont contracté le Covid-19 au début du procès, seront jugés ultérieurement.

Aux "piteux mensonges" avancés par les accusés face aux éléments du dossier qui les mettent en cause, l'accusation a opposé une "enquête extrêmement fouillée" de la police qui, à partir d'un heureux hasard (une plaque d'immatriculation filmée par les caméras de surveillance du ministère de l'Intérieur lors du braquage chez Chopard), a su "remonter le fil d'Ariane" pour "confondre les accusés", au terme de six mois d'écoutes et de filatures.

"Multicartes de la délinquance"



Lors de ses quatre heures de réquisitoire, l'avocat général a souligné le casier judiciaire très chargé de la plupart des accusés (des "multicartes de la délinquance"), alors qu'aucune "césure grave" dans leur parcours ne peut expliquer ces "sorties de route". "Ils ont fait le choix délibéré de la délinquance et de la criminalité pour avoir de l'argent facile", a-t-il estimé.

La peine la plus lourde, 20 ans de réclusion criminelle, a été requise à l'encontre de Philippe Enriquez, décrit par l'avocat général comme le "chef d'orchestre" de la bande. Détenu depuis juillet 2016, il a notamment été filmé passant devant la boutique Chopard juste avant le vol, a été reconnu par une témoin comme le conducteur de la voiture qui attendait les braqueurs devant chez Chanel et son ADN a été retrouvé dans un box utilisé par les malfaiteurs, ainsi que sur des mèches dans la cache d'armes.

Dix-sept ans de prison ont été réclamés contre les deux "lieutenants" de l'équipe pour "association de malfaiteurs" et "vol en bande organisée avec arme". L'un, Joseph Toffa, considéré comme "en fuite", aurait conduit la moto utilisée lors du braquage Chanel (les clés du véhicule et ceux du box ont été retrouvés chez lui). Chez l'autre, Frédéric Cruz, les enquêteurs ont saisi plusieurs outils qui se trouvaient dans un utilitaire volé, ayant servi au même braquage.

L'accusation a ensuite demandé 14 à 15 ans contre "le plus diplômé de la bande", accusé d'avoir participé à la préparation des braquages et d'avoir servi d'intermédiaire pour trouver un receleur pour les bijoux Chanel, qui n'ont jamais été retrouvés.

Dix ans ont été requis contre deux autres membres de l'équipe, dont le frère cadet de Frédéric Cruz, également absent. Mis en garde à vue quelques jours avant le braquage chez Chopard dans une affaire de vols de véhicules, il n'a pas pu y participer. Mais les policiers ont saisi dans sa chambre un téléphone faisant partie d'une "flotte" de sept appareils prépayés avec des numéros de puce se suivant, n'ayant servi qu'à deux reprises, trois jours avant les faits et le jour même du vol à main armée.

A l'encontre d'un garagiste, ami de longue date de Philippe Enriquez, accusé d'avoir fourni la plaque d'immatriculation utilisée sur une Laguna volée pour le braquage Chopard, huit ans de détention ont été demandés.

Le verdict est attendu en fin de semaine.

Paris, 19 jan 2022 (AFP) - Par Amélie Baubeau

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