Burberry : la rencontre de l'establishment et de la rue

Pour son deuxième défilé pour Burberry, Riccardo Tisci a installé son public dans un aquarium géant en dessous de la Tate Modern, au bord de la Tamise. Il continue de puiser dans la culture britannique pour trouver l’inspiration.


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Burberry - automne-hiver 2019 - Womenswear - Londres - © PixelFormula

Le résultat ? Une collection mixte puissante, mêlant des influences street avec des accents plus BCBG : le créateur n’hésite pas à jouer avec l’identité de Burberry. Mais à travers ce défilé, c’est aussi la ville de Londres telle qu’il l’a connue pendant ses premières visites d’adolescent ou ses études à Central Saint Martins que Riccardo Tisci évoque.
 
Tout comme l’Angleterre de sa jeunesse, cette collection est divisée en classes sociales et commence par des tenues streetwear qui rappellent l’ambiance des clubs londoniens des années 1990.
 
Le défilé s’est ouvert sur des tenues de clubbing très graphiques, notamment un manteau noir et blanc en peau retournée découpée portant l’adresse du siège social de la marque sur Horseferry Road en grosses lettres ou encore un pantalon de jogging avec des rayures verticales oversize. On retiendra aussi la doudoune en cuir avec une cape rembourrée ornée d’un Union Jack géant.
 
« Les années 1990, c’était l’époque des rave parties. On aimait la techno, les grosses vestes et les pantalons de jogging. C’était une chance incroyable d’être ici à cette époque, celle de Leigh Bowery, Boy George et Björk », se souvient Riccardo Tisci en coulisses.


Burberry - Collection automne-hiver 2019 - Londres - Photo: GoRunway

Des bottines à fausses guêtres apportaient la touche finale à tous les looks de la première partie. Le créateur n’hésite pas à jouer avec les carreaux fétiches de la marque et un trench oversize à rabats anti-tempête se retrouve ainsi éclaboussé d'une épaisse peinture rouge. À noter également une belle doudoune pour homme en patchwork de carreaux dans un mélange de beige, de jaune et de rouge. Les accents athleisure et le nouveau logo emblématique TB étaient de mise, comme sur le tee-shirt porté par Riccardo Tisci pour son salut.
 
Comme on l'avait déjà remarqué chez Givenchy, Riccardo Tisci aime les coiffures très travaillées et plusieurs modèles arboraient des structures capillaires évoquant des parures de guerre, dont une Gigi Hadid aux airs de dure à cuire. Surprise : pour la deuxième partie de la collection, le chignon chic était de mise pour les mannequins maintenant tirés à quatre épingles. La bande-son était signée M.I.A., mais le début du défilé était plutôt nostalgique avec quelques morceaux de Cream.
 
Pour cette collection longue et élaborée, Riccardo Tisci a travaillé sur le concept de déconstruction avec des trenchs coupés et rapiécés de pans de soie à imprimés animaux. Tout comme pour son premier défilé-fleuve de septembre, la couleur préférée de Riccardo reste le beige imperméable, que l’on retrouve dans de superbes robes de soirée drapées.


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Burberry - automne-hiver 2019 - Womenswear - Londres - © PixelFormula

Le public était divisé en deux parties : l’une dorée, l’autre argentée. « L’une représente l’establishment, l’autre la rue », s’amuse Riccardo Tisci. Les invités dorés étaient assis dans un grand auditorium en acajou avec des fauteuils luxueux et un podium bien droit ; les invités argentés étaient quant à eux perchés sur des blocs dans un immense aquarium circulaire où serpentait le catwalk, qui s’achevait par une scène agrémentée de poutrelles en fer. Des centaines d’adolescents y grimpaient pendant tout le défilé. Mais sincèrement, l’idée de les faire applaudir tous ensemble pendant de longues minutes à la fin du défilé n’a vraiment convaincu personne. L’équivalent mode des rires en boîte.

« Ils incarnent la liberté ! Les enfants n’ont plus le pouvoir qu’ils avaient il y a 20 ans quand je suis arrivé à Londres. À l’époque, la société donnait plus de chances aux jeunes de s’exprimer. Moi, je veux inclure et pas exclure. De la reine à la rue, tout le monde est bienvenu », s’exclame Riccardo Tisci en coulisses. « C’est l’histoire que je veux écrire avec Burberry », conclut-il. Certaines des pièces seront déjà disponibles le mois prochain. Le nouveau PDG, Marco Gobbetti, italien également, a pris la décision de sortir de nouvelles pièces tous les mois.


Le designer Riccardo Tisci prend la pose avec les mannequins après le défilé automne/hiver 2019 à Londres

Le dernier mini-sac Title était même disponible juste après le défilé, en exclusivité sur Instagram, WeChat, Line et KakaoTalk pendant 24 heures.
 
Décidément, les choses sont en train de changer chez Burberry.

Traduit par Clémentine Martin

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