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Brésil: l'industrie de la mode euphorique mais encore à la traîne

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AFP
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14 juin 2011

SAO PAULO (Brésil), 14 juin 2011 (AFP) - La Sao Paulo Fashion Week (SPFW), le plus grand rendez-vous de la mode en Amérique latine, se déroule cette semaine dans une ambiance euphorique mais l'industrie brésilienne a encore du chemin à faire pour être à la hauteur de ses ambitions mondiales. Concurrence chinoise - pièces moins chères et mieux faites -, formation de piètre qualité des étudiants, manque de personnel qualifié, taxes élevées et compétition entre les innombrables aspirants-stylistes tirent le secteur vers le bas, selon des créateurs.


Alexandre Herchcovitch printemps-été 2012.

En apparence toutefois, la SPFW, qui a débuté lundi, est l'occasion pour le Brésil d'afficher toute sa confiance d'économie émergente, glamour et prospère. Plusieurs mannequins internationaux participent aux défilés, malgré l'absence inhabituelle de la plus célèbre des tops brésiliennes, Gisèle Bundchen, modèle la mieux payée au monde.

Tous les yeux sont alors rivés sur la célébrité masculine présente sur les podiums : Ashton Kutcher, 33 ans, ancien mannequin américain devenu acteur qui va reprendre le rôle-titre de la série "Mon Oncle Charlie" ("Two and an Half Men"), suite au renvoi de l'imprévisible mais mémorable acteur Charlie Sheen.

Ashton Kutcher et les beautés brésiliennes toutes en jambes dans leurs bikinis assurent la SPFW d'un fort retentissement médiatique.

Cependant, alors que l'événement souffle ses quinze bougies, il y a le sentiment que le Brésil est encore très à la traîne par rapport aux défilés de Paris, Milan, Londres ou New York.

"L'industie textile nationale doit évoluer. Pour être plus compétitifs, nous avons besoin de matières de meilleure qualité et de technologie plus avancée", a expliqué un des créateurs, Reinaldo Lourenco, au journal Folha de Sao Paulo.

Lorenzo Merlino, styliste ne participant plus à la SPFW, ajoute : "nous n'arrivons pas à la cheville de la Chine qui vend des produits sophistiqués à des prix ridicules. Nous ne sommes pas près d'avoir de telles pièces".

"Tout le monde veut être styliste, mais il n'y a pas de place pour tous", a déploré Alexandre Herchcovitch, dont la dernière collection pour femme était présentée mardi. Il a également souligné que le Brésil était "peu qualifié en couture et stylisme".

Malgré toutes les critiques, les organisateurs de la Fashion Week ont souligné qu'il existait un grand enthousiasme pour la mode au Brésil, notamment en raison de l'appétit insatiable pour le luxe qui semble se développer dans la plus grande économie d'Amérique latine.

En effet, nombreux sont les consommateurs qui se tournent vers les marques de luxe européennes et américaines, malgré la taxe de 100% appliquée aux produits importés.

Les nombreuses maisons brésiliennes profitent de la forte hausse de la consommation, due à l'émergence de la classe moyenne dans le pays.

"Il y a vingt ou trente ans, lorsque l'on parlait de mode, c'était sans aucun doute une folie que d'imaginer qu'on serait là où nous sommes aujourd'hui", a déclaré le principal organisateur de la SPFW, Paulo Borges. "Nous avons toujours su que cela prendrait beaucoup de temps".

Mais cet optimisme pourrait être douché par quelques nouvelles préoccupantes: avec une croissance moins forte et le retour de l'inflation (6,5%) les ventes au détail ont chuté en avril pour la première fois depuis la crise financière. Si ces tendances se confirmaient, l'industrie de la mode pourrait être la première à en pâtir.Par Marc BURLEIGH

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