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24 janv. 2023
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Bruno Nahan (Fédération de la maille et de la lingerie): "Le prix de l'énergie risque de briser une renaissance industrielle"

Publié le
24 janv. 2023

En prenant la présidence de la Fédération de la maille, de la lingerie et du balnéaire en juin dernier, Bruno Nahan, dirigeant du fabricant troyen de tissus-maille Bugis, hérite d'une pile de dossiers complexes pour le secteur, comme il l'expliqué à FashionNetwork.com lors d'une interview accordée ce dimanche 22 janvier sur le salon professionnel Interfilière Paris. Outre les évolutions de réglementation et les problématiques de recrutement, la crise énergétique s'impose comme le défi le plus urgent. Avec, en toile de fond, le risque de voir reculer les progrès du textile-habillement français.


Bruno Nahan - DR


FashionNetwork.com: Quels sont aujourd'hui pour vous les grands enjeux de la filière textile-habillement en France?

Bruno Nahan: Les enjeux du moment sont cruciaux. Il y a d'abord un enjeu de formation des équipes, notamment autour d'éléments comme la loi Agec (loi anti-gaspillage visant à réduire les déchets et encourager le réemploi des produits, ndlr), qui peut poser aux marques des problèmes de gestion sur les points de vente. Et, comme vous le savez, l'une des spécificités de la Fédération de la maille et de la lingerie est de réunir à la fois l'amont et l'aval de la filière, ce qui est une force.

Un autre enjeu est la relocalisation, ou plutôt la "renaissance industrielle", terme qui me semble plus pertinent. Nous avons des demandes de marques très installées, à gros volumes, qui viennent nous voir, nous fabricants. Et nous sommes coincés, car nous n'avons parfois pas la capacité de production suffisante pour répondre sur du court terme. Et voire même parfois, nous sommes confrontés à des problèmes de formation des équipes.

La question est donc de savoir comment accompagner cette renaissance industrielle de façon raisonnée: si nous crions "cocorico" mais sommes incapables de produire dans les temps, c'est une promesse qui n'est pas tenue. Nous travaillons notamment avec les régions pour pouvoir mettre en place, à l'initiative des entreprises et avec Pôle Emploi, un partenariat pour créer de nouvelles écoles qui vont pouvoir former l'ensemble de la filière, de la teinture au tricotage en passant par le tissage et la confection.

Un troisième point important est l'énergie. Même l'aval de la filière est confronté à ce problème, avec des marques comptant de nombreux points de vente et se retrouvant dans des situations difficiles, car leurs factures ont explosé, tout comme celles des industriels.

FNW: Le dispositif d'amortisseur électricité et le bouclier énergétique pour les entreprises vous paraissent-ils suffisants?

BN : Je vais tenter d'être un peu positif, car il est toujours facile de tirer à boulets rouges sur des mesures gouvernementales. On peut donc noter que de premières initiatives avaient été prises dès le mois de mars. Hélas, elles étaient un peu trop pensées de façon technocratique, et étaient très complexes à mettre en place pour des PMI-PME, avec seulement des grands groupes pouvant absorber ces démarches. Il y avait par ailleurs des critères économiques qui faisaient qu'il fallait quasiment être au stade d'une mort annoncée pour bénéficier des aides. Or, quand une PME a un excèdent brut d'exploitation en baisse de 40%, voire négatif, ce qui était un critère d'accès aux aides, c'est très difficile de se redresser.

Des aménagements ont été entrepris depuis la fin 2022. Tant au niveau de la fédération de la maille et de la lingerie que de l'UIT (Union des industries textiles), nous menons un lobbying auprès du gouvernement pour aller plus loin dans la simplification, dans l'idée de pouvoir aider sans bâtir une usine à gaz. Cela prend ce chemin, avec des règles d'accès à l'amortisseur qui deviennent plus simples. Cependant, pour bénéficier d'un taux amortisseur important, de 25 % minimum, il faut être dans des schémas où la facture électrique est quasiment multipliée par six ou sept. Des hausses qui rendent donc l'aide assez anecdotique.

FNW : Il reste donc d'autres formes de soutien à trouver, d'après vous?

BN : La solution, je ne l'ai pas. Mais l'un des sujets sur lesquels nous nous battons c'est la décorrélation entre coût du gaz et prix de l'électricité. Décorrélation dont l'Espagne et le Portugal profitent, mais pas la France. On pourrait au moins sortir de cela, pour avoir un prix du gaz qui serait comparable à celui de nos voisins, et qui est de mémoire trois fois moins cher en ce moment. Une décision courageuse du gouvernement pour diminuer l'impact de la flambée énergétique serait d'organiser une sorte de moratoire sur les taxes, ce qui permettrait aux entreprises de reprendre une bouffée d'oxygène.

FNW: L'enjeu, c'est prévenir des nouvelles délocalisations?

BN : L'enjeu à court terme est que si les mesures ne sont pas assez significatives, on introduit une énorme distorsion de concurrence avec des pays européens, mais également avec des pays comme la Turquie et, de façon plus lointaine, l'Inde et la Chine. La hausse du prix de l'énergie risque finalement de briser toute dynamique de renaissance industrielle, car on ne sera plus crédible en termes de coûts. Nous avons des adhérents pour qui les coûts énergétiques représentent jusqu'à 17-18% du chiffre d'affaires, avec l'impact que cela implique sur les prix de revient.

FNW: Est-ce que ces arguments sont entendus par le gouvernement?

BN:  Une décennie plus tôt, j'ai souvenir d'échanges avec des politiques très surpris lorsqu'on leur présentait des sociétés françaises encore présentes dans l'amont de la filière textile. J'ai le sentiment qu'il y a maintenant une prise en compte du fait que l'industrie textile existe. Cela prend du temps, car il y a un manque de connaissance, pas seulement vis-à-vis de la filière, mais aussi par rapport à la réalité d'une vie de PMI-PME. Les politiques ont souvent accès à des grands groupes, ce qui est bien, mais les modes de fonctionnement et problématiques ne sont pas du tout ceux de la majorité des entreprises du secteur. Il faut donc énormément d'explications.

Aujourd'hui, être dirigeant dans le textile, c'est être à la fois formateur aux différents métiers, être ingénieur énergétique pour trouver des solutions pérennes, être un gestionnaire pour investir pour le futur… Cela représente un poids extrêmement lourd sur les épaules des petites boîtes par ailleurs fragiles.

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