Calvin Klein : Raf Simons célèbre la diversité de l'Amérique

Le créateur belge Raf Simons a dévoilé vendredi sa première collection Calvin Klein devant un parterre de célébrités à New York, rendant hommage à la diversité de l'Amérique pour l'un des défilés les plus attendus de la Semaine de la mode.

Calvin Klein, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula

On ne comptait plus les vedettes venues assister au défilé du créateur flamand, considéré comme l'un des plus doués de sa génération : de la réalisatrice Sofia Coppola, une habituée des défilés Mark Jacobs, aux actrices Gwyneth Paltrow, Julianne Moore ou Naomie Harris, en passant par la grande prêtresse de la mode Anna Wintour, patronne du magazine Vogue.

Pour cette première Fashion Week de l'ère Trump, Raf Simons, 49 ans, n'a pas hésité à multiplier les références au contexte politique particulièrement tendu, qui prévaut en Amérique comme en Europe.

Il a évoqué le désormais fameux bandana blanc arboré en signe de tolérance et d'unité par de nombreux invités, auxquels Calvin Klein avait fait livrer des bandanas la veille pour les encourager à les porter jusqu'à la chanson de David Bowie, « This is not America », sortie en 1985 et diffusé à la clôture du défilé.

Raf Simons n'a fait aucune déclaration à l'issue du défilé, se contentant de saluer le public, son bras droit Pieter Mulier à ses côtés. Mais dans les notes distribuées aux invités, il a souligné avoir voulu rendre hommage à l'Amérique, où il vit désormais à plein temps, loin des allers-retours entre Paris et Anvers auxquels il s'était habitué chez Dior.

Calvin Klein, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula

« Tous ces gens différents avec des styles différents, des codes d'habillement différents, c'est l'avenir, le passé, l'Art Déco, la ville, l'Ouest américain... c'est toutes ces choses-là, et aucune à la fois. Il n'y a pas une seule époque, une seule chose, un seul look. C'est le brassage de tous ces personnages et de tous ces individus, exactement comme l'Amérique. C'est toute la beauté et l'émotion de l'Amérique. »

Domination et déclin

De fait, la collection était un peu tout cela en même temps : parmi les points forts, le pantalon style uniforme de fanfare, avec liseré, porté avec chemises à poches plaquées, elles-aussi inspirées du monde militaire, le tout décliné dans des couleurs vives et contrastées qui leur donnaient un air de liberté.

Liberté aussi pour les robes légèrement transparentes faites de fils de laine bi ou tricolores et couvertes d'un voile de plastique. Ou encore pour des hauts unisexes au tronc tout de synthétique transparent, où seules les manches habillent vraiment, grâce à des rayures aux coudes style pulls de pompier.

Calvin Klein, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula

Mélange de modernisme et de classicisme, avec la série de manteaux mi-longs, dans différentes déclinaisons de beiges, aux épaules amples et à la coupe large, portés avec des bottes de cow-boy. Ou les costumes jacquard, qu'on imaginerait sans mal portés par les banquiers de Wall Street s'ils n'étaient pas si amples.

Le tout dans un décor créé par l'artiste américain Sterling Ruby, exposé au MoMA ou au musée Guggenheim : les mannequins défilaient sous un plafond, d'où pendaient boudins en tissus colorés, bouquets de fils de laine ou carrés de denim. Un artiste de mère néerlandaise qui cite pêle-mêle parmi ses influences les gangs, les graffiti, la violence, les monuments publics et la domination comme le déclin de l'Amérique...

Reste à savoir si ce nouveau souffle impulsé par Raf Simons, dont la collection sera disponible en magasin en août, permettra de doper les ventes de la marque américaine. Son propriétaire, le groupe PVH, espère voir les ventes au détail mondiales de Calvin Klein grimper à 10 milliards de dollars d'ici à 2020, contre 8,2 milliards en 2015.

Certains observateurs ont estimé que la collection représentait « une vraie prise de distances » avec le style décontracté chic jusqu'ici emblématique de Calvin Klein, célèbre surtout pour ses jeans, ses sous-vêtements et ses parfums. « Quand vous changez de directeur créatif, c'est en partie pour gagner une nouvelle énergie, une nouvelle direction, et j'ai l'impression qu'ils ont vraiment réussi cela aujourd'hui », soulignait l’un d’entre eux.

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