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22 mai 2019
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Brexit : Theresa May présente un compromis avec la possibilité d'un nouveau référendum

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Reuters
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22 mai 2019

Theresa May a présenté mardi un nouveau compromis pour tenter de sortir de l’impasse sur le Brexit, offrant des concessions à l’opposition dont la possibilité d’un second référendum sur la sortie de l’Union européenne.


La Première ministre britannique, Theresa May, devant la Chambre des Communes - Reuters


La Première ministre britannique espère ainsi faire enfin ratifier l’accord qu’elle a conclu en novembre dernier avec Bruxelles, et que les députés ont rejeté par trois fois, mais ses chances paraissent minces.

Bien qu’elle ait annoncé mardi de « nouveaux changements importants » dans le projet de loi sur le retrait destiné à ratifier le divorce avec l’UE, de nombreux élus ont durci leur position et déjà annoncé qu’ils voteraient contre ce Withdrawal Agreement Bill qu’elle soumettra aux Communes dans la semaine du 3 juin.

S’exprimant au siège du cabinet d’audit PricewaterhouseCooopers, Theresa May a proposé au Parlement de voter pour ou contre la tenue d’un nouveau référendum sur la sortie de l’UE, trois ans après celui du 23 juin 2016.

« Je reconnais la force sincère et authentique du sentiment de la Chambre sur cette question importante », a déclaré Theresa May. « Le gouvernement intégrera donc en préambule du Withdrawal Agreement Bill l’obligation de voter sur la tenue ou non d’un second référendum », a-t-elle dit.

« Cela doit avoir lieu avant que l’Accord de retrait soit ratifié », a-t-elle expliqué.
Elle a également fait miroiter des arrangements douaniers avec l’UE proches des souhaits du Labour, l’opposition travailliste avec laquelle elle a discuté jusqu’à la mi-mai, pendant un mois et demi, en vain.

Theresa May doit compter sur un apport de voix travaillistes pour obtenir une majorité favorable à l’Accord de retrait mais prend le risque, en concédant trop au Labour, de se mettre à dos les conservateurs qui s’étaient ralliés à son camp.

Apport des voix travaillistes ?

Le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a déclaré que son parti ne pouvait pas approuver l’Accord de retrait, expliquant que la nouvelle proposition de Theresa May « était en grande partie une resucée de la position du gouvernement » lors des négociations avec l’opposition qui ont été rompues la semaine passée.

Pour sa part, le Parti unioniste démocrate (DUP) d’Irlande du Nord dont Theresa May a besoin pour disposer d’une majorité absolue à la Chambre des communes a estimé que les « erreurs fatales » de l’accord original n’avaient pas disparu.

Simon Clarke, un élu tory qui a voté pour l’Accord de retrait lors du troisième vote sur le texte le 29 mars dernier, a déjà prévenu qu’il voterait contre la prochaine fois. « Ce discours de la Première ministre signifie que je ne peux en aucun cas soutenir le Withdrawal Agreement Bill », a-t-il dit.

L’ancien ministre David Jones a qualifié la déclaration de Theresa May d’« inacceptable » et a estimé que cette initiative qui intervient juste avant les élections européennes n’aura pour effet que de favoriser le Parti du Brexit de Nigel Farage. « Je pense qu’encore plus de conservateurs vont voter contre », a-t-il dit. « Malheureusement, cela va probablement donner un coup de pouce au Parti du Brexit jeudi », a-t-il ajouté.

En ouvrant la possibilité d’un second référendum et en proposant le maintien d’une forme d’union douanière avec l’UE, deux hypothèses qu’elle a écartées pendant des mois, Theresa May pourrait compter sur le fait que le Parlement rejettera l’organisation d’une nouvelle consultation, et que sa proposition d’une union douanière « temporaire » restera assez peu solide pour satisfaire une partie des élus conservateurs.

Mais ces concessions soulignent aussi à quel point la stratégie préalablement déployée par la Première ministre - consistant à plaire d’abord aux partisans du Brexit - était vouée à l’échec. La question est de savoir désormais si ces concessions seront suffisantes pour convaincre le Labour.

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